« Je suis le chemin, véritable et vivant »

Nous vivons un temps d’incertitudes, un temps comparable à celui qu’ont connu les saintes femmes marchant au tombeau à l’heure incertaine, entre nuit et jour, « où ce qui était connu doit être reconnu ». Même si notre coeur a déjà brûlé en marchant avec Lui, aujourd’hui il nous faut prendre le risque des chemins nouveaux pour faire Église. Nous sommes en effet à la croisée des chemins...

Dimanche 18 mai 2014
Cinquième dimanche de Pâques
Année A

Lectures :

  • Livre des Actes des Apôtres  Ac 6, 1-7
  • Première lettre de saint Pierre Apôtre 1 P 2, 4-9
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 14, 1-12

 

 » Comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque : ils trouvaient que, dans les secours distribués quotidiennement, les veuves de leur groupe étaient désavantagées.
Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et ils leur dirent : « Il n’est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas.
Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, qui soient des hommes estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous leur confierons cette tâche. »

Mot d’accueil
Soyez les bienvenus, vous que votre chemin a conduits aujourd’hui jusqu’à cette église Saint-Merry, Centre Pastoral Halles-Beaubourg, dont les dalles qui portent nos pas et nos prières ont été lavées hier par une courageuse et joyeuse équipe. Merci à elle.
Nous arrivons les oreilles et la tête pleines d’une même rengaine:  « C’est la crise. On va dans le mur. Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. On a perdu les repères. Il n’y a plus d’homme providentiel. Il est parti. » Et nous, où aller ?
Alors, écoutons les textes de la liturgie de ce dimanche .
D’abord les Actes des apôtres où Luc nous raconte les débuts de l’Église qui est elle aussi en crise  (toute naissance n’est-elle pas  une crise ?) Où l’on voit que l’institution des diacres naît de conflits internes entre groupes de langues différentes, à propos d’une histoire d’intendance et des récriminations de femmes. L’Église s’invente à partir de sa base.
L’évangile de Jean nous ramène, comme les dimanches précédents, au discours de Jésus à l’heure où il passait de ce monde à son Père. Celui qui nous disait qu’il est la porte, nous dit aujourd’hui « Je suis le chemin véritable et vivant ». Et nous-mêmes sommes appelés à devenir chemin. Un chemin qui n’est pas balisé au GPS car il est une personne vivante. Ce sera notre chant d’entrée.
Certes , nous vivons un temps d’incertitudes, un temps comparable à celui qu’ont connu les saintes femmes marchant au tombeau à l’heure incertaine, entre nuit et jour, « où ce qui était connu doit être reconnu ». Même si notre coeur a déjà brûlé en marchant avec Lui, aujourd’hui il nous faut prendre le risque des chemins nouveaux pour faire Église.
Nous sommes en effet à la croisée des chemins. C’est cela aussi la croix, cette croix dont nous nous signons : Au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Jean Verrier

Introduction à la lecture des Actes des Apôtres

Comme nous le faisons depuis Pâques nous allons poursuivre la lecture des Actes des Apôtres qui nous racontent la vie des premières communautés chrétiennes avec toutes leurs difficultés.
Dans le passage d’aujourd’hui il s’agit de résoudre un problème posé par des discriminations entre des femmes de la communauté. Avec un peu de bon sens, de la créativité et l’aide de l’Esprit, une solution fut trouvée.
Lundi soir en préparant la célébration, nous n’avons pu nous empêcher de faire le lien avec la réunion qui se tenait ici à Saint Merry le soir même. Il y était question de la discrimination dont les femmes sont victimes dans les religions et dans la nôtre en particulier. 2000 ans ont passé, nous ne vivons plus dans une société patriarcale, et, comme dans les Actes, avec l’aide de l’Esprit, un peu de bon sens et de la créativité  nous devrions arriver à faire droit à ces questions. Nous vivons tous d’espoir.
Mais revenons aux Actes des Apôtres.

Monique Lassus

Partage

« le passage de l’evangile de Jean que nous venons d’entendre, un des trois discours d’adieu de Jésus à ses apôtres, est situé après le récit du lavement des pieds au cours de son dernier repas avec les douze.
 Les paroles de Jésus rapportées par l’évangéliste peuvent nous toucher au plus haut point. Elles sont celles de l’amour entre Jésus et un de ses apôtres.
 Que retenir aujourd’hui dans le temps qui nous est imparti? Jésus donne (nous donne) les clefs de la maison de Dieu son père où beaucoup peuvent trouver leur demeure. Il part y préparer une place pour ceux qui le désirent. « Vous savez le chemin », ajoute-t-il.
 Une question bien à propos attribuée à Thomas va préciser quel est ce chemin : la réponse de Jésus, nous la connaissons. Il est le chemin. » Moi, je suis le chemin véritable et vivant ».
 A nous maintenant de faire nôtres ces paroles agissantes de Jésus.
 Prenons quelques instants pour nous parler en petits groupes. Notre proposition écrite sur la feuille de chants est :
« Quels sont les chemins qui s’ouvrent pour nous aujourd’hui? »
Mettons-nous en route dans le mouvement du dialogue.
 Marie-Thérèse

Action de grâces

Père,
Nous voici sur le chemin qui nous mène à Toi
Bien que les clameurs des guerres, au Proche orient comme ailleurs, des actes de terrorisme en Afrique comme ailleurs, ou chez nous des actes de violence
Couvrent si souvent les paroles de paix de ton Fils
Nous saisissons sa main

Bien que les débordements des pouvoirs et de l’argent, que les ravages de la misère et la famine qui règnent dans notre monde
Couvrent si souvent les paroles de justice de ton Fils
Nous saisissons sa main

Bien que les haines attisées par les nationalismes ou les racismes, que la peur de l’étranger
Couvrent si souvent les paroles de fraternité de ton Fils
Nous saisissons sa main

Il nous ouvre le chemin vers toi
Il est lui-même le chemin, notre chemin vers toi
Il est notre guide et notre compagnon
Il est notre frère

Jacques Merienne

 

 

Mot final
«  Maintenant il vous faut partir, gens du peuple de Dieu. »
J’emprunte ici  à Jean Debruyne quelques mots d’un de  ses textes les plus connus :
« Dieu est toujours en déplacement, sans domicile, sans fauteuil.
(…)
Sortez gens du peuple de Dieu !
Vous êtes le peuple en partance.
Votre terre n’est pas d’ici.
Vous êtes le peuple en mouvement,
étrangers jamais fixés,
gens de passage vers la demeure d’ailleurs.
(…)
Allez, vous êtes la maison de Dieu,
les pierres taillées à la dimension de son amour.

Jean Verrier

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