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Dimanche 14 juin. « Je suis le pain vivant »


« Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement
. »
(Jn 6, 51.58)

PREMIÈRE LECTURE (Dt 8, 2-3.14b-16a)
« Dieu t’a donné cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue »
PSAUME 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20
Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! 
DEUXIÈME LECTURE (1 Co 10, 16-17)
« Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps »
ÉVANGILE (Jn 6, 51-58)
« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson »

Accueil et méditation

Eh bien voilà, je me trouve à Saint-Merry, à ma place, au micro ou sur ma chaise permise … avec une grande joie au cœur … après avoir eu la perspective sinistre du confinement, un désert inconnu et sans limite … après avoir commencé  à faire l’expérience d’une certaine faim et d’un certain isolement qui nous ont  révélé ce que vivaient des personnes emprisonnées ou paralysées… Notre groupe de préparation aurait pu revenir sur ces traverses passées ou encore en cours… Mais  les textes d’aujourd’hui sont consacrés à la manne qui a sauvé le peuple juif au désert, et, dans une superbe progression, au Pain de vie qu’est la parole de Dieu.

Elle est descendue du Ciel  en Jésus :
     il en vit,
     elle devient sa chair et son sang,
     elle fait son unité avec son Père.
Et voici que, comme d’habitude, nous avons cherché cela dans notre vie et que cela a libéré en nous une grande joie… Alors, sans oublier ce qui  mérite toute notre solidarité active, voici que le vide douloureux s’est empli d’humanité : des liens se sont tissés, une hospitalité en plein désert,  un cœur à cœur parfois brûlant ; voici que la famine s’est même muée en festin, que nous avons pu partager le peu qui nous restait et qui s’est multiplié…
Voici que nous avons découvert d’expérience ce qui donne vie à notre être, ce qui nourrit notre corps et notre sang : c’est la relation, c’est la parole de Dieu, le partage de ce pain qui échappe à toute crise de subsistance, au confinement du tombeau.  
On s’était angoissés : qu’est-ce que cet entre-soi/sur-soi va donner pour tous (croyants ou non ) ?
Et, pour notre communauté, cette épreuve qui s’ajoute…  aura-t-elle valeur de test ? Va-t-elle la faire chavirer ? Eh bien cela ne se mesure pas vraiment certes, mais beaucoup ont  connu la communion et le partage.
Quant à Saint-Merry, les appels lancés et les manques devinés ont trouvé réponse. La communauté, sa communion,  ont été plutôt renforcées car ses membres se sont entraidés les uns les autres en prenant de façon liquide, autonome et spontanée de multiples initiatives créatives.
Grains de blé faisant pain (comme notre autel aujourd’hui ), gouttes d’eau mêlées au vin, éclats d’Evangile, avec des fécondités différentes, intenses et généreuses. La « crise » a resserré des liens et en a créé de nouveaux, espérés, surprenants ou totalement inespérés ! Certains diront même que ces liens ont été plus omniprésents… C’est pourquoi cette célébration est une action de grâce.
« Eucharistie » vient d’un verbe qui est encore employé en Grèce pour dire cent fois par jour « merci ». Nous aurons un micro libre pour cela … Ces fruits, vont-ils tenir et prospérer ?  Le feront-ils … tout seuls ? Voilà des questions que chacun peut se poser… 

                         Marguerite Champeaux-Rousselot

Revenons au désert inhospitalier où les Hébreux ont trouvé la manne, une manne qui pourrissait dès le lendemain pour qu’ils ne s’appuient qu’en Dieu… Le Deutéronome raconte que Moïse a rappelé au Peuple cet épisode en le présentant comme une épreuve, épreuve qu’Israël a pu surmonter et qui a ainsi resserré sa Foi au Dieu de son alliance.
Jésus, avec un saut qualitatif impressionnant, évoquera lui, une nourriture  tout à fait nouvelle…

Chant : Dieu a mis son corps entre nos mains

Paroles et musique : R. Stamps. Adaptation française : A. Bandelier

écouter le chant
Venez du fond des temps, du bout du monde,
Cœurs transpercés par la soif et la faim,
Ouvrez la porte de la joie profonde :
Dieu a mis son corps entre nos mains.(bis)

Ce soir de l’eau se change en vin de noce,
Sur la montagne, on multiplie le pain,
La vigne en fleur nous donne un fruit précoce :
Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Parole accomplissant les Écritures
Mots d’un amour qui n’aura pas de fin,
Le Verbe se fait chair et nourriture :
Dieu a mis son corps entre nos mains. (bis)

Prière universelle

Au delà des frustrations, au delà de l’angoisse, merci Seigneur,
pour cette occasion de trouver en nous d’autres ressources spirituelles,
de redécouvrir la parole, en profondeur, dans le secret de nos confinements,
et aussi de nous ouvrir aux dimensions sans frontière de l’Eglise.
Ainsi, l’émission « Le jour du Seigneur », ou Notre Dame à cœur ouvert le vendredi saint,
ou encore, cette prière du pape, seul, sous la pluie, au milieu de la place St-Pierre !
Mais, quel bonheur, maintenant, de retrouver l’église que nous aimons, tous ces visages amis,
et le partage vivant de notre foi !
Pour cette expérience spirituelle, et aussi pour ces retrouvailles,
MERCI, SEIGNEUR !

Odile Guillaud

Seigneur de tendresse,
En ce temps où l’isolement se rajoute au confinement de l’âge, quand la tendresse physique nous est interdite, aggravant la solitude, les amis relais de notre communauté, nourris de Ta parole : « Qu’as-tu fait de ton frère ? », se sont téléphonés, ont échangé des nouvelles avec nos amis absents pour maintenir des liens et garder le goût du contact.
Certains s’étaient abrités chez leurs enfants, ce qui nous a amenés à faire des recherches pour les retrouver. D’autres ont bénéficié des aides de leur entourage. Certains ont pu se mettre au vert.
Seigneur de tendresse, avec Toi, notre souci est que nul ne se sente oublié.
Seigneur de tendresse, nous Te confions les absents et les présents.
Garde-nous dans cette fraternité. Nous pleurons Geneviève Esmenjaud, Sabine Morin, Laure, fille de Marie-Odile et Jean-François Barbier-Bouvet.
Par tous nos échanges chaleureux, Tes grâces nous ont été données en abondance, Eucharistos à Toi, Seigneur de tendresse.

                                                                           « Que sont nos amis devenus ? »
                                                           Henriette d’Harcourt,  Joséphine de Linde,
                                                       Geneviève Poitou, Jean Verrier, Gérard Wybo

Nous étions 30 sur Whatsapp. L’un nous partageait un hymne chanté des moines de Tamié pour commencer la journée, l’autre nous invitait à nous unir à son accompagnement vers le cimetière de Thiais, de personnes isolées décédées à la rue ; un autre nous partageait en vidéo un morceau d’accordéon, un autre la distribution de paniers repas réalisés avec une association ; l’un nous remerciait de penser à lui au terme du Ramadan vécu ; une autre nous disait son plaisir de lire tous nos échanges au terme de ses journées, où elle se trouvait seule à s’occuper de son bébé de 8 mois. Et chacun apportait sa méditation, son intention de prière, son espérance en la vie, malgré tout parfois.

Nous avons aussi été jusqu’à 20, à vivre un partage d’Evangile, via Zoom, tous les mercredis soir, -avec notamment Sabine-, pour poursuivre la rencontre du Partage Eucharistique de mercredi, qui a repris depuis 3 semaines.
Des moments d’échange, pour se donner des nouvelles, pour découvrir des visages inconnus, pour vivre la richesse du Partage de la Parole, et découvrir l’autre, autrement.

Merci Seigneur pour ces moments de paix et de joie partagés. A défaut de partager le Pain Eucharistique, pendant cette période confinement, nous avons goûté ta Parole avec force, et nous avons fait Corps. Merci Seigneur.

Pendant ce temps d’éloignement physique, notre site web est devenu un véritable « lieu ressources » donnant l’image d’une pastorale d’un type renouvelé, avec des pointes de consultations jusqu’à 15000 clic en une journée : une manne ?

D’abord la célébration des dimanches, préparée par quelques uns, partagée par beaucoup, enrichie des 6×6… merci Claire

Puis les écrits divers  de grande qualité et de toutes tonalités, théologiques, historiques, bibliques, artistiques, ironiques, poétiques : le confinement a donné le temps aux auteurs de produire et aux lecteurs d’y venir

Des textes d’ici : merci à Jean-François Petit (58 chroniques !!), à Jean, à Alain, à Michel, à Jesus, à Pierre, à Elisabeth, à Jacqueline. Mais aussi des textes d’ailleurs comme ceux de Michael Moore et de Thomas Halik, lus et relus. Tous avec une iconographie extraordinaire grâce au talent de Pietro

Parole d’une communauté qui s’affirme comme vivante et a révélé ses potentialités d’être au monde.  Que cette parole continue à vivre, avec vous tous, et avec les dons de l’Esprit ! Merci

Anne RB

Envoi

Sans que cela fasse oublier les souffrances,
rendons grâce  aujourd’hui pour  ce qui nous est arrivé. 
Nous avons eu en commun  la longue marche,
le dénuement, la faiblesse,  la solitude…
et avons vécu la joie d’être nourris et consolés par l’autre.
Nous avons connu aussi la joie de partager le peu que nous avions,
inventant  de nouvelles ressources,
car cette roche la plus dure d’où l’eau  peut jaillir, n’est-ce pas nous-mêmes ? 

Nous et cette « multitude » que nous avons au cœur,
nous, ce qui nous transforme en un corps harmonieux,
c’est de présenter ensemble, même apparemment disjoints,  la « coupe de bénédiction », c’est de prendre ce pain unique fait de nombreux grains broyés
                                              et de le rompre pour le multiplier,
c’est de savourer tous ce même pain de Vie qu’est la parole du Seigneur,
             … une parole qui peut aussi se recevoir  des  autres 
                               à l’exemple de Jésus accueillant la  Cananéenne.
Que notre Voix au chapitre soit dans la continuité de cette célébration
car cette nourriture  nous est donnée surtout pour nous l’assimiler.

Comme nous venons de l’entendre au micro libre,
                                         la manne ne peut  rester un simple discours :
elle nous donne la force de devenir ainsi capables fraternellement de  travailler aux  œuvres de Dieu, de ce Dieu qui donne vie au monde et au nom duquel Jean-François va nous bénir. 

Marguerite Champeaux-Rousselot

  1. Geneviève says:

    Je voudrais rajouter à ce que j’ai dit hier au micro à propos de ces migrants qui, vivant dans la rue, n’avaient pas pas de « chez soi » pour être confinés et se faisaient chasser par la police.

    Merci Seigneur d’avoir pu partager la détresse de ces personnes avec le groupe WhatsApp et le Zoom du mercredi et d’avoir ainsi porté tous ensemble les souffrances de ces femmes et de ces hommes.

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