Je suis Sumérien

Nous avons vu à la télévision les hommes de Daech casser au marteau-piqueur les sculptures assyriennes du musée de Mossoul, restes d’une des premières civilisations humaines, vieille de 5000 ans.
Le même jour, les médias nous apprenaient que plusieurs personnes avaient été enlevées et tuées dans la même région par ces fous de Dieu.
Pourquoi ai-je été plus sensible à la première info qu’à la seconde ? Chaque individu n’est-il pas un trésor unique plus merveilleux qu’aucune sculpture?
Pourtant, nous sentons bien qu’en brisant les taureaux ailés assyriens et en brùlant les manuscrits millénaires, c’était nous qui étions touchés; c’était notre propre histoire, notre patrimoine commun qu’on voulait effacer.
Saint Pierre avertissait ceux qui s’impatientaient de ne pas voir arriver le Royaume de Dieu que « le jour où le Seigneur viendra,… la terre sera consumée avec les ouvrages qu’elle renferme ». Mais faut-il détruire d’ores et déjà ces ouvrages pour hâter l’avènement du Royaume ?
Les djihadistes ont déclaré vouloir anéantir tout ce qui était antérieur au Coran. Pourquoi faut-il qu’une société ne puisse voir le jour que sur les ruines de la précédente? Pourquoi nos
révolutionnaires de 89 se sont-ils acharnés sur les sculptures des porches de nos églises pour assurer la promotion du nouvel ordre ?
Je rêve d’un monde où chaque civilisation, chaque religion trouveraient un bénéfice à s’enrichir de l’apport des autres au lieu de les combattre.

Jean de Savigny
Billet du dimanche 26 avril 2015

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