« J’écouterai leur cri »

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

 

26 octobre 2014
30ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A

Lectures
1ère lecture : Dieu exige qu’on aime les pauvres (Ex 22, 20-26) Psaume : 17, 2-3, 4.20, 47.51ab
2ème lecture : L’annonce de l’Évangile et la conversion (1Th 1, 5-10)
Evangile : Amour de Dieu et amour du prochain (Mt 22, 34-40)

 « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture — dans la Loi et les Prophètes — dépend de ces deux commandements. »

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

Mot d’accueil

« J’écouterai leur cri……. »
Crier pour qui? Pour quoi?

Les raisons de s’indigner sont nombreuses…mais depuis quand ne me suis-je pas indignée véritablement?

L’explosion d’une voiture bélier dans une école élémentaire de Corbeille Essonne…
Ces migrants, morts en voulant fuir la misère sans même avoir atteint l’Europe…
Et ceux  qui ont réussi à l’atteindre dans des conditions déplorables et qui errent à Calais?

Les jeunes gens dont on dit qu’ils sont en perte de repères….sans doute parce qu’on ne les a pas compté comme des pairs….serait ce là aussi une histoire de frontière? Il est vrai que la différence peut provoquer l’indifférence!
La peur sans doute? Un manque de confiance en soi et en l’autre?
Comment ne pas crier vers Dieu avec toutes ces personnes?
Et Qu’ils sont nombreux ceux que je n’ai pas cité….
En marge des associations reconnues et intervenant à Calais, il y’a des initiatives individuelles en faveur de ces migrants qui tentent une vie d’exil meilleure…..
Ces actions se développent, parfois avec maladresses….mais elles sont nées d’une volonté de tendre la main.
Depuis quand n’ai-je pas, moi aussi, poussé ce cri vers Dieu pour qu’Il m’aide à regarder cet inconnu comme un frère?
Cette absence de cri serait -elle une absence d’Espérance? Là où Jésus répondait à la loi par l’amour envers l’autre dans l’Evangile de Matthieu…..l’Exode nous invite à agir avec justesse.
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

Aurélie Vuibert

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

 Une fois de plus, une fois encore, nous voulons te remercier de tout notre cœur, de tout notre être, de toutes nos forces.  Oui, Dieu notre Père, malgré la mauvaise réputation que tu as souvent : un Dieu violent, qui juge et condamne, qui guette l’homme pour le piéger. On oublie trop souvent que tu es le Dieu qui entend les cris des opprimés, et ils sont nombreux. On fait semblant d’ignorer que tu t’es mis en marche et as envoyé Moïse à la suite des cris de ton peuple, les cris d’un peuple exploité et humilié.

On ne veut pas croire que si la veuve et l’orphelin crient vers toi, tu les entends, tu les écoutes et tu réagis. Oui, Dieu notre Père, tu es le Dieu des victimes. Dieu de toutes les victimes, nous te remercions.

Les tentatives des puissants en tout genre pour te récupérer sont innombrables. Depuis toujours on tente de t’instrumentaliser, de te mettre au service de la force ou de l’argent. L’oppression passe mieux quand elle est enrobée de piété et de considérations faussement spirituelles. Mais tu reviens toujours à la charge, toi, le Dieu des victimes. Et Jésus, ton Fils, notre Seigneur, nous le dit et nous le rappelle à temps et à contretemps. Pour Lui et par Lui, victime exemplaire nous te remercions et nous te chantons.

Le cri de Jésus sur la croix, cri de détresse au cœur de la souffrance et de la mort. Tout est achevé. Tout est fini ? C’est cela qu’ont dû croire ceux qui attendaient, en se moquant, qu’Elie vienne le sauver. Méprise radicale. Erreur vitale. Au contraire, tout commence. Le cri de la victime innocente a été entendu. Tu l’as entendu. Grâce à ta force, Dieu notre Père, grâce à ton Esprit, la victime clouée sur la croix est la source de la vie nouvelle. Que cet Esprit continue d’être à l’œuvre pour que nous aussi, nous puissions vivre. Qu’il fasse de ce pain et de ce vin les signes visibles du Corps et du Sang du Christ.

Le socle qui permet aux victimes de rebondir et à tous de t’aimer par-dessus tout, le fondement qui autorise aux victimes et aux bourreaux d’aimer les autres comme soi-même, c’est le mémorial de Jésus, notre Seigneur, que nous célébrons ici : sa vie, sa mort et sa résurrection, en attendant son retour dans l’espérance joyeuse.

Mais tout n’est pas accompli, le chemin n’est pas terminé. Les victimes continuent à crier, la souffrance règne, le silence tente de s’imposer, le silence des cimetières. Il faut que ton Esprit s’agite comme à l’aube du monde. Il faut qu’il fasse de nous tous, de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, un seul corps et un seul esprit, le Corps du Christ, ton Eglise.

Jésus Asurmendi

 

Mot d’envoi

Les quelques événements cités en début de messe m’interpellent. Pourquoi faut il de tels épisodes pour prendre conscience que sans aller aussi loin au sens propre comme au figuré, nous avons juste à regarder avec bienveillance notre voisin, l’usager du métro assis en face de nous, notre collègue…
Peut-être oserons-nous enfin abaisser nos frontières lorsque nous aurons  fait réellement  une place à Dieu dans notre vie. Cette place sera enfin le lieu où nous nous sentirons bien.  Alors, nul besoin d’habiter la place de son voisin.

Aurélie Vuibert

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