Jésus familiphobe

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, ou de toute sortes d’autres tares, au besoin on en invente de nouvelles, la dernière en date est la « familiphobie ».

Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le couteau. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre famille. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Les manifestants qui défilaient contre la soi-disant familiphobie ambiante ne devaient pas se réciter ce passage de l’Évangile de Matthieu (10/34-38). Découvrir que Jésus découpe allègrement au couteau les liens de la famille, liens entre père et fils, mère et fille et même belle-mère et belle-fille (qui à l’époque avaient plus d’importance qu’aujourd’hui), qui s’en rend compte ? Qu’il y a au cœur de l’Évangile une destruction des liens familiaux naturels, biologiques, pour une reconstruction de la famille sur de tout autres critères : «1papa&fils 1Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère (Mc 3/35) », qui s’en soucie ? Et que pour fonder une famille, l’homme quittera son père et sa mère, que c’est avec un autre ou une autre, qui peut même être un étranger ou une étrangère, qu’on fonde une famille, qui s’en souvient ? Cela donne une énorme plasticité à la famille, comme fruit d’un choix libre entre personnes libres.

Aujourd’hui nous sommes témoins du résultat d’une évolution qui d’ailleurs s’accélère : de multiples formes de familles s’inventent. Malheureusement, pour beaucoup de configurations choisies, heureuses et fécondes, combien de familles ne sont que le non choix de personnes privées de leurs libertés par des contraintes de vie aliénantes, affectives, économiques ou politiques. On ne peut pas dire que ça aille bien pour tout le monde, mais on ne peut pas dire non plus qu’il faille en revenir à un modèle biologique unique et imposé. Par contre on peut en revenir à l’Évangile où la famille se fonde, pour en témoigner, non sur des critères biologiques, mais sur l’adoption de tous hommes et femmes par le Père, et sur la fraternité de tous entre eux et de chacun avec le Fils. En cela elle est sacrement du Royaume.

Jacques Mérienne, fév 2014

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2 Commentaires

  • Ce qui fait mal, ce ne sont pas les propos libres, mais les paroles enfermantes, les lois, soi-disant naturelles, et la vie quotidienne quand je la laisse laisse s’enfermer dans les cases étroites imposées par les sociétés. Les propos justes me font du bien et me libèrent. Mais sais-je les tenir moi-même pour ouvrir « mon frère » à la liberté ?

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