Cène d'Andrea del Castagno.(1445). Cenacolo de Sant'Apollonia à Florence. ©fc

Jésus, où es-tu ?

C’est la Consécration, le cœur de la messe, dit-on. Le prêtre élève l’hostie puis le calice mais cet autre officiant préfère les tendre vers les fidèles. Ensuite certains prêtres font une génuflexion, d’autres s’inclinent un peu, beaucoup, ou pas du tout, restant ostensiblement les bras croisés. Quant aux fidèles, dans certaines paroisses, ils s’agenouillent pendant toute la Consécration, ailleurs ils suivent le prêtre et s’inclinent un peu, beaucoup ou pas du tout, dès que l’hostie puis le calice sont élevés. Dans ma paroisse de campagne, l’enfant de chœur allume les bougies de l’autel seulement après la Consécration.

On le voit, si les paroles de la Consécration sont identiques, les gestes ne sont plus aussi contraints qu’après le Concile de Trente. Et les fidèles ont souvent oublié que l’Élévation, inventée au début du XIIIe siècle, était d’abord destinée à offrir l’hostie à la contemplation. Voir puis s’incliner. Voir l’hostie pouvait aller jusqu’à suppléer à la communion.

Diversité des gestes, diversité des attitudes mais qui sont autant de signes, loin d’être anodins. Ils disent quelque chose de notre foi. En sommes-nous conscients ? Faire mémoire du dernier repas de Jésus ? Ou/et croire à la Transsubstantiation ? Vénérer la Présence réelle ? Eucharistie ou Sainte Cène ? Graves questions théologiques !

Mais faut-il faire une fixation sur ces questions ? Des nuances, diront certains. L’essentiel n’est-il pas que Jésus soit présent dès que deux ou trois sont réunis en son nom ?

Pierre Sesmat

Billet du dimanche 28 avril 2019

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