Jeûne pour le climat

La Terre est en danger, malade du climat. Face à l’inaction des gouvernements, que faisons-nous pour préserver la santé de la planète ? Le Conseil Œcuménique des Églises et de nombreux organismes proposent l’initiative d’un jeûne pour le climat. Nous nous y associons. Par Myriam Glorieux, Elena Lasida, Nathalie Thillay

Planète TerreEn décembre 2015 aura lieu à Paris le 21ème sommet international pour le climat. Il s’agit d’une part, de la rencontre internationale la plus importante que Paris ait jamais accueillie, et d’autre part, d’un rendez-vous clé pour l’avenir de la planète. Les études du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) le disent clairement : si des décisions courageuses ne sont pas prises lors de ce sommet par rapport aux efforts à faire en termes de réduction d’émission de gaz à effet de serre, le réchauffement du climat qui va s’en suivre produira des catastrophes naturelles irréparables en termes de sécheresse et d’inondations, et les principales victimes seront, encore une fois, les populations les plus pauvres. Or, les pronostics sur l’état des négociations ne sont pas très positifs, chaque pays essayant de défendre au mieux son intérêt propre et résistant à un partage équitable de l’effort à faire au niveau du bien commun universel.

L’enjeu est de taille car il ne s’agit pas seulement d’un problème technique concernant la gestion des ressources énergétiques, mais de la viabilité de notre modèle de développement et de nos modes de vie. Notre manière de produire, de consommer, de nous déplacer, d’habiter l’espace, compromet aujourd’hui les possibilités de vie des générations futures. Face à cette menace on peut choisir entre trois postures possibles : soit l’indifférence en se disant que le progrès technique va bien finir par trouver une solution, soit la réduction de notre consommation d’énergie et donc la réduction de production et de consommation en général, soit la recherche d’un autre mode de développement en donc la construction d’un nouvel imaginaire de ce que c’est une « vie bonne ». La première posture c’est « on ne change rien », la deuxième c’est « moins du même », la troisième c’est « on cherche un nouveau possible ».

En tant que chrétiens cette problématique touche des fondamentaux de notre foi. Quelle représentation avons-nous de l’avenir : une menace ou une promesse ? Quelle vision avons-nous du bien commun : national ou universel ? Quelle solidarité à l’égard de ceux qui seront les principales victimes de ces dérèglements ? Le climat interroge aujourd’hui trois socles de notre foi chrétienne : l’espérance, l’universalité et la solidarité.

Déclaration sur les changements climatiquesEn réponse à ce défi majeur de société, les autorités françaises des trois confessions chrétiennes – catholique, protestante et orthodoxe – invitent leurs communautés à s’associer au « jeûne pour le climat ». Tous les premiers jours de chaque mois jusqu’à la COP21 en décembre 2015, nous sommes invités à faire un jeûne alimentaire ou carbone, qui peut concerner tous les repas de la journée ou un seul. Le but du jeûne n’est pas celui de réduire la consommation pour pouvoir durer plus longtemps, mais de « faire le vide » pour inventer du nouveau. Le site du Conseil Œcuménique des Églises (oikoumene.org) présente de manière plus développée l’objectif de cette initiative. Elle n’est pas seulement chrétienne, mais interreligieuse, et pas seulement française, mais internationale.

La proposition pour Saint Merri : inviter la communauté à s’associer au jeûne pour le climat le premier jour de chaque mois, en se retrouvant le soir à l’Église, autour d’une tasse de thé à la place du dîner, pour échanger et prier ensemble. Un geste modeste, mais accessible à tous : se retrouver pendant une petite heure à la place du dîner. Une approche : chercher à imaginer ensemble un avenir nouveau pour nos sociétés et pour la planète. Une structure simple : point d’information sur l’évolution des négociations et les initiatives diverses, et moment de prière partagée autour d’un texte, un objet, une chanson…

 

Myriam Glorieux
Elena Lasida
Nathalie Thillay

3 Comments

  • Belle idée!
    Mais, couper, pour le climat, son chauffage une journée par mois me semblerait plus efficace.
    De même que donner le prix du repas jeûné à l’un de ceux qui, nombreux, peuplent nos trottoirs et qui souvent meurent de froid.
    Je crois à l’efficacité, y compris pour le climat, de nos prières, mais j’avoue que ce sujet, dans l’automne flamboyant 2014 qui fut le nôtre, ne m’a pas donné d’insomnies.
    Et je ne suis certainement pas la seule.

  • jeûne, prières, oui belle idée, mais les multinationales minières sont déjà,entre autres, à ‘assaut du Groeenland…. les habitants du lieu ravis de ces promesses d’enrichissement…
    La détérioration de notre terre me fait peur, ou mal ? me touche. Nos petits efforts personnels sont, pour le moins, un réconfort pour notre conscience !

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