Anne Gratadour. Résurrection

John Spong :  » Pour un christianisme d’avenir « 

 "Pour un christianisme d’avenir", c'est le dernier livre de John Shelby SPONG, paru en anglais en 2018 et tout juste traduit, que nous présente Jean Verrier. Il annonce aussi une journée d'études Le 5 octobre autour de l'oeuvre de John Spong et de Joseph Moingt.

John S. Spong était venu à Saint-Merry en juin 2015 présenter Né d’une femme au cours d’un débat qui nous avait fait découvrir son attachante personnalité. Aujourd’hui c’est le cinquième de ses ouvrages que les éditions Karthala font  paraître en traduction française. Mais alors que trois sur quatre étaient des traductions d’ouvrages parus il y a une vingtaine d’années en anglais (États-Unis), celui-ci est daté de 2018. C’est donc le dernier état à ce jour de la pensée du célèbre évêque émérite de l’Église épiscopale de Newark (New-Jersey) .

On retrouve le pourfendeur des lectures fondamentalistes de la Bible. Mais aussi le pourfendeur de nombreux dogmes fondamentaux des Églises chrétiennes. Il part en guerre contre la théologie de l’incarnation et la théologie de la rédemption. Et certaines de ses formulations sont décoiffantes, comme : « Penser Jésus comme l’incarnation d’une divinité déiste devient intenable », ou : « L’expression Jésus est mort pour nos pêchés n’est  pas seulement dangereuse, elle est absurde ».

Le projet de John Spong est ambitieux puisque se référant aux « thèses » placardées par Luther sur le portail de l’église de Wittenberg, il appelle à rien moins qu’une  Nouvelle Réforme de l’Église chrétienne. Je croyais que cette façon de rassembler en douze « thèses » ses principales idées relevait d’une sorte de bilan  de ses recherches et convenait à ce qui ressemble à un testament. Mais j’ai découvert qu’il  avait déjà, dans un ouvrage de 2002 non traduit : A New Christanity for a New World, rassemblé ses douze idées principales. Elles sont dans l’ouvrage de 2018 d’inégale importance quantitative (de 6 à 36 pages dans cette dernière édition), et qualitative : Dieu, Jésus, Le péché originel…, l’Ascension. On les trouve résumées pages 36 à 38. Deux « thèses »  reprennent deux ouvrages parus en français : Né d’une femme et La Résurrection. Le chapitre intitulé « L’Éthique » m‘a paru léger, le chapitre sur « La Prière » plus convaincant. Pour lui la pensée moderne est principalement faite de la révolution copernicienne et du darwinisme.  C’est à la lumière du darwinisme qu’il affirme que nous ne sommes « pas déchus, mais inachevés » et c’est pourquoi on ne peut pas dire que Jésus est mort pour nos péchés.

Au terme de ce qui est plus une radicale « déconstruction » qu’une simple remise en question, que  reste-t-il de la foi de l’évêque John S. Spong ? C’est la question que je me posais après la lecture de chacun de ses précédents livres. L’épilogue de celui-ci est davantage développé. Il l’a intitulé  « Ce que je crois ».  Ayant distingué Dieu et l’expérience de Dieu, il affirme avoir fait l’expérience de Dieu comme Source de la Vie, Source de l’Amour, Fondement de l’Être ». « Ce Dieu est pour moi réel et Jésus demeure ma porte vers cette réalité ».

L’œuvre de John S. Spong soulève bien des critiques.  Une occasion d’en débattre s’annonce avec la Journée d’études du samedi 5 octobre 2019 de 9h à 17h30 à la Maison La Salle, 78A  rue de Sèvres, 75007 Parisà laquelle  participeront Jacques Musset pour John S. Spong, Jean-Pol  Gallez pour Joseph Moingt, Jean-Marie Bourqueney, Loïc de Kerimel, Noël Barré, Robert Dumont, etc.  Un bon d’inscription à cette journée peut être obtenu auprès de <robert.ageneau92@orange.fr>. Un rappel sera fait à la rentrée prochaine.

Jean Verrier

John Shelby SPONG, Pour un christianisme d’avenir Karthala, 2019, 270 pages, 20 euros.

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