Joris Van de Moortel. Performance à Saint-Merry

11 janvier 2020. Une collaboration avec la galerie internationale Nathalie Obadia s’est esquissée. Un artiste flamand Joris Van de Moortel vivant et travaillant à Anvers, exposé rue du Cloitre Saint-Merri a présenté une courte performance dans l’église : un petit oratorio sur la place de l’artiste face aux dérèglements du monde, "The song of the incomplete"

Joris Van de Moortel est un artiste important de la scène contemporaine belge. Plasticien et musicien, protéiforme, il revisite les exubérances formelles du Moyen-Âge, « Sept Chansons Moralistiques n’entraînant pas la mort ». Grand lecteur de la Bible, il est travaillé par la question du sacré et du religieux, mais aussi par la place de l’art dans la transformation du monde actuel, comme le manifestent ses expositions antérieures. Ici, à travers l’allégorie d’un navire peuplé de fous, allant au naufrage, il interroge la place de l’artiste dans la société et critique les valeurs matérialistes ou les conséquences des actes des hommes sur les désordres de la planète.

Joris Van de Moortel. La Nef des fous. Dessin

Bien que d’esprit syncrétique et se situant expressément dans la contre-culture, il va puiser dans la culture la plus classique des thèmes, comme la Nef des fous, avec des références explicites à Dürer qui a dessiné le texte fondateur de Sébastien Brant. Ce sujet a été traité à multiples reprises par les artistes de tous les siècles [1] pour aborder de grandes questions de société, la vision de Jérôme Bosch étant le socle commun. Ce thème, ce mythe, le fascine, comme la question de la mort, et l’époque médiévale aussi, car il en fait un parallèle avec la société du spectacle, théorisée par Guy Debord en 1967.

La Nef des fous a fait partie des symboles de la scène underground et rock des années 70 et 80 : John Cale du groupe Velvet Underground qui était lié à Andy Warhol, The Doors, Erasure.

Mais à Saint-Merry, « The song of the incomplete » issu de son livre « Sept Chansons Moralistiques n’entraînant pas la mort », fut une courte performance où se superposaient, d’une part, un texte préenregistré, sur fond sonore, extrait d’un vaste poème écrit par l’artiste en sept parties, dans le style de textes médiévaux et parlant de la disparition des espèces, de la musique dysharmonique du monde, des valeurs fondamentales bafouées et, d’autre part, une performance-cérémonie empruntant au religieux interrogeant son identité d’artiste, ici représentée par sa guitare électrique.

Voir le film et l’analyse de cette œuvre étrange sur Voir et Dire 

 

Jean Deuzèmes

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