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Josep, un long métrage d’animation

Ce qu’il y a de bien dans un film d’animation, c’est qu’on y cumule les émotions artistiques : celles où nous transporte le cinéma, et celles dans lesquelles nous plonge le dessin. Et pour le dessin lui-même, à la subtilité de celui d’Aurel, l’auteur de ce long métrage animé, s’ajoute la force du trait de Josep Bartoli, l’artiste dont il nous raconte l’histoire, et dont les œuvres sont si présentes à l’intérieur du film. Le récit commence en février 1939, au moment de l’afflux de cinq cent mille réfugiés républicains espagnols, chassés par la guerre civile et les exactions franquistes, et de leur parcage dans des camps aux conditions humanitaires indignes par les autorités françaises. A l’intérieur de ce cadre imposé par l’histoire et les circonstances, demeurent les libertés humaines et les différents comportements adoptés par les uns et les autres – civils et gendarmes français, membres des troupes coloniales, hommes, femmes et enfants réfugiés, tous pris dans cette tourmente. Quand la vie de Josep croise celle de Frida Kahlo au Mexique, la nature du dessin change, l’exubérance des couleurs chaudes (dont un bleu magique !) envahit l’écran, et une nouvelle vague d’émotions s’ajoute aux précédentes, qui devient exponentielle grâce à la construction en flash-back, permettant la rencontre et la transmission à travers le temps entre le grand-père mêlé à cette histoire et son petit-fils qui est notre contemporain. Quant au texte dialogué, il est porté par des voix que l’on retrouve avec plaisir, de Sergi Lopez à François Morel, et ponctué par les chants et les guitares espagnoles, tantôt désespérées, tantôt survoltées, durant ces soixante quatorze minutes d’émotion.

Blandine Ayoub

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