Journée internationale du Migrant à Saint-Merry

journée des  migrants C’était dimanche dernier, le 19 janvier.

Retrouvez  ici la préface et la prière eucharistique qui nous ont portées avec et vers les migrants, au milieu de nous ce jour , ou bien plus éloignés géographiquement.

Vraiment, il est juste et il est bon de te rendre grâce, de t’offrir Seigneur notre action de grâce … aujourd’hui, à l’occasion de cette journées des Migrants et des Réfugiés, par Jésus ton Fils bien-aimé.

Car il est ta Parole vivante par qui tu crées mystérieusement toute chose dans ce vaste chantier de l’homme qui n’est qu’à ses débuts mais qui nous semblent trop souvent sombrer dans le chaos et le non sens. En donnant chair à ton Verbe, tu as donné chair à la parole de l’homme, de tout homme, homme ou femme, quelque soit la couleur de sa peau, de sa culture, de son histoire et même de sa religion. Ton don d’amour. Non seulement tu nous appelles à annoncer cette bonne nouvelle, mais, surtout, et par-là même, tu nous invites à en faire de même, à donner nous aussi à tout homme et à toute femme le droit à la parole, à la parole libre et engagée, pour qu’il (ou qu’elle) puisse dire dans son propre langage son désir de vivre et sa façon d’aimer, sa colère devant le mal et son projet d’un monde meilleur.

En nous envoyant porter ta Lumière jusqu’aux extrémités de la terre – comme nous le dit Isaïe – tu fais en fait de chaque étranger une lumière de ton royaume, un porteur d’espérance et de vérité, une part d’humanité sans lequel ton royaume n’en serait pas un. En le recevant dans sa parole comme ce matin à Saint Merry, c’est-à-dire en nous nous mettant à l’écoute de sa différence, nous recevons paradoxalement par lui ta Lumière et le Salut que tu nous promets. Et ainsi, cet étranger venu d’ailleurs, en ayant rien de nous, nous apporte tout de nous.  

 

Prière eucharistique

Nous sommes devenus les nouveaux « migrants » d’un monde qui change actuellement de logiciel, plein de prouesses technologiques et d’avancées sociales, certes, mais aussi, malheureusement, plein de violences humaines, au service parfois d’un vaste mensonge qui nie l’homme. –       Mais notre baptême fait aussi de nous les « sans papier » d’un monde à venir, d’un autre monde qui se construit déjà avec les jeunes épris de libertés et de vérités, étrangers de ce monde-ci et des citoyens d’un monde à venir.   Seigneur, cette prière eucharistique est celle de la communauté de Saint Merry réunie en ce jour. Nous la célébrons en lien avec le pape François qui ne cesse de dénoncer la mondialisation de l’indifférence, en lien avec notre évêque André, en lien surtout avec tous ceux et toutes celles qui s’engagent quotidiennement dans l’aide aux migrants et aux réfugiés.   Qu’en partageant le pain de la vie et le vin du royaume, nous nous rappelions nos gestes visibles ou invisibles, simples ou héroïques, qui nous associent quotidiennement à l’humanité en marche et qui nous rendent solidaires de la détresse des hommes mais aussi responsables des bonheurs qui enthousiasment notre vie.   C’est vrai, le baptême fait qu’en quelque sorte, nous sommes des étrangers de ce monde-ci et des citoyens d’un monde à venir. – Nous sommes devenus les nouveaux « migrants » d’un monde qui change actuellement de logiciel, plein de prouesses technologiques et d’avancées sociales, certes, mais aussi, malheureusement, plein de violences humaines, au service parfois d’un vaste mensonge qui nie l’homme. – Mais notre baptême fait aussi de nous les « sans papier » d’un monde à venir, d’un autre monde qui se construit déjà avec les jeunes épris de libertés et de vérités, de justice et bonheur. Un monde qui se construit aussi avec les moins jeunes qui ont, eux, à vivre la joie de transmettre précisément le goût de la responsabilité, le droit et l’audace de l’inventivité. Ce que sera demain, nous ne pouvons l’imaginer : les jeunes en sont pourtant les architectes et ce monde leur appartient déjà.   Seigneur, fait qu’en partageant donc ce pain et ce vin de la promesse, qu’en nous replongeant dans l’eau de notre baptême faisant de nous des hommes et des femmes nouveaux, fait que nous nous nourrissions dès maintenant de ton amour, que nous ré-enchantions le monde qui a perdu sa poésie, et que nous anticipions un monde où, à nouveau, le rêve participera au réel de l’homme, à la réalisation de l’éros dans une nouvelle communion avec « l’autre », dans une nouvelle façon d’être faisant de l’Autre notre lumière. Une nouvelle modernité dans laquelle l’homme retrouvera pleinement sa place et le plaisir d’exister, dans un nouveau style de vie, pour une liberté qui soit signature de l’amour vrai, souffle de l’Esprit du Dieu des vivants. Daniel Duigou

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