« La lumière resplendit »

Venez mes enfants, accourez, venez tous ! Venez ! « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! »

Veillée de Noël
24 décembre 2014
Année B

crèche2014« Un enfant nous est né,
un fils nous a été donné ! »

Accueil
Venez mes enfants, accourez, venez tous !
Venez
Mais d’où venez-vous ?
d’où venons-nous ?

Nous vous invitons, si vous le voulez bien,
à dire à votre voisin, à votre voisine,
votre prénom,
et d’où vous venez, de quelle ville, de quel pays,

et comme nous sommes venus pour la plupart en famille ou avec des amis,
n’hésitons pas à nous retourner,
à sortir du cercle de la famille ou du cercle des amis.

Je m’appelle Jean
et je viens d’Asnières sur Seine

chacun se présente à ses voisins  

Mais ce soir nous n’oublierons pas les absents :
d’abord ceux qui n’ont pas pu se déplacer,
âgés, malades ou prisonniers.
Et puis ceux qui sont en voyage
sans l’avoir toujours choisi :
ceux qui sont en exil,
ceux qui fuient les guerres,
ceux pour qui c’est chaque jour l’exode.

Josep   Vladimir   Andrew   Jabbar   Donatus  (flûte)
Cristen   Pierre   Saâd   Miguel  Marco   Sergueï   Wojciech   Walid  David   Odilon

Myriam  Larissa  Kate  Salma  Yukiko (flûte)
Barbara   Jeanne   Karima  Dolores   Ginta   Dorothée  Alexandra  Fatou  Minh Chau

Jean Verrier et Bernadette Capit

 

Nous venons du sud ou du nord de Paris, peut-être d’un peu plus loin ou d’un pays lointain. Nous avons échangé quelques mots avec nos voisins. Nous avons élargi l’espace de notre église, cette tente de la rencontre, car tous les prénoms entendus ont peut-être pris visage.
Nous sommes venus pour une rencontre, celle d’un Dieu qui vient à nous.
Toute vraie rencontre est un cadeau. Chacun est présent à l’autre, attentif, en attente de ce qui advient gratuitement dans la relation.

Le marque-page qui vous maintenant distribué sera un cadeau pour celui ou celle qui le recevra à la fin de la célébration. Peut-être l’offrirez-vous à votre tour.
Nous vous invitons à écrire sur ce marque-pages à l’étoile, la date du jour ou simplement Noël 2014, le nom de cette église,  Saint-Merry, et si vous le voulez quelques mots, une courte phrase pour partager la paix, la joie, ou l’espérance qui vous habite ce soir.

Nous célébrons ensemble l’évènement inouï d’un Dieu qui prend humanité.
Un fils d’homme appelé fils de Dieu vient accomplir une promesse
Il rend possible un autre monde, plus humain, plus juste, plus fraternel.

Eliane Brouard

Evangile des sans papiers

En ce temps-là vivait à Nazareth, en Galilée, un homme appelé Joseph. Joseph était charpentier, et il venait de se marier avec une jeune femme qui s’appelait Marie. Or il advint en ces jours-là que parut un édit de César Auguste ordonnant le recensement de tout le monde habité. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville.

Joseph fut convoqué au commissariat  de police de Nazareth et il fut conduit devant l’inspecteur. Alors l’inspecteur lui dit : « Joseph, n’est-il pas vrai que tu n’es pas d’ici et que ta famille vient de Bethléem en Judée ? – C’est vrai, répondit Joseph. L’inspecteur dit alors à Joseph : « Il faut que tu partes pour Bethléem te faire établir tes papiers. Sans ces papiers, tu ne peux pas vivre et travailler parmi nous comme tu l’as fait jusqu’à présent. » Joseph dit : « Ma jeune femme est enceinte, et le terme est proche. Ne peux-tu m’accorder une prolongation jusqu’à ce que l’enfant soit né ? Ensuite nous partirons pour Bethléem  comme tu me le demandes. » Mais l’inspecteur répondit : « Je ne veux pas le savoir, et la loi est la loi. Si tu ne te mets pas en route immédiatement je te ferai reconduire à la frontière par mes hommes, et jamais tu ne pourras revenir ici. » Alors Joseph se mit en route avec Marie, et après quelques semaines de voyage, ils arrivèrent à Bethléem.

Comme Marie était fatiguée, Joseph alla frapper à la porte d’un hôtel et demanda une chambre, afin que Marie puisse se reposer. L’hôtelier lui dit : « Donne-moi tes papiers pour que je puisse t’enregistrer. » Joseph répondit : « Je n’ai pas de papiers, je viens justement à Bethléem pour qu’on m ‘en établisse. » Alors l’hôtelier dit à Joseph : « Si tu n’as pas de papiers, je ne peux pas te loger. Va t’en, je ne peux rien pour toi. » Et tous les hôteliers de la ville lui firent la même réponse.

Et voici que Marie ressentit soudain les premières douleurs de l’enfantement. Alors Joseph la conduisit à l’hôpital pour qu’elle puisse y accoucher. Mais à l’entrée de l’hôpital, le gardien dit à Joseph : « Donne-moi tes papiers pour que je m’assure que tu es en règle et que je puisse accueillir ta femme. »  Joseph répondit : « Je n’ai pas de papiers, je viens justement à Bethléem pour qu’on m ‘en établisse. » Alors le gardien dit à Joseph : « Si tu n’as pas de papiers, je ne peux pas accueillir ta femme. Va-t-en, je ne peux rien pour toi. »

À la fin, Joseph trouva une étable ouverte, et il y installa Marie qui mit au monde un fils, qui fut appelé Jésus. Et les bergers des environs lui apportèrent du lait et des langes, car eux non plus, ils n’avaient pas de papiers, et ils comprenaient la situation de Joseph et Marie.

Jésus n’oublia jamais ce qui s’était passé au moment de sa naissance. C’est ce dont témoigne son évangile :
« Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux, et à l’entrée de ce royaume on ne leur demandera pas de papiers.
« Heureux les affamés et les assoiffés de justice, car ils seront rassasiés, même s’ils n’ont pas de papiers.

 

Joseph lui aussi  a du monter de la Galilée vers la Judée…
-Est-ce  un exil ? Non, un déplacement obligé à un moment de l’histoire
-Est-ce un exode? Non. Seulement un retour vers la racine de sa tribu.

-Est-ce un exil ? Non car il y espoir et même promesse de retour
– Est-ce un exode ? Non mais une incertitude devant l’inconnu

-Est-ce un exil ? Non mais le sentiment d’être en terre étrangère et de n’être pas reçu
– Est-ce un exode ? Non demain, ce sera seulement demain, avec la fuite en Egypte, pour échapper au massacre.

Alain Cabantous

Jésus n’oublia jamais ce qui s’était passé au moment de sa naissance. C’est ce dont témoigne son évangile :
« Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux, et à l’entrée de ce royaume on ne leur demandera pas de papiers.
« Heureux les affamés et les assoiffés de justice, car ils seront rassasiés, même s’ils n’ont pas de papiers.

Heureux ceux qui sont solidaires de leurs frères, exilés, sans-papiers  ou simplement cherchant chemin,
qui les accueillent, les aident dans leurs démarches et s’engagent à leurs côtés, avec détermination;
Ces hommes et ces femmes changent notre regard sur celui qui est différent et nous conduisent à être acteurs de politiques qui traitent chaque personne avec humanité et justice, avec ou sans papiers

Heureux ceux qui savent laisser place en eux à l’imprévu, à la force inouïe de l’espérance,
et qui, loin de la tiédeur d’un confort fade, risquent une parole engagée, une parole de témoin;
Ils font advenir la Promesse d’un Dieu amour, d’un Dieu fragile et la Joie de cette nuit de Noël qui elle, ne demande ni autorisation ni papier, seulement un cœur d’enfant

Bernadette Capit

Célébration

1ère lecture : « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
2ème lecture : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
Evangile : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

Célébrons Noël !

Accueillons la promesse du Dieu lui aussi nomade, jamais fixé, jamais là où on l’attend, dont les lieux et les apparences sont innombrables. La promesse du Dieu si libre que les mots les plus savants ou les plus émouvants sont indigents pour le décrire, du Dieu si subversif qu’il échappe aux dogmes, aux règlements et aux institutions !

Qu’attendions nous donc ?
Un roi tout puissant, dictant une loi humaine et rendant vraiment la justice, un super président bien élu et toujours accessible ?
Un prophète génial venu de nulle part, capable de renverser la pire des tyrannies rien que par ses discours ?
Un prêtre planétaire, omniscient et doué d’ubiquité, capable de mots d’espoir pour le philippin comme pour l’habitant de Neuilly ?
Une ère nouvelle, le grand soir sans les lendemains qui déchantent ?

Non rien de tout cela, Noël c’est l’inattendu. Les lectures de ce soir renversent les perspectives. Isaïe avait prévenu le peuple assoiffé de Justice, une grande lumière s’est levée parce qu’un enfant nous est donné. Paul nous dira que la grâce de Dieu c’est pour vivre dans le monde présent.

Et voilà dans le récit de l’évangile, un enfant impuissant, muet et dépendant de tout ! Nous rêvions peut-être d’un Dieu qui enfin s’occupe de nous, qui nous apporte la paix, la sécurité et qui puisse ôter toutes nos peurs. Au contraire il va falloir prendre soin de cet enfant, il va falloir attendre qu’il grandisse dans son village, il va falloir composer avec son humilité, et quand il sera grand, prendre la peine de l’entendre ! Un Dieu si modeste qui nous place dans le quotidien et le réel, un visage qui demande une relation, un service, un regard qui s’éclaire, un sourire qui s’illumine, un amour qui irradie !

Il va falloir accepter son silence à lui au fond de la nuit, contempler la simplicité de Marie, la nuit étoilée, écouter la crainte, la hâte et le témoignage des bergers. Quoi d’autre que le silence attentif et la contemplation pour révéler les profondeurs de la vie ?

Il va falloir s’étonner de ces événements infimes qui changent rien et pourtant presque tout. Il va falloir comprendre l’impensable : la parole de Dieu s’incarne dans l’extrême faiblesse de la chair de l’être humain. L’enfant est transparent, il ne dit absolument rien de lui -même, il ne se mêle de rien, il n’impose rien, il ne s’occupe pas de nous, au contraire il demande notre amour, que nous sortions de nous mêmes, que nous abandonnions nos peurs. Jean Debruyne disait qu’il fallait que l’homme soit beau pour que Dieu vienne.

Jésus est dans un berceau- mangeoire, il va falloir deviner que le vrai berceau du souffle de la parole c’est le nouveau né lui-même, c’est l’homme lui-même. Grâce à Marie, à l’enfant, à Joseph, aux bergers, la parole de Dieu fait sa demeure dans la nature humaine. Peut-être finalement sommes nous appelés à devenir nous-mêmes la crèche pour que grandisse et se révèle le plus grand et le plus sensé de l’humanité ?

Daniel, dans son homélie tentera de décrypter davantage tous ces signes.

Fêtons Noël, que la lumière se lève pour chacun et pour notre communauté. Puisse Noël changer notre regard, nous permettre désormais de bénir chaque personne, chaque rencontre, chaque événement, de voir de l’intérieur, de renoncer aux apparences, faire la paix et la beauté dans nos vies.

Jacques Debouverie

Offrande

Seigneur, toi qui prends tout de nous,
En offrande du don de Noël,
Voici mes joies silencieuses pour cette nuit
Voici mes peurs émerveillées pour cet enfant
Voici mes engagements hésitants pour ta Parole
Voici mes mercis difficiles pour ton Eglise
Fruits de ma vigne, ce vin de piquette et ces quelques grands crus peut-être,
fruits de ma terre, ces pains noirs et ces pains de froment,
qu’ils participent aussi de ton corps et de ton sang .

Alain Cabantous

Seigneur,nous t’offrons notre monde, avec ses lumières qui font grandir en humanité, et avec ses ombres, qu’il faut dissiper sans jamais se lasser.
Eclairés par ta Parole, enveloppés par ta tendresse, nous pouvons  « prendre soin les uns des autres et partager avec tous la joie de ton Evangile ». Ces mots guident l’Eglise de Créteil pendant son année de synode. Puissions-nous les partager en ce temps de préparation des 40 ans du centre pastoral Halles-Beaubourg à Saint-Merry.
Qu’avec tous les hommes de bonne volonté, les absents que nous avons nommés, les passants accueillis chaque jour dans cette église, les étrangers accompagnés, les malades visités, et tant d’autres, nous soyons ensemble des signes de ta présence vivante. Les marque-pages de notre veillée, rassemblés devant cette table, en sont également le signe.

Eliane Brouard

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1 Commentaire

  • Provincial (Vosgien) ayant des enfants à Paris, j’ai participé pour la troisième fois à la veillée-célébration de Noël du 24 décembre. J’ai beaucoup apprécié, conscient du gros travail de préparation que ça suppose… J’ai évidemment aimé l’homélie, mais sa densité m’a empêché de l’apprécier totalement. J’aimerai avoir ce texte pour le lire et méditer. Je ne l’ai pas trouvé sur votre site. Pouvez-vous me l’envoyer? Un grand merci d’avance.

    Jacques SIBOUT
    60 chemin du petit chaperon rouge
    88000 EPINAL

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