La Nuit Sacrée à Saint-Merry : 7 mois de gestation

Michel Bourdeau, chargé de sa coordination, nous raconte cette aventure : « Vivre ensemble », c'est bien une volonté partagée entre le Centre Pastoral Saint-Merry et le mouvement Coexister. Les vidéos, d’excellente qualité, permettent de revivre ces moments parfois bouleversants d’intériorité, partagés dans la richesse des différences assumées et admirées.

Michel, comment as-tu vécu, toi, ce moment si attendu ?

Ce fut, nous a-t-il dit, bien sûr une charge – la seule que j’avais à assumer cette année – mais ce fut d’abord un grand bonheur, non seulement d’aider à la création d’un événement mais surtout de faire naître le sens qui le sous-tend. Il s’agissait de mobiliser des femmes et des hommes, mais aussi des moyens, autour du thème choisi pour cette Nuit Sacrée :  affirmer notre désir de « vivre ensemble » quelles que soient les spiritualités de celles et ceux qui croient ou les convictions de celles et ceux qui ne croient pas. Le chant et la musique ont été les vecteurs de cette expression, mais évidemment, je n’ai pas pu vraiment écouter… et je suis le premier à profiter des enregistrements… Tout au long de la nuit, j’ai veillé au grain pour que tout se passe bien, mais j’ai aussi ressenti l’ambiance et apprécié la satisfaction du public et des chorales …

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C’était la troisième Nuit Sacrée.  Comment s’est-elle bâtie ?

A partir de l’évaluation de la Nuit Sacrée 2017 qui demandait plus de « profondeur », une plus grande variété des chorales, des rencontres moins brèves, des liens plus solides et prolongeables, une participation plus grande de la communauté  et du public. Je crois que nous y avons tous contribué !

  • on a  recueilli sous forme vidéo le témoignage de jeunes sur leur manière de « vivre ensemble ».
  • les chorales ont finalement représenté des sensibilités plus variées que les années précédentes.
  • des membres du Centre Pastoral ont rencontré en amont des chorales.
  • les chanteurs de Saint-Merry ont composé un chant « Pour vivre ensemble » interprété par une chorale “éphémère“ d’une vingtaine de personnes.

Quand démarre le calendrier  pour  une telle  manifestation ? 

En septembre, l’Equipe Pastorale a décidé de lancer une troisième édition. La première réunion de coordination s’est tenue fin octobre. La Nuit Sacrée 2018 a vu le jour dans la nuit du dimanche au lundi de Pentecôte : 7 mois de gestation, rien de trop  pour ce beau bébé !

Alors, peux-tu nous donner quelques-unes de ses mensurations ?

  • 17 chorales, chanteurs individuels et ensembles musicaux, sélectionnés sur des critères de grande qualité, mais aussi, ce qui est plus complexe, sur le partage avec nous du sens choisi pour la Nuit Sacrée 2018.
  • 1900 participants … On peut saluer la persévérance de certains car le Préfet de police avait limité à 600 personnes le public présent simultanément dans l’église. Merci aux personnes qui ont sagement attendu dans une queue dépassant souvent la rue Saint-Martin depuis l’entrée de la rue de la Verrerie !

Ca ne se fait pas tout seul !

68 volontaires ont assumé une mission au cours de la nuit, parfois toute la nuit, parfois venus au petit matin pour aider au petit déjeuner ou au rangement. Sans oublier celles et ceux qui ont procédé dans les jours précédents à l’installation des équipements, à l’enlèvement des chaises, à la pose des moquettes, etc.

La Nuit Sacrée crée une alchimie entre bénévoles et  professionnels :

  • 9 agents de sécurité
  • 23 techniciens du son, de la lumière, de la vidéo… Je tiens à souligner leur grand professionnalisme : la plupart sont engagés régulièrement comme intermittents sur les scènes, spectacles et concerts de premier plan.

A noter aussi que cette équipe a produit ensemble environ 800 heures de travail mais n’a demandé la rémunération que de 500 heures. C’est dire leur engagement à nos côtés pour un événement que tous se plaisent à vivre.

En quoi peut-on dire qu’il s’agit d’un événement porteur du « Vivre ensemble » ? 

On est venu dans nos murs mêmes : la Nuit Sacrée est un événement. Aux dires du Préfet, c’est le plus important événement inter-religieux d’Ile-de-France !

Une nouvelle fois, Anne Hidalgo s’y est déplacée, accompagnée de Bruno Julliard, premier adjoint et de Dominique Versini, notamment chargée de la lutte contre les exclusions ; le maire du 4ème arrondissement était représenté par sa première adjointe, Evelyne Zarka. Faisant écho à notre thème, devant nos auditeurs attentifs, elle a rappelé, elle aussi, que « tous les êtres humains ont besoin de donner du sens à ce qu’ils font, croyants ou non-croyants. Il y a un mystère à notre présence sur terre… Très vite on s’aperçoit que l’on ne peut pas vivre seul… Paris, ville cosmopolite nous oblige à la tolérance, au dialogue… ». Elle a ensuite appelé à la solidarité avec les réfugiés, en dressant un état des lieux.

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Cela, c’est le côté événement citoyen. Qu’en est-il du côté événement spirituel ?

Nous avons vécu un moment fort : l’iftar, la rupture du jeûne du Ramadan : nous l’avons tous ensemble partagé dans l’église même, avec des dattes…  Et ce n’est pas banal d’entendre des religieux de plusieurs confessions délivrer en commun un message de fraternité :

  • un évêque catholique, Mgr Jérôme Beau
  • un imam, Tarik Abou Nour,
  • deux rabbins de la synagogue Kehilat Gesher, Tom Cohen et sa femme Pauline Bebe qui fut la première femme à devenir rabbin en Europe.

Y aura-t-il une Nuit Sacrée en 2019 ? Question prématurée sans doute… 

Plusieurs messages venant de participants le souhaitent.  Déjà des chorales sont candidates. Vous pouvez vous aussi donner votre avis sur nuitsacree.saintmerry@gmail.com. Mais la décision appartient à notre communauté. Avons-nous l’envie, la volonté et les forces nécessaires pour poursuivre cette aventure ?  Si oui, il faudrait se concerter avec le mouvement Coexister pour savoir s’il poursuit son engagement à nos côtés. Il conviendra aussi d’interroger le diocèse qui a financé les deux-tiers de la Nuit Sacrée, considérant que c’était un élément constitutif de la pastorale diocésaine. La période d’évaluation permettra de savoir si nous voulons poursuivre cette initiative lancée par Daniel Duigou et qui fait écho à notre mission de « Vivre l’évangile dans la ville », la ville telle qu’elle est, avec sa diversité de femmes et d’hommes venus de toutes parts, issus de toutes cultures, croyants ou non-croyants.

Et quand et comment se passera cette évaluation ?

Une réunion de l’équipe de coordination va se tenir d’ici la fin du mois pour l’organiser.

Propos recueillis par Marguerite Rousselot

 

Retrouvez tous les moments de la nuit sur youtube, voici le programme et les liens 

 

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