« La paix soit avec vous »

Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

 

Dimanche 27 avril 2014
Année A
Deuxième dimanche de Pâques
ou dimanche de la Divine Miséricorde

Lectures
Livre des Actes des Apôtres Ac 2, 47-47

Première lettre de saint Pierre Apôtre 1 P 1, 3-9
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 20, 19-31

 

« Dans les premiers jours de l »Église, les frères étaient fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participerP1020651 aux prières. « 

Jésus leur dit   : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

Commentaire des Actes 2/42-47 : la première communauté des chrétiens

Ma foi, voici un portrait idyllique de la vie des premiers chrétiens.
Une communauté avec des valeurs de partage, de vie fraternelle,
de mise en commun des biens, de souci des pauvres. L’Église telle que nous la rêvons, telle qu’elle devrait être. Des communautés ouvertes sur le monde, pas des ghettos.
La foi a une dimension communautaire et c’est bien ce que nous essayons de vivre ici à St-Merry.
Vivre de la Bonne Nouvelle, c’est se rassembler, et inversement.
Au-delà de nos doutes, saurons-nous être une vraie communauté fraternelle, poser des actes de foi, partager la Parole et le pain, être témoins ensemble, accueillir tous ceux qui viennent chercher le Seigneur ?

 Claire

 Commentaire de Jean 20/19-31 : apparition au disciples

Jésus est ressuscité, bon et alors, la belle affaire, ça nous fait quoi ?
Il faut voir ce que cela fait pour les disciples. Il faut voir ce que cela fait pour nous, et peut-être même à travers nous pour les autres hommes et femmes de ce monde…
Deux évangélistes le font :
–        Luc et ses « Actes des apôtres » (notre première lecture ce matin)
–        Jean lui s’occupe de la nouvelle situation des disciples dans ses pages sur les apparitions de Jésus ressuscité, qu’il décrit toujours dans une situation qui évoque à ses lecteurs propres leur liturgie, car ils sont déjà dans l’Église naissante.
Dans cette page d’aujourd’hui trois moments importants.
Ils sont essentiels pour nous-mêmes aujourd’hui.

1. La Paix
« La paix soit avec vous » est la salutation de Jésus. Les trois temps de paix de notre messe : Kyrié (Seigneur rassemble-nous dans la paix de ton Esprit), baiser de paix, envoi dans la paix.
La paix est un des noms de la résurrection.
C’est ce que partage le ressuscité en donnant son Esprit à ses amis rassemblés.
C’est ce que partage avec ses frères les croyants qui ont reçu l’Esprit ensemble.
La paix c’est le « sang » de l’Église.

2. Le pardon
C’est la source de la paix non pas donnée « à la manière des hommes », mais à la manière de Dieu.
Ce qui nous met en route vers le mystère (la rencontre de Dieu lui-même) c’est le pardon.
Jésus donne sa paix (pas à la manière du monde) et ce qui établit la paix c’est le pardon.
Mais davantage, Jésus donne à ses amis cette mission du pardon.
Il leur transmet sans réserve ce « pouvoir » de pardonner qu’il a reçu du Père.
Épisode de paralytique qui passe par le toit : il y a la vie éternelle qui est donnée par le « pardon », dont le signe est la vie concrète qui est donnée par la guérison.
(cf. les miracles que l’on « exige » des saints pour qu’ils expriment la vie éternelle).
En donnant le pardon sans restriction Jésus donne à ses disciples la responsabilité de leur propre accès à la vie éternelle.
Mais qu’est-ce que c’est que la « vie éternelle » ? De même il nous faut élargir le sens que nous donnons au mot pardon.
Le « pardon » et « la vie éternelle » sont un vocabulaire incompréhensible aux hommes d’aujourd’hui, et même peut-être avons-nous besoin nous-mêmes d’en trouver le sens.
Ce sens nous ne pourrons le trouver ailleurs que dans notre vie. En reliant tout retour à la vie à la « vie qui dépasse la vie ».
C’est ce que découvre Thomas en rencontrant le Christ ressuscité.

3. L’acte de Foi
La réception de la paix et du pardon précède et permet l’acte de foi.
Celui de Thomas est un changement de regard.
Mais il est d’abord un acte de liberté, reconnu et accepté comme tel par Jésus ressuscité.
Attention : la foi peut se retourner, au lieu d’orienter le chrétien (ou le croyant car cela se retrouve quelle que soit la religion) dans le respect de l’homme et dans l’accueil de l’autre, elle est perçue comme un impératif infini (puisque la cause de Dieu est infinie) qui pousse aux pires extrêmes.
Il y a donc une certaine « qualité » de la foi que souligne Jean dans son évangile.
C’est ce qu’exprime la dernière béatitude de l’Évangile : Béatitude pour ceux qui croient sans avoir vu.
Le changement de regard, le passage de l’objectif au subjectif : c’est la question de la vérité. Passer de la vérité matérielle et factuelle à la vérité de l’interprétation.
La foi n’est pas de passer de ce que je domine entièrement (les faits et les objets) à ce qui me domine, (le mystère qui me donnerait mon identité).
La foi est entre les deux : c’est bien ma rationalité, mon bon sens, que je mets en jeu librement, mais ce que je veux connaître, ce que je veux atteindre n’étant pas saisissable, je me mets en chemin. La vérité est ce qui me fait avancer vers elle.
La parole ne peut s’arrêter car en énonçant le mystère elle n’a jamais tout dit.
Avoir l‘attitude du commencement avec ce qui advient, et même et surtout avec ce qui revient est essentiel.
Nous prions avec des litanies pour bien montrer que notre foi ni notre prière ne s’arrêtent jamais, se ne concluent jamais.
Cela peut nous faire croire que nous restons dans le doute car nous n’avons jamais de formulation définitive. Mais heureusement ! Croire n’est pas conclure.

 Jacques Mérienne

Préface

PÈRE,
Comme son apôtre Thomas,
ton Fils nous accueille autant dans le doute que dans la foi
Il ne s’impose pas à lui comme un Dieu auquel il faut se soumettre
Mais comme un homme qui lui tend la main
Père, tu sais que quelle que soit la force de notre foi
Nous ne sortons jamais tout à fait du doute
Car depuis sa résurrection
C’est à travers nos frères que ton Fils nous tend la main

Même si notP1020652re regard ne peut reconnaître en Lui Dieu en direct
Nous pouvons le reconnaître dans nos frères
Quand nous reconnaissons que tout homme est un homme
et qu’en lui l’humanité est entière

Ce qui rend possible notre foi en Jésus Fils de Dieu
C’est la Foi de Jésus en l’homme
En tout homme, en toute femme
Il accueille l’humanité entière

Croire en Dieu à travers nos frères
Donne à notre foi sa dimension universelle
Mais notre doute demeure dans la solitude que nous ressentons
Devant l’enfant qui naît
Devant l’ami ou le parent qui meurt

Père tu n’effaces pas notre doute
Tu nous donnes par ton Fils
De le vivre dans la Paix.

Jacques Mérienne

 

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1 Commentaire

  • j’aime relire les prises de parole et les commentaires,mais pouvez-vous adopter
    un gris foncé ou noir
    car sur l’écran votre gris est transparent et illisible et ne pas utiliser le jaune;

    Merci beaucoup pour tout ce travail parfait de présentation

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