La réconciliation dans nos célébrations

Une douzaine de membres de la Communauté se sont retrouvés dimanche 26 mai pour la deuxième réunion de l’espace de dialogue sur la célébration et la liturgie, avec comme objectif d'approfondir la place de la réconciliation dans nos célébrations.

Nous nous sommes interrogés sur l’absence, quasi systématique, de kyrie lors de nos célébrations ou les raisons pour lesquelles il n’y a plus de célébration pénitentielle spécifique à Saint-Merry.

Réconciliation – Vasconcellos (Coventry)

Cette thématique est manifestement sensible au sein de la Communauté, et depuis de nombreuses années. Les avis ont été souvent tranchés et les discussions ont été vives, mais toujours très respectueuses. Si nous nous accordons facilement sur la nécessité d’écarter une approche culpabilisante et infantilisante du péché, qui est hélas encore souvent bien présente dans l’Eglise, en revanche, les sensibilités de chacun d’entre nous sont très différentes. Certains apprécient de commencer la célébration par cette reconnaissance de notre faiblesse ou de nos manques, d’autres considèrent au contraire qu’il faut au préalable recevoir la Parole de Dieu avant de pouvoir être pardonné (« le don précède le Pardon », Joseph Pierron).

Après une bonne heure d’échanges sur le sujet, et certainement grâce à l’action efficace de l’Esprit Saint, nous avons pu dégager quelques orientations.

Il faut tout d’abord nous entendre sur une notion du péché et du pardon qui corresponde à notre sensibilité. Loin de la culpabilité, nous nous retrouvons plus dans les mots de manque, de nécessité de nous ajuster à la Parole. Et le pardon ne doit pas être vécu comme une ardoise magique que l’on efface, mais comme la promesse d’un nouveau départ, que nous pouvons d’autant plus apprécier à l’aune de notre propre difficulté à pardonner.

Par ailleurs, nous sommes invités, lors de la préparation de la célébration, à nous interroger plus systématiquement sur la place que nous voulons donner à cette dimension de la réconciliation. La messe est en effet toute entière marquée par cette dimension, puisque nous arrivons avec ce que nous sommes et que nous en repartons transformés par l’écoute de la Parole, le pardon reçu, le pain et le vin partagés. Pour cela, il n’y a pas nécessairement de schéma imposé : la réconciliation peut aussi bien trouver sa place dans un rite d’accueil renouvelé (nous arrivons avec ce qui nous pèse, conscients de nos manques et de nos attentes), ou bien à l’issue de l’écoute de la Parole, fort de ce don reçu, ou bien encore à l’occasion de la prière universelle, au moment du Notre Père, ou avant la communion.

Alors, forts de la mission que nous avons reçue, continuons à inventer de nouveaux gestes ou de nouvelles pratiques qui nous permettront de mieux reconnaître ce don de la réconciliation.

Vincent Moreau

 

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