La statue volée

On connaissait « La lettre volée » (Baudelaire) (1) , mais pas « la statue volée ». C’est une vraie histoire, pas une nouvelle légende qui s’ajouterait à bien d’autres liées à Saint Merry, en lien avec la restauration du porche.

On connaissait « La lettre volée » (Baudelaire) (1) , mais pas « la statue volée ». C’est une vraie histoire, pas une nouvelle légende qui s’ajouterait à bien d’autres liées à Saint Merry.
Au moment de commencer la restauration du porche de Saint Merry, l’architecte en chef des Monuments historiques, M. Lagneau, ainsi que son équipe, constatèrent qu’il manquait une statue au niveau de l’ogive, côté gauche en entrant dans l’église. M. Lagneau, manifestant comme à d’autres occasions son exigence pour un travail le plus achevé possible, demanda à notre régisseur, Thomas Monnier, de chercher dans la cave de l’église (située sous la chapelle dite de la communion) des morceaux de la statue disparue. La recherche fut faite. Dans un premier temps, Thomas ne se rappela pas avoir vu une statue abandonnée dans un coin. Ph  Statue voléeMais, dans un second temps, il lui revint en mémoire qu’un jour, il y avait peut-être sept ou huit ans, à son arrivée dans la communauté, Jacques Mérienne lui avait remis dans une caisse ressemblant plus à une boîte à chaussure des morceaux de ce qui pouvait être une statue, sans autres précisions. Thomas, retrouva immédiatement cette fameuse caisse, là où il l’avait posée, et la confia à l’équipe de M. Lagneau. Une expertise fut alors réclamée : la statue disparue, certes en morceaux, avait été retrouvée !
Mais, comme souvent, il y a une histoire dans l’histoire. Un jour, dans l’église, un homme visiblement aussi gêné que pressé, remit un paquet assez lourd à une personne de l’accueil qui aussitôt prévint Jacques Mérienne de la bizarrerie de l’affaire. Jacques arriva et croisa l’individu qui eut juste le temps de lui dire avant de disparaître qu’il avait grimpé une nuit sur l’échafaudage du porche pour voler une statue, qu’il avait eu un remords et qu’il lui remettait l’objet de son larcin.
La statue est appelée « Le vieillard à la barbe ». L’homme tient entre ses mains un phylactère (2), voir la photo.

Daniel Duigou

(1) Jacques Lacan en a fait un séminaire (Écrits, p. 9, Seuil, 1966)
(2) Un parchemin

4 Comments

  • Cher Daniel, donnons à Edgar ce qui est à Edgar. « La lettre volée » est une nouvelle de l’écrivain américain Edgar Allan Poe. Baudelaire en a été simplement le traducteur.

    • Cher Pietro, Je te félicite, tu as parfaitement raison, Lacan et moi, nous nous sommes laissés tromper par notre manque de vigilance.

  • Décidément ! Savez-vous que la première équipe pastorale du CPHB (Jacques de Vathaire, entre autres), avait reçu par la poste l’une des gargouilles, tombée en 1944 dans la jeep d’un GI garé le long de l’église, qui l’avait installée sur sa cheminée dans le middle west, et pris de remord avant de mourir avait demandé à ses enfants de la réexpédier à Saint-Merry ?
    Blandine Ayoub

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