La venue du Seigneur est proche

… un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
    C’est de lui qu’il est écrit :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.

Dimanche 11 décembre 2016

1ère lecture : « Dieu vient lui-même et va vous sauver » (Is 35, 1-6a.10)
Psaume : Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a
2ème lecture : « Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche » (Jc 5, 7-10)
Evangile : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

 

Bonjour

Bienvenue à cette célébration en ce jour de joie,
 » Gaudete » réjouissez-vous en ce 3ème dimanche de l’avent.
C’est pour se réjouir que Jean-François a mis la parure rouge !

Le 3ème dimanche de l’avent, à St Merry c’est le thème du VIVRE ENSEMBLE :
on va donc se côtoyer, avec toutes nos différences en offrande
et on va partager une célébration qui intègre les adultes et les enfants. 

Aujourd’hui aurait pu être un jour d’éveil à la foi comme les autres,
mais avant Noël ça fait du bien de se rappeler qu’on est de la même communauté,
même si les enfants sont plus souvent en haut.
Partie de la communauté et partie de l’humanité
avec les différences qu’elle génère.
Nos enfants sont là, d’autres sont ailleurs
et aujourd’hui l’association AIMER est là pour nous dire le chouette travail
qu’elle fait auprès des enfants de la rue dans 27 pays.

La célébration avec les enfants, c’est l’occasion de prier
pour les enfants de le rue, les sans familles sans logis,
et prier pour ceux qui travaillent à leur rendre le sourire,
le logement, l’identité et qui leur donnent de l’affection.
L’association AIMER nous attend à la sortie de la célébration.

Nous sommes heureux qu’il y ait aussi des enfants dans notre communauté.
Nous apprécions leur présence. Peut-on dire que nous les aimons ?
Avec leur différence flagrante, de taille, d’énergie, d’âge, d’ennui et de joie…

Pour ces enfants, St Merry est leur paroisse. Quand un enfant dit
« ma paroisse c’est St Merry », il dit c’est là qu’il y a des gens
qui font partie de ma vie, à qui j’aime dire bonjour.

Nous sommes pour eux la communauté d’origine,
les témoins du commencement de leur chemin et ils s’en souviendront.
C’est important ! Ils sont aussi notre communauté,
témoins de ce qu’est St Merry, ouverte pour les accueillir, c’est important !

Y a de l’amour dans tout ça et ça parle de l’amour de Dieu
c’est ce que dit le signe de croix gestué des enfants
qu’on va faire ensemble pour commencer cette célébration

Le signe de croix gestué

Il y a le haut, il y a le bas
Il y a la gauche, il y a la droite 
Il y a le ciel, il y a la terre
Il y a un bout du monde, Il y a l’autre bout du monde

D’un bout du monde à l’autre bout du monde 
la croix unit les hommes entre eux
De haut en bas et de bas en haut, 
la croix unit les hommes à Dieu

Quand je fais sur moi le signe de croix, 
c’est tout entier, Seigneur, que je m’ouvre à toi.

Lucie

  Commentaire du psaume

Tous les textes de ce dimanche de « Gaudete » nous invitent à la joie.
Bientôt Isaïe nous dira que le loup voisine avec l’agneau,
Jacques que la venue du seigneur est proche,
Matthieu que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

Et que nous propose le psaume? de reconnaître les bienfaits de Dieu.

Pour nous à saint Merry,
après les premiers dimanches de l’avent centrés sur les migrants,
puis sur Laudato si et l’écologie, nous célébrons aujourd’hui le
« vivre ensemble ».

Vivre ensemble c’est reconnaître l’autre, dans sa différence,
dans ses difficultés, c’est l’aider à s’en sortir.
Dieu a besoin des hommes, de nous.

Dans cette perspective, je relis le psaume, à ma façon.

Le seigneur fait justice aux opprimés,
Et nous, leur faisons-nous justice ?,

Aux affamés le Seigneur donne le pain,
Et nous leur donnons-nous du pain, et un toit ?

Le seigneur délie les enchainés
Et nous, qui délions-nous des chaînes de la misère et de l’ignorance ?

Le seigneur ouvre les yeux des aveugles,
Et nous, à qui ouvrons-nous les yeux sur le message de l’Evangile ?

Le seigneur redresse les accablés
Et nous, prenons nous soin des sans abri ?

Le seigneur aime les justes,
Et nous, aimons nous aussi les justes,
et les injustes qui ne partagent pas nos opinions ?

Le seigneur protège l’étranger
Et nous, que faisons-nous pour les migrants ?

Le seigneur soutient la veuve et l’orphelin
Et nous ? et nous ? et nous ? et moi ?

François Corpet

Questions des enfants de l’atelier de la foi sur l’Evangile du jour : Mt 11, 2-11

Qu’est-ce qu’un prophète ?

Pourquoi est-ce important que l’on reprenne les mots du prophète Isaïe,
que soit mis en évidence le lien entre le premier et deuxième Testament…

Pourquoi le texte dit que Jean- Baptiste est en prison,
puis il dit que les gens sont allés dans le désert pour le voir ?
Pourquoi Jean-Baptiste est-il allé dans le désert ?
Pourquoi Jésus dit que la foule est allée dans le désert ?
Pourquoi Jean-Baptiste est-il en prison ?

Pourquoi Jésus fait-il des miracles ? Pourquoi vouloir ressusciter les morts ?

Si les aveugles voient les boiteux marchent,
les morts ressuscitent, les sourds entendent,
pourquoi les pauvres ne deviennent-ils pas riches ?
Pourquoi Jésus ne les fait pas devenir riches ? 
Parce qu’ être riche c’est  mal ? Pourquoi c’est mal d’être riche ?
Le texte veut-il nous dire que la « bonne nouvelle » ce n’est pas être riche ?

Je ne comprends pas la phrase :
« Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! « 

Je ne comprends pas :
« Le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui »

Comment être sûr que c’est bien Jésus le sauveur ?

____________________________

Commentaires des textes de ce dimanche

Les lectures de ce dimanche nous invitent à nous réjouir, à « crier de joie »,
parce que le Messie tant attendu, qui a été annoncé par les prophètes
tout au long de l’Ancien Testament, vient en personne, pour nous sauver.

Étonnante, cette nouvelle ! Même Jean-Baptiste, de sa prison, en doute,
à ce point qu’il envoie ses disciples à Jésus pour lui demander
s’il est celui qui doit venir ou s’il faut en attendre un autre.

Jésus contourne la question et répond :
« Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez ».
Or, ce qu’ils entendent et voient, ce sont les paroles et les actes de Jésus,
ces œuvres qui apportent le salut et qui, en écho à celles annoncées dans le Livre d’Isaïe,
sont le témoignage le plus probant de ce qu’il est le Messie, le fils de Dieu.

Jésus s’adresse non pas aux nantis, à ceux qui pensent pouvoir se passer de Dieu,
mais aux exclus de la société, ceux-là mêmes qui sont victimes
de l’injustice sociale — opprimés, affamés —
ou victimes de la marginalisation — étrangers, handicapés, orphelins —.
Tous ceux-là, Jésus vient pour les libérer,
c’est-à- dire pour les faire entrer dans une vie nouvelle,
en leur donnant la force d’une rencontre et d’une parole qui restaurent leur humanité.
Il leur ouvre le royaume des cieux :
eux qui étaient les plus petits deviennent alors les plus grands.

Ici, l’évangile de Matthieu nous interroge :
Jésus nous appelle à contribuer à l’instauration de ce royaume.
Par ses gestes et ses paroles, il nous montre le chemin à suivre.
Mais est-ce que nous voyons dans le visage de celui que nous croisons,
souffrant ou esseulé, du pauvre, du réfugié,
de celui qui ne partage pas nos convictions, notamment religieuses,
y voit-on le visage du Christ ?
Sommes-nous disposés à l’écouter, à accepter sa différence,
à lui attribuer une égale dignité ?

Considérer que celle ou celui que nous côtoyons est notre égal
est la condition nécessaire pour promouvoir un monde de fraternité
où chacun puisse vivre ensemble dans la paix et le respect de l’autre.
Mais cette condition, bien qu’elle constitue une obligation
morale et juridique, est loin d’être satisfaite.
Il suffit de constater autour de nous les manifestations de populisme
qui trouvent leur relai dans certains partis politiques,
la méfiance qu’inspirent les grandes religions historiques notamment l’islam,
mais aussi le judaïsme. Cette attitude de rejet de l’autre
— parce qu’il n’entre pas dans notre logique de pensée —,
cette attitude de repli sur soi, a pour effet
de briser le lien social et d’encourager la violence.

Chacun a sa part de responsabilité dans le « vivre-ensemble »,
mais cette responsabilité, pour nous chrétiens,
a cela de particulier que celle ou celui qui est en face de nous
est plus qu’un individu anonyme : il est notre sœur, notre frère,
parce que nous avons, tous, un même Père; nous sommes tous fils de Dieu.
Ainsi, accueillir l’autre n’est pas seulement un acte de solidarité civique,
mais un acte de foi, c’est-à- dire une rencontre où l’amour
permet d’entretenir et de garantir les liens qui, dans une communauté,
assurent le plein épanouissement de chacun.
Et c’est bien là que s’ébauche le royaume de Dieu.

Bruno De Benoist

Conclusion – Envoi

En réalité, soyons honnêtes, ce n’est pas toujours si évident
d’être suffisamment patients, tolérants, endurants, tempérés,
dans nos relations avec les autres et particulièrement dans nos jugements,
comme il nous l’est demandé encore aujourd’hui,
dans cette lettre de saint Jacques.

Alors, n’est-ce pas un sacré défi,
mais ô combien nécessaire humainement et spirituellement
que de persévérer, quoiqu’il arrive sur ce chemin précieux,
de l’attention, de l’écoute et de la reconnaissance véritable de l’autre,
dans toutes ses différences et ses spécificités particulières.

L’important, c’est d’avancer,
n’oublions pas non plus de garder toujours en nous,
de l’espérance et de l’émerveillement.

Sylvie Faye

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *