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La violence au nom de Dieu !

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Et nous, chrétiens, qu’avons-nous à faire, maintenant ?

Saisissons d’abord toute occasion d’engager des dialogues avec nos concitoyens musulmans, blessés quand on dénature leur religion en tuant au nom d’Allah.

Notre passé aussi est rempli d’horreurs effectuées pour la défense de Dieu ou de son Eglise. Mais notre histoire a par ailleurs contribué à faire émerger la conscience des dangers que crée l’excessif pouvoir d’une religion dans la société civile. Les philosophes du 18ème siècle, les révolutionnaires de 1789, les législateurs de 1905 ont fait progresser l’idée que, quelles que soient les valeurs portées par une religion, rien ne justifie de les imposer aux autres.

Sommes-nous prêts à refuser de faire, de la mise en dérision de nos valeurs par ceux qui ne les partagent pas, un blasphème? à rechercher les restes de cléricalisme subsistant dans notre société, que nous jugeons peut-être innocents, mais qui choquent les non-croyants?

Par égard pour les musulmans, nous devons aussi avoir vis-à-vis d’eux la même exigence et leur demander de s’interroger sur leurs références religieuses qui nous heurtent ou peuvent conduire à des dérapages.

Comme l’Eglise l’a engagé avec Vatican II puis avec le synode, il faut encourager tous les musulmans, philosophes, imams, fidèles, qui appellent de leurs vœux un aggiornamento de l’Islam. Cela leur demandera, à eux comme à nous, beaucoup de courage.

Jean de Savigny

billet du dimanche 18 janvier 2015

1 Commentaire

  • Belle interpellation mais qui ne peut s’entendre que dans une situation de dialogue, où chaque partie doit répondre à des exigences réciproques. L’intégration à l’histoire et à la société française suppose de laisser à chaque « nouveau venu » un espace et un temps pour s’approprier cette culture et d’autre part d’accepter que son identité mixte contribue, elle aussi, à participer à l’élaboration de la communauté nationale.
    N’oublions pas comment la laïcité est toujours comprise et interprétée de manière extrêmement variée par les français, parfois bien loin de la doctrine de la loi de 1905, et pourtant nous sommes un seul peuple ! L’identité française conçue comme un bloc monolithique est un leurre, une illusion, elle est plus proche d’un verbe qui se conjugue à tous les temps, tous les modes et toutes les personnes.
    Par ailleurs, ne perdons pas de vue que les fondamentalismes ne sont pas uniquement des problèmes religieux mais aussi des questions politiques. Il sont au cœur de grandes guerres de pouvoirs, sunnites et chiites, conflit israélo-palestinien, interventions militaires occidentales souvent malheureuses et inconséquentes, états autoritaires et sociétés autochtones en pleine déliquescence. Un exemple parmi d’autres est l’Arabie Saoudite qui utilise la religion pour verrouiller une société qui ne peut évoluer que dans un cadre précis, et mettre à l’abri une élite dirigeante riche à milliards de dollars. Quant à la France, la question sociale se mêle à des questions très contemporaines autour du nihilisme de notre société de consommation ancrée dans des peurs existentielles et marquées par une profonde injustice sociale à travers la montée des précarités.
    Nous avons voulu ( ?) un monde global, interconnecté et l’on s’étonne qu’une manifestation au Niger nous dise comment gérer notre liberté d’expression ? Contre le repli sur soi et la défense identitaire, il y a à chercher inlassablement plutôt des ponts que des barrières, illusions sécurisantes d’un monde qui se meurt par peur du présent et de l’avenir.
    Ensemble. La paix se joue ici et là-bas.

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