« Laudato si’ ». L’encyclique de François

C’est par ces mots du « Cantique des créatures » de François d’Assise que le pape venu d’Amérique latine a choisi de commencer sa première encyclique. « Laudato si’ », loué sois-tu, dans cette langue vulgaire italienne dont le « poverello » nous offre un des premiers et des plus beaux exemples littéraires. Car le ménestrel ou le troubadour de Dieu (1181 ou 1182–3 octobre 1226) a été aussi un poète. Son « Cantique des créatures », rédigé un an avant sa mort, célèbre la gloire de Dieu à travers la beauté de la création : un hymne « écolo » avant la lettre. Et un magnifique poème qui nous rappelle ce qu’il y a de précieux dans les éléments les plus humbles, à commencer par l’eau et par le feu.

En choisissant ce texte de François, l’autre François, l’évêque de Rome, montre l’urgence d’un combat, celui contre le saccage de la terre et l’exploitation de ses habitants les plus pauvres. Celui aussi d’une plus juste redistribution des ressources naturelles et d’une économie respectueuse de la création, contre les dégâts de la raison instrumentale, d’un homo faber qui – dans sa course au progrès – s’est transformé en apprenti sorcier.

En suivant ce link vous pouvez lire l’encyclique : Laudato si’.

Ci-dessous le « Cantique des créatures » dans la traduction de Frédéric Ozanam.

Le cantique des créatures

Très-Haut, tout-puissant et bon Seigneur, à vous appartiennent les louanges, la gloire et toute bénédiction ; on ne les doit qu’à vous, et nul homme n’est digne de vous nommer.

Loué soit Dieu, mon Seigneur, à cause de toutes les créatures, et singulièrement pour notre frère messire le soleil, qui nous donne le jour et la lumière ! Il est beau et rayonnant d’une grande splendeur, et il rend témoignage de vous, ô mon Dieu !

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre sœur la lune et pour les étoiles ! Vous les avez formées dans les cieux, claires et belles.

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour mon frère le vent, pour l’air et le nuage, et la sérénité et tous les temps, quels qu’ils soient ! Car c’est par eux que vous soutenez toutes les créatures.

Loué soit mon Seigneur pour notre sœur l’eau, qui est très utile, humble, précieuse et chaste !

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre frère le feu ! Par lui vous illuminez la nuit. Il est beau et agréable à voir, indomptable et fort.

Loué soit mon Seigneur, pour notre mère la terre, qui nous soutient, nous nourrit et qui produit toutes sortes de fruits, les fleurs diaprées et les herbes !

Loué soyez-vous mon Seigneur, à cause de ceux qui pardonnent pour l’amour de vous, et qui soutiennent patiemment l’infirmité et la tribulation ! Heureux ceux qui persévéreront dans la paix ! Car c’est le Très-haut qui les couronnera.

Soyez loué, mon Seigneur, à cause de notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper ! Malheur à celui qui meurt en état de péché ! Heureux ceux qui à l’heure de la mort se trouvent conformes à vos très saintes volontés ! Car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâces, et servez-le avec une grande humilité.

 

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