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« Laudato si », un atelier de travail

Il y a un mot transversal dans l’encyclique : interdépendance : - entre l’humain et la nature (clameur des pauvres et clameur de la terre) - entre l’individuel et le collectif (changer de style de vie et changer le système politique et économique) - entre pays riches et pays pauvres : dette écologique.

Atelier lecture Laudato Si – chapitre 3 – 15 avril 2016

Courte introduction par Elena : le chapitre 1 parlait de la réalité ; le chapitre 2 parlait de la Création, avec une dimension de foi très présente ; le chapitre 3 fait un retour au monde, dialogue entre le monde et la tradition chrétienne.

1er tour de table :
Résumé en 3 points :
1 – Paradigme technocratique :
La technique s’impose, de l’ordre de l’inconscient, beaucoup de non-dit dans cette dictature de la technologie. Lien à la culture du relativisme. Mais une question : est-ce que c’est la technique qui est en cause ou l’usage qu’on en fait ?

2 – Éléments d’un nouveau paradigme :
Dans ce nouveau paradigme, il y a un caractère anthropologique.
Les caractéristiques : valorisation du beau – quelque chose de plus systémique, touche le politique – porte un rapport au temps particulier – il arrive comme un brouillard – souligne la différence entre une geste d’extraction et un geste de recevoir, accueillir.

3 – Des contraires en équilibre … ou opposés ? :
Technique/Ethique – Technique/Beauté – Machine/Humain : notion de pénibilité du travail – Question du rapport à la nature : articuler respect et transformation.

Nos échanges : nous avons les uns et les autres des lectures différentes du texte :
– la machine est-elle au dépend du travail ?
– Le travail est-il indispensable pour le bien-être de l’homme ou juste une nécessité ?
– Faut-il respecter ou transformer la nature ?
– La technique est-elle présentée comme un problème ou n’est-ce pas plutôt son usage ?

Elena commente nos propos :
En fait il y a des pistes pour penser le nouveau paradigme. Il y a des contraires à articuler autrement ! Nous avons souvent un regard binaire sur la réalité : bien-mal ; coupable-victime. C’est cela que le pape détruit ! Il ne met pas en opposition :
– Nature – technique :
le pape ne défend pas la loi naturelle. Ce qui est sage dans la nature, c’est son mouvement cyclique** (chapitre 1) et on l’a oublié par notre productivisme. Pas de rapport cause à effet instrumental. Il n’oppose pas le respect et la transformation de la nature. C’est une question d’équilibre. Le pape appelle au discernement.
– Avant – maintenant :
le pape n’oppose pas. Il n’invite pas à revenir au passé. Il faut penser à une manière d’articuler les choses. Il propose une anthropologie autrement : un humain n’est pas quelqu’un qui satisfait ses besoins. Le travail n’est pas seulement pour un salaire mais aussi pour le sens de la vie. Il y a une dimension de créativité.

** Dans la pensée cyclique, il y a quelque chose de la pensée du sud ! C’est le concept du « buon vivir », « vivre bien ». Les Indiens en Equateur, en Bolivie, ont réussi à être représentés dans le gouvernement et ont provoqué un changement de la constitution !
Pour eux, c’est assez naturel que l’humain fasse partie de cette création. En Occident, on parle de « respecter » la nature. Mais ce n’est pas une bonne notion car alors la nature est objet.
Dans l’encyclique, on ne parle jamais d’écologie « humaine ». Si c’est écrit ainsi, c’est une mauvaise traduction, c’est une écologie « intégrale ».
Elena cite 4 idées fortes de « l’Évangile de la joie » du pape François : l’unité prévaut sur le conflit – la réalité est plus importante que l’idée – le temps est supérieur à l’espace – le tout est supérieur à la partie. Et aussi : initier des processus plutôt que posséder des espaces.

En synthèse :
• Les  caractéristiques de ce paradigme** technocratique :
– Caractère homogène et globalisant. Il tue le particulier et la diversité
– Il est tout puissant, pas de place pour la limite
– Il a une manière linéaire d’interpréter la vie.
• Les caractéristiques du nouveau paradigme :
– Appel à une manière de penser la nature en termes d’interdépendance.
– Le langage scientifique ne laisse pas de place au symbolique. Si on sort de ce paradigme technocratique, on accepte que quelque chose nous dépasse : ouverture au symbolique.

**’Paradigme’ ?! = une manière d’interpréter la réalité – c’est un modèle d’interprétation du monde.

Conséquences pratiques :
Chasser la pensée binaire ! Changer notre mentalité. Avoir une ouverture d’esprit, s’ouvrir au « polyèdre » (notion présente dans la « Joie de l’Évangile » du pape François).
Cette démarche peut être contagieuse !

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Groupe lecture Laudato Si – chapitre 1 – 17 fevrier 2016

Introduction de Elena Lassida
La Conférence des Évêques de France (CEF), avec les mouvements qui se sont impliqués dans la COP 21, lance un nouveau cap : septembre, le mois de la Création (en écho au 1er septembre annoncé l’été dernier par le pape François comme journée mondiale de la Création).

3 pistes sont évoquées : *Des célébrations – prières en référence à la Création. * Un travail sur les modes de vie. * Un label vert pour les paroisses. Il y aura un cahier des charges comme référence pour se mettre dans le mouvement. Cela concerne l’aspect matériel mais aussi toute la pastorale.

Notre atelier de lecture peut donc se situer dans cette dynamique d’Eglise.

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Méthode de travail pour notre atelier :
– Un 1er tour de table pour une prise de parole courte ; choisir un élément du chapitre travaillé. Pas de commentaires. Chacun prend la parole, même pour dire peu !
– Un temps de réactions, de questions, précisions, débat.
– Un 3ème temps pour envisager des pistes concrètes.

1er tour de table
Résumé en 4 grands points :
* La question du langage est abordée plusieurs fois. Il est accessible mais difficulté avec certains mots qui risquent d’être banalisés, comme « maison commune » par exemple.
* Le lien entre la crise écologique et la pauvreté est souligné de différentes façons. Dette écologique Nord-Sud. Interdépendance radicale entre pauvreté humaine et pauvreté de la terre.
* On souligne la question du temps : urgence et savoir prendre le temps. Immédiateté et lenteur.
* Place de l’humain. L’homme coupable ? victime ? On est tous concernés – mais aussi indifférents – ou passifs.

2ème temps : éclaircissements – commentaires – débats ….
* Quelques précisions de Elena autour des propos de ce 1er tour de table :
– Un mot est mal traduit : « sauvegarde » n’est pas le bon mot. C’est plutôt « care », le « prendre soin ». Ce n’est pas le « garder en l’état ».
– Oui, l’homme est coupable – mais aussi capable de ‘faire la conversion’ (§58 il est encore capable !)
– Oui le pape condamne les travers d’un certain développement mais il valorise ce que le progrès a permis. Il condamne la surconsommation mais ne fait pas appel au sacrifice.

*Puis nos commentaires :
• À propos de déchet :
On parle du recyclage, de l’économie circulaire. Mais il faut acheter du réparable !
Notion d’économie de la fonctionnalité : privilégier l’utilisation et pas la quantité. Qu’un objet puisse être utilisé plusieurs fois. Exemple : le Vélib. Ou la location d’outil plutôt que le posséder. Cela va à l’encontre du principe de base de propriété. Propriété avec d’autres !
Exemple de quelqu’un qui remet en état des voitures qu’on lui donne et les prête ensuite à des personnes pour aller au travail.
Sortons du « tout bon »-« tout mauvais ». Par exemple, Blablacar entre petit à petit dans le monde du profit, mais il reste avec une finalité coopérative. Le coopératif absolu n’existe pas.
Pour Ubérisation, problème de fiscalité …

• À propos de pauvreté :
Les pauvres ne sont pas seulement ceux qui n’ont pas d’argent. Ce sont aussi les malmenés.
Vision d’une pauvreté « intégrale ».
• À propos du langage :
Langage évangélique remarquable – langage théologique plus … difficile.

Éléments de conclusion par Elena :
3 caractéristiques de l’événement écologique :
– il est « inédit » : il vient de loin mais l’accélération est aujourd’hui exceptionnelle.
– il est « systémique »
– il a une « extension planétaire »
Il y a un mot transversal dans l’encyclique : interdépendance :
– entre l’humain et la nature (clameur des pauvres et clameur de la terre)
– entre l’individuel et le collectif (changer de style de vie et changer le système politique et économique)
– entre pays riches et pays pauvres : dette écologique.

Pistes concrètes :
– comment favoriser la conscience de la communauté ? Une idée : mettre en place un lutrin quelque part dans l’église avec une phrase de l’encyclique régulièrement renouvelée.
– mettre en place sur le site un « Fil vert » déjà envisagé lors d’une réunion précédente.
L’alimenter avec des réflexions, des infos sur des évènements, des idées de gestes à partager. Myriam voit avec les personnes qui s’occupent du site comment s’y prendre …

Nous évoquons l’aspect politique, comment se situer à ce niveau. À reprendre une autre fois…. !

Prochaines dates : mercredi 15 juin.
Heure : 20h – 22h.   Lieu : Saint-Merry, salle Xavier de Chalendar.

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