Le Baptême pour tous

Dieu ne fait pas de différences entres les hommes. Le baptême, par lequel nous entrons dans la mort et la résurrection du Christ, abolit les différences, les rend insignifiantes et ridicules.
Martin Schongauer, Baptême du Christ, XVe s.
Martin Schongauer, Baptême du Christ, XVe s.

On demanda un jour à Gandhi : « Pourquoi voyagez-vous toujours en troisième classe quand vous prenez le train ? » Et lui de répondre : « Parce qu’il n’y a pas de quatrième ! » Il n’y a presque plus de classes dans les trains. Mais beaucoup plus dans les avions et dans les bateaux de croisière.  On aime les classes… Ah les classes !

On colle à saint  Jérôme l’affirmation suivante : « Dans l’Église il y a deux sortes de membres : les clercs et les laïcs ». Il aurait pu le dire, car il n’était pas à une énormité près, mais c’était encore trop tôt. C’est probablement lors de la réforme qui culmine au XI è siècle que l’affirmation se cristallise, sachant, bien sûr, que dorénavant, tout pouvoir, si petit soit-il, est exclusivement entre les mains des clercs. Et nous y sommes toujours !

Georges Rouault, Baptême du Christ
Georges Rouault, Baptême du Christ

Pendant des siècles, les religieux et les religieuses ont abandonné leur nom de baptême pour celui de leur nouvelle condition de « religieux ». À la suite du concile Vatican II, on a largement négligé cette manière de faire. Mais on y revient, subrepticement… La vie religieuse serait-elle plus digne et plus importante que la vie de baptisé ? La vie religieuse n’a  pas, que je sache, la dignité, la « classe » du sacrement du baptême… ni même celle du sacrement du mariage ! Voulons-nous jouer à « qui est le plus grand » ?

Au collège où j’étais scolarisé, notre enseignant-religieux, le frère Ambroise, nous disait : la vie est comme un océan plein de dangers. Les laïcs la traversent à la nage. Les prêtres munis d’une bouée de sauvetage. Et les, religieux à bord d’un fantastique paquebot de luxe.

Que d’insanités, mon Dieu !

Dieu ne fait pas de différences entres les hommes. Le baptême, par lequel nous entrons explicitement dans la mort et la résurrection du Christ, dans l’amitié et l’intimité de Dieu, abolit les différences, les rend insignifiantes et ridicules. Dieu ne fait pas de différences entre les hommes mais nous, les hommes, nous en faisons. Le sens est dans la différence, certes. Mais dans la différence qui fait vivre, non dans la différence qui méprise, exclut, tue.

Vive le baptême pour tous !

Jesús Asurmendi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *