Le baptême. Giotto campanile Florence ©fc

Le corps oublié

Le temps file, le flot perpétuel d’inquiétudes et d’espoirs grossit dans notre esprit, nous surfons de notifications en notifications, nous nous laissons porter de métro en métro. Peu à peu nous nous détachons du sol, notre être n’est plus qu’esprit agile et fluide, émotions superficielles et projets à court terme. Jusqu’à ce que nous prenions une bonne douche froide, au sens littéral.

Il y a quelques jours je suis allé à une séance, qu’on m’a offerte, de flottaison dans un bassin d’eau chaude et très salée, qui reproduit les conditions de la Mer Morte. Sensations étranges et paradoxales. Être poussé dans son corps, retranché dans ses limites. Simplement pour rappeler qu’on est là, qu’on existe avec ce corps, beau et fort à certains endroits, rabougri à d’autres. À l’inverse de la psychologie positive, on ne combat pas les idées et les passions tristes par d’autres idées que l’on se force à avoir, en tordant le cours de ses pensées. C’est plutôt par une expérience du corps, assez éprouvante et forte pour que notre conscience, notre esprit se ramène à lui naturellement, dans un instinct de survie, qui finalement devient élan de vie. Tout à coup on prend du recul : avant d’être cet esprit qui se perd dans le tourbillon de ses pensées et de ses inquiétudes, je suis un être qui est corps et esprit, et qui vit.

Je ne peux m’empêcher de penser au baptême, et à tous les signes que fait Jésus qui passent très souvent par une expérience physique. La bonne nouvelle, ou la Bonne Nouvelle, c’est d’abord que nous sommes vivants ! Alors ne perdons pas notre corps en chemin…

Tristan

billet du dimanche 14 octobre 2018

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