Le désert

Dans une sorte de contretemps liturgique, je m’interroge sur les temps où le Seigneur se cache. Bien sûr, c’est une façon de parler : jamais il ne se cache, mais souvent il arrive que je ne sache plus le voir. La vie semble alors en suspension, lourde et douloureuse. « Tu m’as caché ta face et je fus épouvanté », dit un psaume. De quelle solitude semble être drapé le monde lorsque je ne sais plus y voir le visage du Seigneur !

Alors, à l’imitation de Jésus, je me laisse pousser au désert par le vent. Espoir que le tumulte intérieur se dissolve dans l’immensité. Lieu d’un certain silence. Lieu aussi de la tentation, dans les évangiles. En effet, c’est là que parfois les doutes se fondent en un masque grimaçant. Là qu’il est, plus qu’ailleurs, paraît-il, possible d’entendre bruisser la voix de Dieu.

Pourtant, aujourd’hui, pas de nuée, que des nuages.

Vincent Liard

Billet du dimanche 17 janvier 2016

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