Nuit Sacrée 2019 Saint-Merry. ©fc

Le feu et la division

Dimanche 18 août 2019

Première lecture  (cf. Jr 15, 10) (Jr 38, 4-6.8-10)
« Ma mère, tu m’as enfanté homme de querelle pour tout le pays »
Psaume  (Ps 39 (40), 2, 3, 4, 18)
Seigneur, viens vite à mon secours !
Deuxième lecture  (He 12, 1-4)
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée »
Évangile  (Lc 12, 49-53)
« Je ne suis pas venu mettre la paix sur terre, mais bien plutôt la division »

Introduction au livre de Jérémie et à la première lecture

Parmi les écrits des prophètes ou qui leur sont attribués, ce livre du premier Testament est important, placé juste après celui d’Isaïe, dans la bible hébraïque, grecque ou latine. Jérémie introduit notamment le thème d’une nouvelle Alliance entre Dieu et son peuple. Le siège de Jérusalem, en 588-587, au cours duquel Jérémie est jeté dans une citerne sans eau, est un temps difficile, de grande sécheresse et de troubles politiques, alors qu’une première déportation de population vers Babylone a eu lieu en 597. Les prophéties de Jérémie sont très mal reçues. Il faut dire qu’elles parlent du roi Nabuchodonosor, de Babylone, comme d’un serviteur de Dieu, d’un instrument de son action. Jérémie a pourtant alerté le peuple et ses dirigeants, qui ne mettent plus en pratique les Paroles de la première alliance reçues par leurs pères.

Pour Jérémie, se révolter contre la puissance babylonienne conduira à la mort, c’est-à-dire à la chute et à l’incendie de la ville et au massacre de la population. A ceux qui sont déjà déportés à Babylone, il a écrit « bâtissez, plantez, prenez des femmes ». A cause de ses paroles, Jérémie est en prison.

Préface

Nous te rendons grâce Dieu notre Père d’avoir créé le monde avec sagesse et par amour. Affirmer cela n’est pas faire de toi un dieu de l’Olympe indifférent à la vie des hommes et à leurs déchirements en tous genres, à leurs conflits, à leurs guerres. Tu n’es pas non plus un Dieu concept, tu es le Dieu de nos pères et tu es le vivant. Quand tu as créé l’homme, tu es toi-même entré dans l’histoire. Et tu n’en sors pas indemne. Nous non plus d’ailleurs. Nous te rendons grâce pour ton Fils Jésus Christ notre Seigneur. Il est ton bien aimé et tu nous l’as donné. Il est ta parole vivante. Il parle de toi, il parle pour toi. Il a les paroles qui sont esprit et qui sont vie.
Aussi quand elles sont fortes comme celles d’aujourd’hui : le feu et la division. Merci, nous voilà servis. Ces paroles ne sont pas confortables, elles ne sont pas faites pour être gentilles, elles ne sont pas politico-religieusement correctes. Pourtant nous le croyons l’Évangile est toujours Bonne Nouvelle pour la vie et notre libération. C’est lui le Christ Bonne Nouvelle qui est le principe de notre foi. Il l’était déjà pour Jérémie au fond de la citerne, pour la nuée de témoins qu’évoque la lettre aux Hébreux, et tous ceux qui l’accueillent aujourd’hui pour en vivre.
Nous te rendons grâce pour ton Esprit d’amour et de vérité. Il repose sur nous comme il a reposé sur Jésus. Il nous conduit à la vérité tout entière dans notre humanité à travers ses tribulations. Il ne cesse d’ouvrir le ciel vers la terre et la terre vers le ciel, pour qu’ils soient uns, comme en témoigne Marie que nous venons de fêter dans son Assomption. Dans cet Esprit Seigneur nous te chantons…Sanctus

PRIÈRE EUCHARISTIQUE

Oui le feu et la division, un peu comme notre pain quotidien. Comme un appel à endurer, à ne pas se laisser décourager, une invitation à la traversée. Certes le feu est ambivalent. Il nous fait mal, comme on dit en Afrique, quand il brûle des centaines ou des milliers d’hectares, quand il détruit des habitations en ville, quand il met en danger la vie des hommes. Mais c’est aussi le feu de l’Esprit d’amour que Jésus est venu allumer sur la terre et communiquer à ses disciples.
Et c’est bien là le paradoxe : le feu de l’amour entraîne hostilités et divisions. C’est pourquoi quand Jésus pense feu, il pense baptême, plongeon dans la mort pour la résurrection. Nous-mêmes avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit Saint pour vivre de la vie du Christ. Le baptême n’est pas une simple et sympathique fête de famille. Il est le choix d’inscrire sa vie sous le signe du Christ mort et ressuscité, le choix de brûler du même amour que lui, du même feu, et d’accepter comme lui le rejet et les divisions. Comme l’ont fait tant d’autres avant nous.
Les déchirures familiales ne sont pas une nécessité, et pourtant elles arrivent souvent dans bien des familles. Les raisons sont multiples, elles sont toutes mauvaises.
Les divisions sociales ne sont pas une fatalité, et pourtant elles sont là avec leur cortège de violences. Comment y résister.
Peut -on jamais s’habituer à l’intranquillité ? Pas sûr. Elle nous habite ainsi que toutes nos traditions, y compris ecclésiales. Et si l’intranquillité était bénéfique …
Alors oui c’est vrai il s’agit de ne pas se laisser aller au découragement, au contraire nous voulons participer aux combats du monde.

APRÈS L’ANAMNÈSE

En faisant mémoire de la Pâque de ton Fils, nous en appelons à l’Esprit Saint, qui répand le feu de l’amour dans nos cœurs
Qu’il nous donne d’accepter les confrontations et les situations de tensions ou d’épreuves, nous le savons elles font partie de la route.
Qu’il nous donne le courage d’être de vrais artisans de paix, et nous le savons faire la paix, la vraie, est cruciforme, c’est coûteux
Qu’il nous affranchisse de la fatigue et du désespoir, nous le savons c’est le poison du malin.
Que l’Esprit nous fasse vivre notre fonction sacerdotale pour le monde :

Nicolas Guérin

Intentions de prière

1/ Seigneur, nous te confions les hommes et les femmes de Hong-Kong qui prennent des risques importants pour défendre les droits auxquels ils sont attachés. Les Eglises chrétiennes, catholique et protestante, sont parties prenantes de cette action qui se veut non violente. Nous t’en prions, qu’un dialogue permette une sortie de crise, sans avoir à pleurer des morts.

 

3/ Seigneur, que ce temps des vacances estivales procure à toutes les familles des temps de réunions joyeuses et chaleureuses. Nous pensons particulièrement à Tristan et Maïté, dont le mariage a été célébré hier, et qui animent chaque mois à Saint-Merry, une prière de Taizé. Être à ton service, c’est partager le feu de ton amour pour tous. Nous t’en prions, donne-nous de rester à l’écoute et disponibles, pour que la vie grandisse.

 

  Micro libre autour de la question :

Et nous ? Avons-nous été confrontés à des situations de tensions ou d’épreuves pour vivre en cohérence avec l’évangile ?

 

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