Le grain de sable

Il y a une chose à laquelle je ne m’habitue décidément pas, c’est la facilité et la fréquence avec lesquelles certains média mettent en avant un fait d’actualité banal, alors que nous sommes préoccupés par d’autres événements autrement plus complexes et graves. Une altercation, un mot maladroit sont analysés comme l’événement majeur du moment. La scène est agencée, l’huile mise sur le feu, et l’on guette pour nous les éclaboussures qu’on ne manquera pas de commenter. Quant à l’événement grave et complexe, le grain de sable, qu’il ne vienne pas nous déranger trop longtemps : l’enfant qui meurt de faim, le vieux dont on détruit la maison, la femme violée, l’homme injurié pour la couleur de sa peau, sont vite remplacés, bientôt mis sur le même plan qu’un résultat sportif, les états d’âme d’un people, la mise en vente d’un nouveau téléphone. A défaut de penser ce qu’un tel traitement de l’actualité dit de notre société et de notre monde, on cherche à panser bien vite l’inconfort du grain de sable et à l’oublier.

C’est peut-être à ne pas consentir à cela que nous invite cette phrase déroutante et abrupte du Psaume 50 : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé » que je rapprocherais volontiers de cet extrait du Cantique de la Sagesse : « Je suis un homme frêle et qui dure peu. Que la Sagesse travaille à mes côtés et m’apprenne ce qui te plaît ».

N’est-il pas une intranquillité qui doit demeurer en nous, même si nous aspirons à la paix du cœur ? N’est-ce pas là l’esprit des Béatitudes ?

Benoît

Billet du dimanche 12 avril 2015

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