LE JOUR DU SEIGNEUR

« Un dimanche pas comme les autres. Pas d’autorisation de sortie pour Saint-Merry sur la feuille que je viens d’imprimer. Alors, à 10 heures, j’ouvre la télé pour suivre sur la 2 l’émission “Le jour du Seigneur ‘’ ». La chronique de Jean Verrier

Un dimanche pas comme les autres. Pas d’autorisation de sortie pour Saint-Merry sur la feuille que je viens d’imprimer. Alors, à 9 heures j’ouvre la radio où France-Culture cohabite avec France-Inter. Ce dimanche 22 mars, j’ai retrouvé l’émission de Marc-Alain Ouaknin : « Talmudiques » puis, à 10 heures, j’ouvre la télé pour suivre sur la 2 l’émission « Le jour du Seigneur ».

Ouaknin reçoit Marc-Raphaël Guedj, un talmudiste qui a été grand rabbin de Metz et de Genève et fondateur de « Racines et sources ». Le sujet de ce dimanche est : « La Crise l’universel ». Le concept d’universel est-il universel ?

Les religions monothéiques sont sur la sellette : le judaïsme, l’islam, comme le christianisme. Toute visée à l’universel est menacée par l’impérialisme. Et ce qu’il dit du judaïsme je pourrais le dire de la façon dont je vis le christianisme. Plutôt que de dialogue interreligieux, le rabbin Guedj préfère parler de « partage des sagesses. » Cette sagesse ne m’appartient pas, elle appartient à l’humanité. Le but n’est pas de convertir l’autre mais de partager, et ce partage est vital pour chaque sagesse. L’identité n’est pas un monde clos, elle est sans cesse à construire, c’est un réseau d’appartenances. L’universel n’est pas une pensée qui s’impose mais une harmonie à chercher, une harmonie qu’il ne faut pas construire trop vite. « Pour être tolérant, dit-il aussi, il faut être enraciné. » 

Sa réflexion se nourrit d’une relecture de la Genèse et du mythe de la Tour de Babel animée par l’idée que « la Parole de Dieu est unique mais l’Écoute est plurielle ». Bien que confinés n’ayons donc pas peur de quitter notre maison par l’écoute des autres.

Dans l’impossibilité accidentelle d’aller à Saint-Merry, il m’est déjà arrivé de regarder l’émission « Le jour du Seigneur » et de suivre la messe retransmise en direct depuis une paroisse de France ou de Belgique. Mais, coronavirus oblige, la messe de ce dimanche est retransmise depuis le studio de la rue de la Glacière sous la présidence de frère Thierry Humbert, producteur de l’émission. Pas question cette fois de faire connaissance avec une communauté, de découvrir une façon de célébrer différente de celle à laquelle je suis habitué, des chants nouveaux, des visages nouveaux. Mais le frère Yves Combeau qui commente l’évangile de l’aveugle-né trouve les mots pour assumer la situation imposée par notre isolement. En voici quelques-uns dont je crois me souvenir : « L’aveugle est obligé de voir avec le cœur, c’est cela le miracle. Notre messe est célébrée sur une pauvre petite table de studio. Nous ne nous voyons pas, je vois la caméra mais je ne vous vois pas, et je suis aveuglé par les projecteurs. Je ne vous vois pas mais je sais l’étincelle divine qui brille dans chacun de vos cœurs. »

Rendez-vous dimanche prochain.

Jean Verrier

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