Le Royaume est proche

Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Dimanche 22 janvier 2017

1ère lecture : Dans la Galilée des nations
le peuple a vu se lever une grande lumière (Is 8, 23b – 9, 3)
Psaume : Ps 26 (27), 1, 4abcd, 13-14
2ème lecture : « Tenez tous le même langage ;
qu’il n’y ait pas de division entre vous » (1 Co 1, 10-13.17)
Evangile : Il vint habiter à Capharnaüm
pour que soit accomplie la parole d’Isaïe (Mt 4, 12-23)

Mot d’accueil

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, les fidèles de la Communauté, et les amis de passage.

Le Royaume est tout proche. Quelle affirmation provocante,
au moment où nous entendons surtout parler de dérèglement climatique,
d’espoirs de paix qui s’envolent au Proche Orient, de nations qui se replient sur elles-mêmes.
Les motifs de désespérance sont nombreux et vraiment,
le Royaume semble plus lointain que jamais.

Et pourtant, Isaïe nous l’affirme avec force :
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ».
A vu, et non pas verra. C’est donc aujourd’hui que cela se passe.
Jésus nous dit aussi « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ».

Alors que devons-nous faire ? Répondre à son appel, mais cet appel est exigeant.
Ce matin, nous n’oublions pas nos frères des autres confessions chrétiennes.
Nous célébrons en effet la semaine pour l’unité des chrétiens,
unité toujours à construire, déjà chacun au sein de nos propres Eglises.
Nos prières vont évidemment aux chrétiens d’Orient.
Sur ces peuples qui marchent dans les ténèbres, qu’une grande lumière resplendisse,
que Dieu leur prodigue la joie et fasse grandir l’allégresse.

Alors en union de prière avec tous ceux qui célèbrent la mort et la résurrection du Christ
ce dimanche dans toutes les églises et les temples du monde,
nous nous marquons du signe de Celui qui nous rassemble et nous unit,
au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

Vincent Moreau

Commentaire après la première partie d’Evangile

Un évènement – l’emprisonnement de Jean-Baptiste –
provoque le déplacement de Jésus vers d’autres terres, les terres de Zabulon et Nephtali
qui se sont éloignées de la foi de leur Pères.
Ce sont donc des terres un peu étrangères, où se mélangent juifs et païens.
Y-a- t-il pour nous des évènements qui nous font changer de plan, qui nous font agir autrement,
à la manière des Mages, il y a 15 jours, qui retournèrent chez eux par un autre chemin ?
Ils ont été bousculés par deux évènements, la naissance d’un enfant et l’avertissement de l’ange,
et ils suivent cet avertissement.
Dans le texte de ce jour, en même temps que l’annonce de l’évènement concernant Jean-Baptiste,
Matthieu nous rappelle quelques lignes du texte d’Isaïe que nous avons entendu peu de temps avant :
il est question d’une grande lumière… Et n’oublions pas ces mots proclamés par Jésus,
qui viennent clore ce passage : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche ! ».
Voilà pourquoi nous devons être attentifs aux petites ou grandes lumières
dans la grisaille qui nous entoure et être prêts à être bousculés.

Commentaire près le deuxième passage de l’Evangile

Pierre et André d’une part, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, d’autre part, sont au travail.
Ils jettent leurs filets dans la mer, ou ils les réparent sur le rivage.
Un homme passe, dit quelques mots, et laissant leurs filets, ils le suivent.
Quelle est cette autorité qui fait tout changer, radicalement ?
Quel est cet homme qui attire à lui d’une manière totale ?
L’avaient-ils déjà aperçu ? En avaient-ils entendu parler ?
ou bien sont-ils partis sur un coup de tête, un coup de cœur ?
C’est en tous cas un départ en urgence.

Ailleurs, l’évangile nous dit qu’il faut suivre Jésus sans dire adieu aux siens,
sans finir de labourer son champ… Changement de vie, déplacement là encore.
Ceux qui étaient au bord de la mer de Galilée s’en vont sur les routes :
un appel, quelques mots… Comment être disponible, à l’écoute pour entendre
nous-aussi ces quelques mots qui mettent en marche ?
Dieu est en attente de notre réponse, Dieu présent parmi nous : le Royaume est proche.

Hélène Perrin

Homélie

Voici donc le texte du prophète Isaïe, une fois encore, que nous avons entendu dans la nuit de Noël.
Vous avez constaté que ce matin le texte s’arrête « au rappel du jour de Madiane »,
il n’est pas question d’un enfant qui nous est né, d’un fils qui nous a été donné !

Alors, reprenons le texte tel qu’il nous est proposé ce matin.
En suivant le récit nous pouvons constater
que nous assistons à un changement, un bouleversement :
– il s’agit de honte qui cède la place à la gloire
– il s’agit du peuple qui marche dans les ténèbres, les ténèbres de la mort,
qui sort de sa torpeur et de son aveuglement pour accueillir et contempler
« une grande lumière qui vient nous envahir »

Il est bon de nous souvenir que « le peuple libéré »,
après sa longue marche arrive en Terre promise et que pour certains, c’est le temps de la pause,
du « laisser-aller », et aussi le temps de reprendre les vielles habitudes : se tourner vers les dieux !
Et alors, la cohésion du peuple de Dieu laisse à désirer.
L’Alliance de Dieu avec son peuple est vraiment fragile !

Dans leurs errements, Nephtali, Zabulon et les tribus d’Israël, sont isolées,
malmenées, terrassées, par les ennemis, les étrangers, spécialement dans le nord du pays.
Dieu abandonné par les siens, abandonnera-t- il son peuple ?
Nous pouvons constater qu’il y a bouleversement, le texte nous parle de lumière,
et de la joie que le Seigneur nous confie, cette joie qui est comme la moisson :
ce moment où nous pouvons saisir les fruits de notre travail,
mais aussi tourner une page, quitter hier et nous engager avec confiance pour l’avenir !
et nous savons dans notre pays que la moisson revient chaque année.

L’exemple du jour de Madiane nous est donné pour comprendre ce bouleversement, cette ouverture.
Il nous faut aller voir au Livre des juges, ch.7,
il s’agit de cette période entre l’arrivée en Terre promise et l’institution de la royauté.
Le peuple est découragé, abattu, il se croit abandonné de Dieu en raison de toutes ses infidélités…
et Dieu va choisir un homme, Gédéon, pour dire que Dieu est toujours fidèle
et faire comprendre que dans le cœur de chacun il y a cette petite lumière,
il y a cette certitude que notre Dieu est le Dieu de la vie et non de la mort.

Gédéon a une idée lumineuse, aller dans le camp des madianites de nuit,
avec une centaine de compagnons, pas de trop,
ce n’est pas le nombre qui fait la force, mais la confiance.
Les 100 compagnons, au signe de Gédéon, allument chacun sa torche et sonnent du cor.
Ce peuple qui semblait marcher dans les ténèbres, apporte la lumière,
une telle lumière que les madianites en sont aveuglés, et que le camp est complètement ravagé.

Notre Dieu est le Dieu de l’Alliance pour tous, Lui est toujours fidèle :
la grande lumière nous est confiée !
Elle peut briller dans le cœur de chacun, et au sein de nos communautés humaines.

Gérard Wybo

Envoi

Le Royaume est tout proche.
Si nous lâchons tout pour suivre le Christ, si nous devenons ces pêcheurs d’hommes,
alors nous verrons la lumière du Christ à travers les ténèbres,
nous serons porteurs de cette joie que Dieu nous promet.

C’est cela la vocation de tout baptisé.
Alors oui, prenons la route et vivons en enfants de lumière.

Christ nous invite à tout lâcher pour le suivre et pour devenir des pêcheurs d’hommes.

Vincent Moreau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *