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Le sanctuaire de Dieu, c’est vous

 

… car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

Dimanche, 19 février 2017

PREMIÈRE LECTURE « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 1-2.17-18)
PSAUME (Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13)
DEUXIÈME LECTURE « Tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 16-23)
ÉVANGILE « Aimez vos ennemis » (Mt 5, 38-48)

Mot d’accueil

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous,
les fidèles de la Communauté, et les amis de passage.

Les textes du jour sont dans le prolongement des deux derniers dimanches.
Nous sommes toujours dans la suite des Béatitudes
et le Christ continue d’interpréter pour nous les commandements de la Loi.

Aujourd’hui, il nous demande de ne pas riposter aux méchants,
d’aimer ses ennemis, de prier pour ses persécuteurs.
Devant ces paroles difficiles, nous avons eu une discussion intense, passionnée
et passionnante au cours de la réunion de préparation de lundi dernier.

Nous voulions en particulier éviter l’écueil d’une lecture moralisatrice,
insistant sur ce que nous devons faire et surtout, et surtout,
nous culpabilisant de ne pas réussir à le faire.
Je ne sais pas si nous y parviendrons totalement,
tant nous sommes imprégnés depuis 2 000 ans de cette lecture,
mais c’est pour cette raison que nous avons choisi comme phrase du lutrin
ce passage de Paul « le sanctuaire de Dieu, c’est vous ».

Car c’est cette dimension qui nous a semblé la plus importante dans les textes du jour :
nous ne pourrons jamais agir comme le Christ nous demande d’agir
si nous sommes pas, d’abord, conscients que Dieu a choisi d’habiter en nous,
au point de faire de nous son propre sanctuaire.
Elle est là la folie pour les hommes : Dieu nous aime tels que nous sommes,
avec nos faiblesses, nos limites et nos défaillances,
sans distinction entre les bons et les méchants, et il a choisi d’habiter chez nous et en nous.

Alors ce matin, pour nous rapprocher de Dieu,
accepterons-nous de prendre le risque de devenir fous comme lui ?

Vincent Moreau

INTRODUCTION AUX TÉMOIGNAGES

Oui, c’est vrai ce texte du livre des lévites et cet Évangile de Saint Mathieu,
sont des textes difficiles, comme l’a dit Vincent tout à l’heure !

Oui, c’est vrai, ces textes posent de nombreuses questions.
Le début du texte de l’évangile est important car il nous parle de la loi du talion :
« Oeil pour œil, dent pour dent ». Et c’est contre cette loi du talion,
que Jésus s’insurge avec tant de force, et semble-t-il,
comme s’il voulait en prendre le contre pied, point par point.

On sait que cette loi du talion, sensée être plus juste,
institutionnalisait, en fait, la vengeance en système absolu,
ce qui conduisait tout droit à des violences et à des contres violences n’ayant jamais de fin.

Mais, là ce que nous demande Jésus, paraît déroutant, presqu’impossible.
Et nous savons, ce que des paroles comme celles-ci,
peuvent provoquer en nous, de dualité, de culpabilité…

Cet Évangile, nous plonge de fait, directement au cœur de toutes les questions
extrêmement importantes, au sujet de l’amour et de la haine,
de l’acceptation ou pas de l’autre dans toutes ses dimensions,
de la vengeance, et de tous les sentiments difficiles qui peuvent nous traverser,
en tant qu’être humain.

Cela pose également, en filigrane, la difficile et délicate question du pardon, par exemple.
Et enfin, cela met en avant la question de la violence et de la non-violence.
La non-violence, qui a une place centrale dans l’évangile.
Les béatitudes, en sont une démonstration lumineuse :
« Heureux les doux car ils recevront la terre en héritage,
heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu ».

Jésus est aussi celui qui n’a pas voulu du pouvoir humain,
celui qui luttait contre les injustices.
L’épisode de la femme adultère est aussi remarquable :
»Que celui d’entre vous qui est sans péché, lui jette la première pierre ».

La non-violence est présente également dans toutes les grandes religions.
Le terme de non-violence a été initié par Gandhi,
qui a été lui-même, à la fois influencé par les évangiles et l’hindouisme.

Question :
Comment accepter cette omniprésence de la violence sous toutes ses formes ?

C’est souvent au cœur des situations les plus douloureuses
ou les situations de chaos, comme les conflits, les guerres,
les luttes pour les droits de l’homme,
que chacun à sa façon peut-être amené à chercher des voies de conciliation,
et de dépassement de soi-même, pour transcender cette violence,
ou, la difficulté de communication avec l’autre.

Mais la non-violence ou la paix, ou quelque soit le mot que nous voulions employer,
n’est ce pas aussi l’affaire de tous ?

Même si c’est un défi difficile, qui demande de l’attention, de la persévérance, de l’écoute.
Tout est lié en ce qui concerne la non-violence, tous les niveaux de la vie humaine,
sans oublier le respect de la Terre, notre maison commune, comme le dit le Pape François,
dans son encyclique sur l’écologie, « Laudato si ».

Sont apparues aussi dans les années 70, des techniques de communication
« non violentes », qui mettent en évidence, combien le langage,
les mots que nous choisissons, et notre façon de communiquer
peuvent influer sur la pacification de nos relations avec les autres.

Nous avons choisi, lors de la préparation, de cette célébration
de laisser la place aux témoignages : Eliane, Claude et Damien,
vont nous parler de situations concrètes et actuelles pour illustrer cet évangile,
autour du thème : « À l’épreuve de la non-violence ».

Sylvie FAYE

Témoignage

Le 21 décembre dernier, la Fédération protestante de France a reçu le maire d’Alep Est.

Le témoignage porté par cet homme sans haine, à la voix calme,
que nous transmet la revue Evangile et Liberté de février,
est pour moi en pleine consonance avec l’évangile de ce jour.

Sa vision pour l’avenir de sa ville est un chemin, dit-il,
pas une vérité imposée mais une construction raisonnée.

Ce chemin vers la paix paraît loin
– il n’élude pas les crimes commis et la nécessité de la justice -,
mais il habite la pensée et le cœur d’hommes et de femmes de bonne volonté,
prêts à construire cette paix.

Eliane Bruard

Envoi

Le sanctuaire de Dieu n’est pas dans nos églises,
enfermé dans de vieilles pierres,
non, c’est nous.

Etre chrétien, ce n’est pas uniquement de se retrouver dans un lieu pour prier et célébrer,
c’est au contraire être envoyé dans le monde,
puisque nous sommes tous porteurs de Dieu en nous.

Soyons fous. Soyons fous d’oser des comportements radicalement nouveaux.
Soyons fous de répondre à la violence par la non-violence.
Soyons fous d’aimer nos ennemis.

Ce n’est pas évident, ce n’est pas facile,
ce n’est pas donné à tout le monde,
mais cela vaut le coup d’essayer.

L’Esprit de Dieu habite en nous et ne nous abandonnera pas.

Vincent Moreau

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