Le Seigneur est mon berger

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Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.

Dimanche 22 juillet 2018

PREMIÈRE LECTURE (Jr 23, 1-6)
« Je ramènerai le reste de mes brebis,
je susciterai pour elles des pasteurs »
PSAUME (Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)
Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
DEUXIÈME LECTURE (Ep 2, 13-18)
« Le Christ est notre paix :
des deux, le Juif et le païen,
il a fait une seule réalité »
ÉVANGILE (Mc 6, 30-34)
« Ils étaient comme des brebis sans berger »

Commentaire des textes

Le texte de Marc que nous venons de lire peut nous laisser sur notre faim. Jésus emmène ses apôtres, pour se reposer après le travail fatiguant d’enseignement que ces derniers venaient d’accomplir. Mais la foule ne les lâche pas ; les gens accourent de partout pour les rejoindre dans un endroit désert. Ils accourent de toutes les villes dit Marc ; sans doute exagère-t-il ce grand nombre, qui explicite aussi le récit suivant, la multiplication des pains et les nombreux couffins de pain et de poissons, en surplus ; mais ce dernier texte sera pour un autre dimanche. Or, dit Marc, Jésus pris de compassion, parce qu’ils étaient des brebis sans pasteur, se mit à les enseigner longuement (longuement, un mot qui exprime la grande attention, la pédagogie à laquelle Jésus a recours).

Mais avant d’aller plus loin, posons-nous la question de ce qu’est un berger, un pasteur ? Selon le dictionnaire Robert, c’est celui qui garde les brebis, qui fait paître le bétail, celui qui veille sur leur condition de brebis (nourriture, sécurité, maintien en troupeau) ; ce troupeau, c’est sa raison de vivre ; ainsi les connait-il chacune par leur nom. Dans l’Ancien Testament, les prophètes annoncent que Yahvé promet de rassembler son peuple, en envoyant un nouveau pasteur ; celui-ci rassemblera tous les peuples, propos que reprendra Paul sous une autre forme, mais nous allons y revenir.

Jésus se mit donc à les enseigner longuement, mais dans ce texte, on n’en sait pas plus sur ce qu’il va leur dire. Alors dans les textes du jour, c’est Paul qui prend le relais, Paul qui a pris le temps de s’approprier et mûrir l’enseignement de Jésus, inspiré, n’en doutons pas, par une incursion de l’Esprit Saint pour proclamer concrètement la Bonne Nouvelle, bien au-delà du peuple juif.

Avec quelle force ? « Juif et païen, vous qui étiez loin autrefois, devenaient une seule réalité dans le Christ, notre paix, réconciliant les uns les autres en sa personne… Il a tué la haine ». N’est-ce pas une déclaration bousculante pour ce monde de l’époque, et pour notre temps présent, qui va bien au-delà de l’attention portée à chacune des brebis, en leur proposant un chemin, et une finalité, la réconciliation en Jésus. Jésus réconcilierait alors les juifs constituant le peuple, qu’il soit en Israël ou à travers la diaspora, les chefs religieux qui l’ont poursuivi de leur haine, les colonisateurs romains et leurs collaborateurs, les esclaves, et tout païen quel qu’il soit ! Un pari, non une espérance, mieux encore une certitude à terme, si toutefois nous adhérons. Relu dans le contexte d’aujourd’hui, il semble que cette proposition est toujours à l’œuvre.

Bien sûr les guerres, les luttes ethniques, les clans qui s’opposent, les idéologies rigides, socle de divisions, les injustices sociales, les faux prophètes, sont toujours très actifs. Mais aussi les constructeurs de paix, qu’ils soient politiques ou religieux, qu’ils soient impliqués pour une justice économique et sociale plus manifeste, ou qu’ils vivent d’amour, normés ou non, sont eux aussi bien actifs, qu’ils se référent ou non à Jésus Christ. Nous avons cette chance en tant que croyant, de trouver sens et force dans Jésus Christ, pour dépasser ce qui sépare, pour alléger le fardeau des prescriptions et certitudes qui entravent l’émergence des actes d’amour, et construire ainsi la paix. La paix proposée par Jésus Christ est sans cesse à construire et reconstruire, au risque de voir combattu et rejeté nos actions, et plus largement celles des faiseurs de paix, tout comme Jésus a connu le rejet ; plus encore, ce fut une tentative d’abolition de son enseignement en empêchant sa concrétisation, par sa condamnation à mort ; mais cette tentative a échoué.

Notre contribution à cette paix est un apport souvent bien modeste, là ou concrètement nous sommes enracinés, dans notre entourage immédiat, dans nos communautés d’appartenance, au sein de nos implications. Ne sommes-nous pas appelés à revisiter les inévitables opinions et convictions que chacun véhicule, bases de malentendus ou pire de conflits, faute de les réinterroger, dans la foi ce que nous enseigne l’Évangile. Une paix parce que nous pouvons dépasser nos cultures réciproques, nos implications, non pour les renier, mais pour partager et célébrer à partir de ces différences, nos vécus diversifiés de foi en Jésus Christ.

Sans doute, l’Esprit Saint, ou autrement formulé, la personne qui est l’amour entre Dieu Père et Jésus Christ son fils, est à l’œuvre, pourvu que nous lui donnions sa place.

En conclusion rappelons ce dont Paul témoigne avec force « Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. »

André Letowski

PRÉFACE

Nous te rendons grâce Dieu notre Père d’avoir créé le monde avec sagesse et par amour. Par ta Parole tu fis l’univers, et tu fis aussi le shabbat pour que l’homme trouve le repos. Repos dans le lâcher prise de ses travaux et tourments des six jours de la semaine. Entrée dans ton repos et la communion avec toi. Oui, l’homme est fait pour le repos aussi, qui n’est ni facilité, ni paresse, mais le temps où tu lui redonnes ton souffle pour achever la création. Le monde attend encore la révélation en plénitude de tous les fils et filles d’Adam.

Nous te rendons grâce pour avoir libéré ton peuple Israël de la maison de servitude. Tu l’as fait sortir d’Egypte, tu l’as mené au désert, tu as formé ton troupeau comme un peuple. Tu les as guidés avec sûreté, et ils n’ont pas tremblé quand la mer s’est déchaînée. Tu es leur berger.

Tu les as conduit à ta montagne sainte, tu leur as donné tes paroles de vie, tu as ouvert des chemins devant eux. Plus tard, par tes prophètes tu corrigeais les mauvais pasteurs, et ceux- là annonçaient que c’est toi le vrai berger qui fait paître ton troupeau. Tu es celui qui conduit au repos dans les verts pâturages. Tu es le berger d’Israël.

Nous te rendons grâce pour ton fils Jésus le Christ, ton bien aimé. C’est lui que tu nous donnes et c’est lui qui se donne. Il est le berger de toute l’humanité. Il est le pasteur et le gardien du troupeau. Il veille à ce que pas un ne s’égare, il cherche la brebis perdue. Il la prend sur son cœur. Il rassemble et il conduit aux sources de la vie. C’est lui qui dit aussi : venez à l’écart vous reposer un peu.

Dans sa Pâque il construit l’humanité en corps du Christ. Non seulement il annonce la paix, mais il la réalise, parce qu’en sa personne il a tué la haine, et il livre l’Esprit.

Nous te rendons grâce pour le don de ton Esprit, l’Esprit de ton Christ. C’est par lui que nous te connaissons, par lui que nous t’aimons. C’est lui qui nous donne de vivre l’amour entre nous, l’amour mutuel : avec nos différences, il nous fait progresser dans la réconciliation et la communion.

Dans cet Esprit, Seigneur, nous chantons ta gloire. SANCTUS

Nicolas Guerin
Nous te prions sous l‘évocation du Christ que nous rassemble

Il y a un peu plus d’an an la Colombie a signé des accords de paix avec la guérilla des Farc mettant ainsi fin à un conflit armé vieux de plus de un demi siècle. Le chemin vers la paix a été très difficile, le pays ne s’est pas encore réconcilié et la récente élection présidentielle qui a porté au pouvoir un président d’extrême droite n’augure rien de bon pour la futur de la paix. Seigneur Tu est venu nous rassembler dans ton amour, nous te prions pour que les Colombiens, à ton exemple, ils tuent la haine, sachent vivre fraternellement et puissent construire un pays en paix. Dans ta miséricorde Seigneur entends notre prière.

Le Christ nous rassemble

Au Moyen orient, la possibilité de mettre fin aux plusieurs conflits s’éloigne chaque jour. En Syrie, au Yemen, en Palestine,……. A Gaza, qui souffre d’un blocus imposé par Israël depuis 12 ans, la population a décide de protester massivement tous les vendredis pour demander la fin de blocus et la liberté de retour des réfugies. Depuis le mois de mars, aux yeux du monde entier, plus d’une centaine de palestiniens ont été tués y des milliers blessés gravement et cela continue…Seigneur nous te prions pour ces peuples, qu’ils puissent tuer la haine et se reconnaître en frères. Seigneur dans ta miséricorde entends leur cri et notre prière.

Le Christ nous rassemble

Finalement, nous te rendons grâce pour toutes les personnes que ici et ailleurs œuvrent pour la paix, pour la justice: les sauveteurs des migrants dans la Méditerranée, les bénévoles dans les associations, dans les hôpitaux, les médecins qui soignent en zones de guerre et tant, tant d’autres. Nous les confions à ta protection Seigneur pour qu’il puissent continuer leur action fraternelle. Seigneur dans ta miséricorde entends leur cri et notre prière.

PRIÈRE EUCHARISTIQUE

Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions : Sanctifie ces offrandes…

En faisant mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous l’annonçons en ce jour : le feu de ta Pâque allume aujourd’hui un chant d’espérance dans nos vies et dans notre prière pour la vie du monde.

Donne- nous ton Esprit Saint, l’Esprit de ton Christ, pour rejoindre les artisans de justice et de paix, et ouvrir des chemins d’écoute de la Parole de ton Fils à tous ceux qui veulent un monde plus digne de l’homme.

Nous ne voulons pas être un non- peuple comme disent tes prophètes, marqué par le manque de liberté, l’absence de fécondité, le repli sur soi.

Nous voulons participer au premier matin du Fils de l’homme, espérer l’aube de temps nouveaux pour toute l’humanité, et y travailler, pour que ton règne arrive.

Nous ouvrons les portes de ton enclos quand nous vivons l’accueil dans ta communauté du Centre pastoral.

Quand nous sommes engagés dans la solidarité et le partage
Quand nous écoutons la souffrance des migrants, des personnes sans papiers, des fragiles, des exclus
Quand nous rejoignons les chercheurs spirituels, et aussi ceux qui cherchent ton visage dans le visage de l’homme, dans ses actions justes, dans ses manifestations culturelles, dans ses créations artistiques.

Donne nous Seigneur, donne à ton Eglise, non seulement d’interpréter la vie, mais aussi de l’inventer.
D’assumer les contradictions,
De résister aux provocations,
De renoncer aux jugements,
De chercher la fraternité et l’amour, même de l’adversaire.

Vienne ton jour Seigneur, vienne le temps de nos soleils, donne à ta communauté ici rassemblée, d’aller plus loin au souffle de ta Pâque. Car en toi est l’éveil et se lève tout ce corps que nous formons déjà ensemble.

PAR LUI, AVEC LUI ET EN LUI…

Nicolas Guerin

Conclusion

Serons-nous disponibles cette semaine, pour œuvrer à la réconciliation du juif et du païen comme le proposait Paul ? Ne sommes-nous pas invités au cours de cet été, au sein de nos familles, de nos partages estivaux entre amis, au cours de rencontres nouvelles, à témoigner de la paix de Jésus Christ. Comment entre nous vivre plus avant la fraternité ? Membres du centre pastoral de St Merry, nous sommes invités à répondre aux 4 questions que l’équipe pastorale vient de vous envoyer autour de la thématique de la gouvernance à St Merry.

Appelons l’Esprit et la bénédiction de Dieu pour ne pas manquer ces moments uniques.

André Letowski

 

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