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Le Seigneur est mon berger

Moi, je suis venu
pour que les brebis aient la vie,

la vie en abondance.

Dimanche 7 mai 2017

PREMIÈRE LECTURE

« Dieu l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 14a.36-41

PSAUME

Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes » (1 P 2, 20b-25)

ÉVANGILE

« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)

Commentaires des textes de l’évangile de Jean et de l’épitre de Pierre

Sur le pupitre, vous avez lu « le Seigneur est mon berger »
Que de fois n’a-t- on pas lu, chanté, vu en tableau, en sculpture, en vitraux
« Jésus berger, Jésus Bon Pasteur »;

est-ce un propos devenu, pour nous, banal ?
C’est autour de cette affirmation que va s’organiser mon commentaire
qui est aussi bien sur celui de la très petite équipe de préparation
(nous étions 4 dont Daniel notre pasteur, Félix qui anime les chants et Pierre)

Jésus utilise l’image du berger et de son troupeau,
voyant que les pharisiens ne comprennent pas ses propos ;
il essaie de leur faire entendre quelle est sa mission en tant que prophète,
soucieux de relier à Dieu Père, au-delà des rites.
Allons-nous être sensibles à cette image du berger et de ses brebis,
et entrer dans le message que Jésus tente de nous délivrer ?

« Ses brebis, il les appelle chacune par leur nom »
… dit le texte de Jean et encore « les brebis écoutent sa voix »

Je ne résiste pas à faire état d’une autre comparaison,
celle de l’éleveur et de ses vaches, de ses chèvres ou de ses moutons ;
je suis né en milieu rural, dans un environnement familial et amical agricole.
La relation entre l’homme et ses animaux me parle, a du sens pour moi ;
je pense ici aux vaches de mon oncle ou celles de bien des amis de la famille,
mais aussi aux moutons qu’avait mon père.

A cette époque les uns et les autres les connaissaient chacune par leur nom
(pour les vaches, la rousse, la blanchette…) ; ces animaux savent qui est leur « maitre » ;
ils répondent à sa voix qu’elles connaissent et pas à celles d’autres personnes.
Ils vont là où leur maitre les conduit ; et pas seulement de façon moutonnière ;
le maitre leur porte une forte attention
pour que chacune suive et aille vers l’endroit où il y a de quoi se repaitre ;
il ne les emmène pas vers des endroits arides et sans nourriture !
Et puis, c’est toujours un moment difficile quand une bête doit être vendue ou meure ;
ce n’est pas seulement une question financière, mais un lien rompu.

Revenons à notre texte après cette escapade rurale
qui illustre le lien entre Jésus, le berger et ses brebis.
D’ailleurs, ne trouvez-vous pas intéressant que l’on appelle pasteur,
celui qui préside et unit la communauté ?

Jésus dit encore « je suis la porte ». C’est quoi une porte ?
une formulation symbolique utilisée par beaucoup de cultures différentes :
la sublime porte de Topkapi,
porte d’honneur monumentale du grand vizir à Constantinople,
les portes des temples dans de nombreuses cultures indoue, chinoise,
khmers et leurs gardiens, les portes du pays dogon…et tant d’autres.

La porte, c’est le passage obligé pour aller d’un endroit à un autre,
mais aussi pour passer du connu à l’inconnu, passer du « matériel » au spirituel,
un passage à franchir vers un certain mystère ;
un passage que nous faisons aux cotés de beaucoup d’autres humains,
mais avec notre particularité, l’adhésion à Jésus-Christ.

Jésus n’est pas le portier mais la porte à travers laquelle nous devons passer
pour être sauvé, accéder à la révélation, vivre en toute plénitude ; rien que cela !
Regarder les portes des cathédrales, lieu d’enseignement
où le Christ souffrant, juge, en gloire est représenté ; elles ne disent pas autre chose.

Une chance inouïe nous est donc proposée, mais un chemin exigeant,
dont on peut être détourné par le voleur, le bandit de l’évangile ;
certes pour le démasquer, les brebis savent que ce n’est pas la voix de leur berger.
C’est qu’elles sont bien en phase avec leur berger ; elles sont sûr de lui.
Mais combien nous et nos concitoyens, sommes dupés par de faux prophètes
qui ont compris notre soif de bonheur rapide, de réussite au sein de la société,
d’explications simples, et ce pour leur seul bénéfice.

Alors comment reconnaitre le vrai berger ?
Sans doute, dans un autre évangile, faut-il se souvenir de ce berger
qui part à la recherche de la brebis perdu.
Allons plus avant avec Pierre Il nous rappelle que Jésus a souffert,
a fait don de sa vie, pour que nous ayons la vie en abondance.
Il l’a fait sans petits arrangements avec son confort,
parce que l’amour qu’il porte à son Père, au peuple juif
et à chaque femme et homme de ce peuple, l’y conduisait.

«il nous a guéri pas ses blessures » dit encore Pierre,
lui qui a renié Jésus dans les moments les plus rudes ; il sait de quoi il parle !
C’est à ce don que nous reconnaissons le véritable pasteur ;
les brebis ne s’y trompent pas pour reconnaitre ce vécu authentique,
cet amour sans limite, de bout en bout.

Pierre nous dit aussi qu’il nous faut suivre les traces de Jésus,
suivre son modèle, oser trouver notre propre chemin, fut-il difficile ;
un chemin qui passe par la porte qu’est Jésus pour déboucher sur de verts pâturages,
sans doute pas ceux que nous avions antérieurement imaginé.
Pour cela, Jésus nous propose de nous en remettre avec confiance à l’Esprit Saint,
le souffle de vie, qui nous orientera si nous le sollicitons.

Nous voilà, une fois encore,
invités à rendre plus vivantes les paroles de la prière eucharistique
« faites ceci en mémoire de moi » ;
nous sommes invités à nous remémorer notre chemin,
à reconnaitre l’amour et à la vie abondante qu’il nous a donné, qu’il donne à tous ;
nous sommes invités à le célébrer en communauté, ces chemins différents
qui confluent vers Lui, notre Référent.

Alors redisons une fois encore :
le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.

André Letowski

Prière universelle

Quel exemple suivre,
celui de gourou, de sage, de philosophe,
d’homme de Dieu, de Jésus Christ ?
Ces élections témoignent de la difficulté dans le choix
auquel nous sommes amenés à nous impliquer ?
Et plus largement, dans tous nos choix de vie.
Prions pour que chacune et chacun,
membres des églises chrétiennes ou non,
trouvent le juste accompagnement, et l’éclairage
qui leur permet de s’accomplir
dans leur propre chemin de vie.

Avons-nous la vérité,
parce que nous disposerions d’une légitimité à imposer nos choix ?
Prions pour que ces choix, en ce temps d’élection,
mais plus largement encore en ce qui concerne des décisions
importantes pour notre société,
soient guidés par l’écoute des uns et des autres,
l’approfondissement de nos convictions,
le souci de construire ensemble,
et in fine soient inspirés par la façon dont Jésus a vécu.

André Letowski
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