« Le Seigneur m’a saisi »

12 juillet 2015
15ème dimanche du Temps Ordinaire
Année B

En ce temps-là,
Jésus appela les Douze ;
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,
mais seulement un bâton ;
pas de pain, pas de sac,
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales,
ne prenez pas de tunique de rechange. »
                                                                               (Mc 6,7-9)

Introduction – entrée en prière par le chant

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue, en particulier à celles et ceux qui nous rejoignent pour la première fois. Vous êtes ici chez vous, dans cette communauté de Saint-Merry qui vous accueille aujourd’hui.
Et comme tous les chrétiens du monde entier qui se réunissent ce matin pour célébrer le Christ, nous sommes rassemblés au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
C’est aujourd’hui le 15ème dimanche du temps ordinaire, et pourtant, c’est loin d’être un dimanche ordinaire.
D’abord, parce que nous avons célébré vendredi dans cette église les obsèques de Xavier de Chalendar, qui a fondé il y a 40 ans le Centre Pastoral Halles Beaubourg, à la demande du Cardinal Marty. Je suis trop récent dans la Communauté pour l’avoir connu personnellement mais son visage bienveillant m’était devenu familier chaque dimanche, et je me souviens qu’il était encore parmi nous dimanche 28 juin, lorsque Jacques a passé le témoin à Daniel. Jusqu’à son dernier souffle, Xavier est resté présent dans notre Communauté, et je suis heureux qu’il ait pu assister à cette messe qui marque une nouvelle étape dans notre chemin.

Ensuite, parce que les textes du jour font écho à ces chemins sur lesquels le Christ nous envoie.
« Le Seigneur m’a saisi » : voilà la phrase que nous avons choisie pour le lutrin. Mais si nous sommes saisis par le Seigneur, ce n’est pas pour rester figés, tétanisés. Au contraire, la Parole que le Christ nous adresse avec autorité nous met en route, nous envoie dans le monde témoigner de sa présence et de sa bonne nouvelle.

Mais quels sont les démons d’aujourd’hui que nous voulons expulser ? Quels sont les malades d’aujourd’hui que nous voulons guérir ? C’est à nous d’inventer les chemins nouveaux qui disent la présence de Dieu dans le monde d’aujourd’hui : c’est la vocation toujours renouvelée du Centre Pastoral Halles Beaubourg.
Alors, soyons ces pèlerins au départ, sur le pas de la porte, car l’Evangile est gravé dans nos cœurs.

Vincent Moreau

Evangile : Partez !

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« Partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage ».
Ce geste d’une certaine violence montre qu’un témoignage n’est pas n’importe quoi : on n’est pas compris : on part, sans même emporter la poussière de la maison !

Qu’est ce que c’est que ce témoignage ?

De quoi les apôtres témoignent-ils par ce geste ?
C’est par un geste et non des paroles qu’ici ils témoignent. Mais alors le témoignage serait-il plus de l’ordre des gestes, des attitudes que des mots ?

De quoi et comment devons nous témoigner ?
Et qu’est-ce qu’un témoignage, alors ?

Ma manière de vivre, ma vie en elle même est la juste image de ce que je suis.
C’est peut être ça le témoignage : des gestes et des actes. Ils sont pour moi plus justes que des paroles pour dire ce qui m’habite et me fait vivre. Les mots ne me suffisent pas, ils sont souvent trompeurs, chargés d’hypocrisie ou d’amour propre mal placé, maladroits parfois même blessants.

Pour moi le premier témoignage est de vivre, de montrer que je suis une vivante : celle qui aime la vie avec toutes ses horreurs et toutes ses joies.
Aimer la vie, d’abord parce qu’elle m’est donnée, même si je n’ai pas demandé à naître comme le disait si souvent Joseph Pierron.
Aimer la vie parce qu’on peut partager ce bonheur, ou ce malheur de vivre. Le partager gratuitement sans avoir à en donner ou dire l’origine.
Si je me reconnais vivante c’est bien parce que le Christ, lui, est ressuscité et qu’il nous offre sa liberté. La liberté de Le reconnaître, de Le nommer à ceux qui veulent l’entendre et à Le taire pour d’autre parce que ce n’est peut être pas leur chemin.

Le taire de mots mais le vivre au travers de l’expressions artistique quelle qu’elle soit. Pour moi, c’est là que tout peut se dire sans mot.
Chacun, si il le désire, peut ouvrir son esprit et son cœur, se laisser toucher par une expression artistique et entendre ce qui se dit de ce côté là.
Le témoignage n’est plus fait de mots rapportés mais bien d’expressions de vie portées par la vérité la plus juste de l’être.

« Si nous ne montrons pas la beauté par la façon dont nous nous traitons l’un l’autre, alors aux yeux du monde et aux yeux de nos propres enfants, nous détruisons la vérité que nous proclamons. » A dit…je ne sais plus qui !

Florence Carillon

Préface : Dieu est partout

Père ,
Ton fils savait te trouver partout
Partout où le cœur d’un homme, d’une femme ou d’un enfant, appelle une vie meilleure
Ton fils a envoyé ses amis deux par deux te chercher partout
Partout dans les cœurs qui les attendaient
Qui les espéraient

Ils n’avaient aucun argent dans leur ceinture, aucun manteau de rechange
Mais ils n’avaient non plus, aucune vérité, aucune réponse toute faite,
Ils regardaient et se taisaient, ils n’avaient rien à donner
Ils écoutaient et remerciaient, ils emportaient la foi et l’espoir de leurs nouveaux amis
Ils ont rencontré des pauvres, des boiteux et des paralysés
Des hommes et des femmes perdus et abandonnés
Avec eux ils inventaient une existence nouvelle, la vie nouvelle
Nous rencontrons des émigrés, des chômeurs, des victimes de discrimination
Des hommes et des femmes perdus et abandonnés
Nous rencontrons et emportons leur obstination et leur courage
La force invincible de leur combat pour la vie
Avec eux nous inventons une existence nouvelle, la vie nouvelle
Ton fils vivant envoyait ses amis rencontrer la vie
Tu nous donnes aujourd’hui de partager la vie de ton fils avec tous ceux que nous rencontrons

Jacques Mérienne

Envoi

Envoi

Forts de sa Parole et nourris de son Pain, nous sommes maintenant envoyés dans le monde pour y témoigner de son amour.
Même si nous sommes dispersés, chacun dans nos familles, dans nos activités, dans nos engagements, nous restons unis par ce que nous vivons chaque dimanche, par ce sacrement de l’Eucharistie que nous avons reçu, par cette communion au même Pain qui fait que nous formons un même corps.
C’est pour cela que nous avons chanté « la messe est dite sur le monde ». Alors, Ite missa est ! », c’est maintenant le temps de la mission.

Vincent Moreau

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