Sculpteur canadien Timothy Schmalz Rome place Saint Pierre Photo Nino Adamo

Le Seigneur protège l’étranger

Dimanche 29 septembre 2019

PREMIÈRE LECTURE  (Am 6, 1a.4-7)
« La bande des vautrés n’existera plus »
PSAUME  (Ps 145 (146), 6c.7, 8.9a, 9bc-10)
Chante, ô mon âme,
la louange du Seigneur !
DEUXIÈME LECTURE  (1 Tm 6, 11-16)
« Garde le commandement jusqu’à
la Manifestation du Seigneur »
ÉVANGILE  (Lc 16, 19-31)
« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance »

Journée mondiale du Migrant et du Réfugié

Introduction à la célébration

Depuis 105 ans, régulièrement, dans notre Eglise une journée mondiale est dédiée aux migrants et aux réfugiés. Désormais ce sera le dernier dimanche de septembre, le temps des bonnes décisions de la rentrée. Et comme chaque année, un thème est retenu par le pape François : « Il ne s’agit pas seulement de migrants. » Cette phrase demande à être prolongée, complétée, déclinée et nous ne manquerons pas de le faire, particulièrement dans la prière universelle.
Dès le 27 mai 2019, le pape François a écrit un long message dans lequel lui-même décline ce « Il ne s’agit pas seulement de migrants ». Oui, dit-il, il s’agit de nos peurs, il s’agit de charité, de notre humanité, il s’agit de n’exclure personne, de mettre les derniers à la 1ère place, il s’agit enfin « de toute la personne et de toutes les personnes ! »
Et pour nous, s’il ne s’agit pas seulement de migrants, de qui s’agit-il ? Certes, nous avons bien des idées de réponse « Il s’agit de ceci, de cela… » : c’est facile, nous avons des mots tout prêts dans nos bouches et même, probablement, dits avec sincérité ! Mais ce faisant, ne risquons-nous pas d’être comme à la surface de la vie ?
Tournons-nous alors vers les textes du jour : ils nous parlent de deux situations humaines différentes sinon opposées :
– dans la première lecture –Amos 6 1a, 4-7- le Seigneur voue au malheur ceux qui vivent « tranquilles », dans l’abondance « de viandes, de vins, de parfums, de vêtements de luxe » ;
– dans l’évangile de Luc 16, 19-31, Jésus va plus loin : pour ses auditeurs, des pharisiens, il montre un homme riche, vêtu de pourpre, vivant au milieu de festins, et un autre homme, un pauvre, nommé Lazare, malade, démuni, affamé, et qui gît devant la porte du premier.
Jésus les voit encore après la mort, dans une situation toute autre.

Dans la célébration que nous allons accomplir ensemble, comme il serait bon que la parole vivante nous aide à quitter aveuglement et surdité qui nous laissent « tranquilles », à distance, dans l’ignorance, dans l’indifférence quasi généralisée devant les situations de migrants? Que cette liturgie nous aide à écouter, à entendre « qu’il ne s’agit pas seulement de migrants… » mais de toi, et de toi, et de lui, et de moi, de nous ?  Entrons dans l’écoute de la parole, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

 Envoi

Non, bien sûr, il ne s’agit pas seulement de migrants, il s’agit de nous, femmes et hommes de la terre, femmes et hommes du royaume ! Notre « bon combat, celui de la foi » –comme le dit Paul dans la 1ère lettre à Timothée 6, 11-16 –  nous oblige à la connaissance, l’information, au débat autant qu’à l’action sous les mille et une formes –déjà souvent pratiquées- ; il nous mène surtout à la rencontre de nos frères migrants et réfugiés.
Rencontrer des migrants n’est pas forcément facile, ici, dans le quartier de Saint Merry : ceux qui arrivent en France sont vers Stalingrad, la Porte de la Chapelle.
En septembre 2015, dans l’élan donné par un appel du Pape à loger des familles de migrants, notre équipe pastorale de ce moment avait pris la décision de répondre « oui », et nous tous, ensemble, avions applaudi : nous avons accueilli, rencontré et logé,  en partenariat avec S.N.L. (Solidarités nouvelles pour le logement), une famille éthiopienne qui depuis nous reste proche, tout en s’autonomisant.
Hier, dans le 18ème arrondissement, a été inaugurée par Benoît de Sinéty et de nombreux laïcs de Paris, la Maison de la Rencontre nommée « Joséphine Bakhita ». Une maison : un rez-de-chaussée et deux étages, à aménager encore, à finaliser pour l’accueil des migrants, avec encore des délais pour travaux.
Si nous décidions, ensemble comme il y a quelques années, d’aller là-bas, dans cette maison à la rencontre de migrants et demandeurs d’asile ? Oui, la rencontre ouvre à une relation difficile, savoureuse, complexe ou évidente, enrichissante, une relation de vie.

Céline Dumont

 

Tags from the story
, ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.