« Le Seigneur vous donnera des signes »

La liturgie nous parle aujourd’hui des signes que le Seigneur envoie à son peuple et des réactions de leurs destinataires : certains refusent de les voir ou de les demander, d’autres les acceptent d’avance, même les plus incroyables. C’est l’occasion de se rappeler le dialogue entre le mauvais riche et Abraham dans l’Evangile de Luc : « même si quelqu’un se lève de chez les morts, ils ne seront pas convaincus ». Et nous, laissons-nous Dieu nous parler ? Cherchons-nous à voir l’action de Dieu dans les événements du monde ou dans nos vies quotidiennes ? Cherchons-nous des signes d’espérance ? Quels sont nos prophètes ?

 

Année A
4ème dimanche de l’Avent
Dimanche 22 décembre 2013

 

Lectures :

  • Lecture du livre d’Isaïe Is 7, 10-16
  • Commencement de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains Rm 1, 1-7
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 1, 18-24

 « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »

4e avent

Il y a six mois, Edward SNOWDEN sortait de l’ombre de l’Agence américaine de sécurité nationale – la NSA – en dénonçant la mise en place d’un système mondial de surveillance qui espionne l’ensemble des échanges sur internet. Quelques jours plus tard, menacé d’être jeté en prison, il était contraint de se réfugier en Russie, les gouvernements européens ayant préféré faire la sourde oreille. Or, lundi dernier, quelque chose s’est enfin passé aux Etats-Unis. Un juge fédéral a conclu à l’inconstitutionnalité du programme de surveillance de la NSA. Il explique dans son jugement que l’on ne peut pas imaginer une intrusion plus arbitraire que cette collecte et conservation systématiques de données personnelles sur tous les usagers d’internet. Il y qualifie de « quasi orwellienne » la technologie qui permet un tel programme. Et si c’était le début d’une réelle prise de conscience de nouveaux dangers pour les libertés humaines ?

Vienne, Seigneur, vienne ton jour,
tu feras naître un germe de justice.
Vienne, Seigneur, vienne ton jour,
que notre nuit connaisse ton amour !.

Une nouvelle polémique a éclaté cette semaine après la publication, sur le site du Premier ministre, de plusieurs rapports – d’autres parlent de synthèses d’étape – rédigés par des chercheurs et acteurs de terrain qui avaient été invités à réfléchir à de nouvelles politiques d’intégration des populations d’origine étrangère. Ces documents ont été compris par beaucoup comme une insupportable transgression, la volonté de rompre avec la vision républicaine de l’assimilation. Les préconisations les plus critiquées portent sur le port du voile à l’école, dont l’autorisation est proposée, et plus généralement sur une plus grande prise en compte de la diversité ethnique, culturelle et religieuse du pays. S’y opposent les « républicains » de toutes tendances, qui craignent le développement du communautarisme et militent pour une application rigoureuse du principe de laïcité et des valeurs de la République. Et si cette polémique permettait enfin de prendre conscience qu’il y a mieux à faire que de continuer à jouer à se faire peur ; qu’il faudrait plutôt développer le désir d’apprendre à aller vers l’autre sans s’arrêter aux différences de culture et de religion ?

Vienne, Seigneur, vienne ton jour…
 …que notre nuit connaisse ton amour !

Ces derniers jours, le pape est très présent dans la presse. Dans l’opinion publique, des lignes semblent bouger ; même si cela ne se passe pas sans réactions hostiles chez ceux qui ne veulent pas que le monde change.

Dans son exhortation apostolique « La joie de l’Evangile », publiée fin novembre, François a des paroles décapantes au sujet de l’économie qui mène le monde, la « nouvelle tyrannie invisible du marché ». « Aujourd’hui, nous devons dire non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale ». « Les exclus [n’y] sont plus seulement des exploités, mais des déchets, des restes ». Plus loin, il ajoute que la paix sociale ne peut pas être comprise « comme une pure absence de violence obtenue par l’imposition d’un secteur sur les autres ». Ce serait même « une fausse paix » qui servirait d’excuse pour justifier une organisation sociale qui réduit au silence les plus pauvres et permet à ceux qui jouissent des plus grands bénéfices de conserver leur style de vie sans heurt.

Il n’en fallait pas davantage pour que tout un courant de pensée dénonce cette semaine ses propos, les plus aimables disant que le pape ne connaît rien à l’économie, les plus hostiles le traitant de marxiste. Ce à quoi François a simplement répondu avoir « rencontré de nombreux marxistes qui [étaient] des gens très bien ».

Vienne, Seigneur, vienne ton jour,
tu feras naître un germe de justice…

Après le Time, c’est The Advocate, un magazine gay et lesbien, une institution pour la communauté homosexuelle américaine dit-on, qui a désigné comme personnalité de l’année le nouveau pape. « Si 2013 reste mémorable pour l’action de centaines de personnes qui ont oeuvré pour l’égalité du mariage, elle le restera autant pour l’action d’un seul homme ». Et le journal de rappeler la phrase prononcée par le pape à propos des homosexuels : « Qui suis-je pour juger ? », avant d’ajouter : le pape « n’a pas encore dit qu’il soutenait les unions civiles, mais ce qu’il a dit a déjà amené son église à s’interroger et à réfléchir ».

Olivier


Vienne, Seigneur, vienne ton jour…
 

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Réunis le premier jour de la semaine nous voulons te remercier, Dieu notre Père. Oui c’est le sens de notre assemblée, de notre célébration. Te remercier aujourd’hui pour ces annonces et ces annonciations. L’annonciation à Joseph qui lui ouvre l’horizon du sens et le fait voir, comprendre et engager sa vie pour toujours.
L’annonce d’Isaïe au roi de Jérusalem et à tout le peuple pour leur donner de l’air, de l’espoir et de l’espérance dans la situation d’angoisse totale où ils se trouvent.
Te remercier pour ces prophètes d’hier et d’aujourd’hui qui nous réveillent, nous secouent et nous bousculent par leurs dénonciations et leur cris de gueule, empêchant le train-train paresseux et poussiéreux de notre vie. Ces prophètes qui donnent sens à notre vie, un horizon à notre espérance, une force et une dynamique indispensables, à la vie.
Oui nous te remercions pour l’annonce de la bonne nouvelle que ton fils, notre Seigneur Jésus a faite et fait toujours et encore à tous les hommes, l’annonce de l’inimaginable : ta miséricorde et ta tendresse, ta présence auprès de tous, oui de tous.
Oui, pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.
Voir, lire et comprendre les signes. Ce n’est pas simple. Comment lire et comprendre, comment reconnaître dans le corps déchiré de la croix le grain qui meurt et donne la vie ? Comment reconnaître dans le ressuscité le crucifié ? Comment faire de ce lien le moteur de notre propre vie ? C’est à ton Esprit, Dieu notre Père de faire le nécessaire. C’est Lui qui peut faire aujourd’hui que ce pain et ce vin soient vraiment les signes visibles de la présence parmi nous de ton Fils notre Seigneur Jésus, mort et ressuscité.
Ensemble nous faisons ce que notre Seigneur nous a demandé : le mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, en attendant dans l’espérance et la joie qu’il revienne.
Car, en effet, la route est longue et la traversée difficile. C’est pourquoi nous avons toujours besoin de ton esprit pour qu’il nous accompagne et nous donne son dynamisme en commençant par faire de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, un seul corps et un seul esprit, le Corps du Christ.
Comment pourrions-nous, sans cette aide sortir de nos certitudes, voir les signes d’un autre monde et nous ouvrir à l’inattendu ?
Comment oserions-nous, sans l’Esprit, oublier nos horizons étroits, nos petits pouvoirs hystériquement jalousés et servir modestement ?
Comment pourrions-nous saisir l’étincelle du bien dans le noir de la souffrance et de l’ignoble ?
Comment oserions-nous saisir le beau et le bon au-delà des apparences ?
Sans ton Esprit, rien à faire. Avec Lui tout est possible et notre engagement tient. C’est pour cela que nous te le demandons pour nous, pour l’Eglise et pour tous les hommes.

Jesus Asurmendi

 

Tags from the story
,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.