Le Seigneur vous donnera un signe

« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
    elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Dimanche 18 décembre 2016

1ère lecture : « Voici que la vierge est enceinte » (Is 7, 10-16)
Psaume : Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6
2ème lecture : Jésus-Christ, né de la descendance de David, et Fils de Dieu (Rm 1, 1-7)
Evangile : Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

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Noël approche ! Nous célébrons le quatrième et dernier dimanche de l’Avent.
Toujours avec les mêmes questions :
Qu’avons-nous à craindre ?
Qu’avons-nous à espérer ?
Dimanche après dimanche, nous avons porté cette double interrogation
sur les mouvements migratoires, la préservation de la planète,
le vivre ensemble ou le repli identitaire.

Aujourd’hui, nous mesurerons nos craintes face aux méfaits de la mondialisation,
mais aussi nos espoirs face à ses bienfaits.

En préparant cette célébration nous avons découvert dans les textes proposés
combien ils étaient chargés de crises aussi bien individuelles que collectives,
mais aussi comment ils étaient annonciateurs de nouvelles
qui changent l’avenir pour quelques-uns comme pour tous.

A travers ce que la mondialisation nous faite craindre,
saurons-nous lire les signes des temps et trouver des raisons d’espérer ?
Que faisons-nous pour ne pas subir l’uniformisation,
la standardisation des modes de vie ?
Comment résister à une économie si peu respectueuse de la dignité humaine ?
Comment limiter la financiarisation des échanges ?
Comment réguler l’exploitation des ressources ?

Face à ces questions, chacune, chacun, peut faire quelque chose à sa portée.
Et notre communauté aussi !

Les textes de ce jour nous disent : « Ne crains pas »,
prend une décision, bouge-toi pour faire bouger le monde !

Michel Bourdeau

Commentaire

Il y a beaucoup de similitudes dans les deux textes du jour
et l’Evangile fait d’ailleurs un renvoi explicite à Isaïe.
Et dans le même temps, il y a une différence essentielle :
la réponse de l’homme aux signes de Dieu.

Première similitude : dans les deux cas, il s’agit d’une crise existentielle.

Dans Isaïe, c’est la guerre, avec en jeu la survie de Jérusalem.
Chez Joseph, ce n’est pas moins grave,
car en accueillant chez lui une femme enceinte,
son honneur et sa réputation sont en jeu,
lui qui est de la descendance de David.
Il y a à la clé un conflit moral entre le respect de la Loi,
qui l’enjoint de répudier son épouse
et ses propres principes, qui lui interdisent de la rejeter.

Deuxième similitude : dans les deux cas, il y a un signe de Dieu :
l’annonce d’une bonne nouvelle et de la naissance d’un sauveur.
Un signe à la fois immense (une naissance dans un contexte de crise,
et pas n’importe quelle naissance) et en même temps dérisoire,
car après tout, ce n’est pas une simple naissance
qui va donner la victoire sur l’ennemi.
Et puis, chez Joseph, c’est justement cette naissance annoncée qui est le problème…

Mais par cette annonce, Dieu montre que dans la crainte peut naître une espérance.

La différence majeure réside dans la réponse de l’homme.

Acaz refuse de demander un signe à Dieu,
sous prétexte de ne pas mettre Dieu à l’épreuve.
Résultat, il ne le voit pas, il reste dans sa crainte, il n’agit pas.

L’attitude de Joseph est toute autre : il écoute la parole de l’ange,
il accepte cette nouvelle ahurissante, inconcevable, même si à l’évidence,
il ne comprend pas tout, et surtout, il agit, avec confiance :
il accepte de prendre un risque immense,
d’aller à l’encontre des règles du moment, en prenant Marie chez lui.

La crainte ne peut se transformer en espérance et l’espérance en réalisation concrète
que si l’homme accepte de voir les signes de Dieu et d’y répondre.

Alors, nous sommes, nous aussi, confrontés aux crises du monde :
les guerres, les bouleversements en tous genres, qui nous inquiètent,
qui peuvent nous donner l’impression que notre existence même est en jeu.

Faisons-nous comme Acaz qui a plus peur de Dieu que des tourments de la guerre
ou faisons-nous comme Joseph, qui surmonte sa peur du scandale
pour accueillir la bonne nouvelle ?

Et surtout, acceptons-nous de remettre en cause totalement les normes du temps,
pour ajuster notre vie aux signes de Dieu, pour une vraie présence au monde ?

Voilà les questions fondamentales qui nous sont posées ce matin en cette veille de Noël.

Vincent Moreau

Introduction au texte d’Isaïe 7,1-7

Mondialisation, crise.
Les petits états forment une ligue contre la puissance mondiale du moment.
On est en 735 av. JC. Damas et Samarie, Gaza, Tyr.
Tout ce beau monde veut résister face à Assour.
Ils veulent entrainer Jérusalem avec eux et, pour ce faire, changer de roi et de dynastie.
Les armées de la ligue attaquent Jérusalem.
Panique à bord : le roi et le peuple entier tremblent
comme les feuilles des arbres de la forêt quand souffle la tempête.

Le prophète intervient au nom du Dieu d’Israël : je suis avec vous.
Ils ne pourront rien contre vous. Et voici le signe :
la jeune femme du roi est enceinte et donnera un héritier à la dynastie :
Dieu avec nous : ʽImmanou-El. La promesse sera tenue. Il faut tenir, pour tenir.

Jésus Asurmendi

Intention à la prière universelle

A l’heure de présenter nos demandes, Dieu notre Père,
nous te prions pour l’Eglise répandue et présente partout
et pour l’Eglise qui est à Paris particulièrement.
Que nous prenions tous conscience, viscéralement,
de la responsabilité qui est la nôtre dans la gestion et le soin de la planète,
notre maison commune, et que nous soyons des germes et de semences
qui produisent de l’harmonie et de la justice partout.

Jésus Asurmendi

Prière

À l’heure où montent les craintes suscitées par la mondialisation,
Seigneur donne à ton Église la capacité de toujours se mobiliser
pour être une médiatrice, et une messagère de paix entre les hommes,
comme notre pape François l’a déjà fait entre Cuba et les États-Unis.

Seigneur, nous te demandons de donner à notre communauté la force
de s’inscrire dans un réseau global de solidarité,
comme nous le faisons déjà avec nos amis étudiants palestiniens,
et que par notre solidarité nous participions à remettre l’humain
au centre de nos préoccupations,
afin que de là cent fleurs d’espoir s’épanouissent.
Seigneur, nous te confions notre prière.

Kévin

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

01 Au temps d’Acaz, fils de Yotam, fils d’Ozias, roi de Juda, Recine, roi d’Aram,
et Pékah, fils de Remalyahou, roi d’Israël, montèrent contre Jérusalem
pour l’attaquer, mais ils ne purent lui donner l’assaut.

02 On informa la maison de David que les Araméens de Damas
avaient pris position en Éphraïm. Alors le cœur du roi et le cœur de son peuple
furent secoués comme les arbres de la forêt sont secoués par le vent.

03 Le Seigneur dit alors à Isaïe : « Avec ton fils Shear-Yashoub
(c’est-à- dire : Un-reste- reviendra), va trouver Acaz, le roi de Jérusalem,
au bout du canal du réservoir supérieur, sur la route du Champ-du- Foulon.

04 Tu lui diras : “Garde ton calme, ne crains pas, ne va pas perdre cœur
devant ces deux bouts de tisons fumants,
à cause de la colère brûlante du roi de Damas et du roi de Samarie

05 Oui, Damas a décidé ta perte, en accord avec Samarie et son roi. Ils se sont dit :

06 Marchons contre le royaume de Juda, pour l’intimider,
et nous le forcerons à se rendre ; alors, nous lui imposerons comme roi le fils de Tabéel.

07 Ainsi parle le Seigneur Dieu : Cela ne durera pas, ne sera pas,

08 que la capitale des Araméens soit Damas, et Recine, le chef de Damas,

09 que la capitale d’Israël soit Samarie, et le fils de Remalyahou, chef de Samarie.
– Dans soixante-cinq ans, Israël, écrasé, cessera d’être un peuple.
Mais vous, si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir.” »

10 Le Seigneur parla encore ainsi au roi Acaz :

11 « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu,
au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. »

12 Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas,
je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »

13 Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David !
Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !

14 C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe :
Voici que la jeune femme (l’épouse du roi) est enceinte, elle enfantera un fils,
qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à- dire : Dieu-avec- nous).

15 De crème et de miel il se nourrira,
jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.

16 Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien,
la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon.

17( Le Seigneur fera venir sur toi, sur ton peuple et la maison de ton père,
des jours tels qu’il n’en est pas venu depuis la séparation d’Éphraïm et de Juda).

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu et Père à nous tous. Il n’y a pas que de malheurs.
Nous avons des raisons non seulement pour te demander de nous aider,
d’écouter nos demandes et nos prières mais aussi nous avons des raisons,
autant si ce n’est pas plus, pour te remercier et te louer.
Tu es l’origine de tout ce qui existe, de notre planète, de notre maison commune.
Et même si nous ne sommes pas dans l’émerveillement du printemps
nous te remercions pour l’hiver, le temps de la germination et du repos de la terre,
le temps où les semences travaillent dans le silence et la nuit.
Et dans la contemplation de la création que tu nous as confiée,
nous te remercions pour ce groupe de riches et puissants, dont Bill Gates,
qui ont créé un fonds financier pour investir dans les énergies renouvelables.
Nous te remercions pour ces gens humbles qui là où ils sont, prennent leur part
dans la lutte pour une terre plus solidaire, respectée, vivable et belle pour tous.

Nous te remercions aussi pour tous ceux qui accueillent,
aident et rendent la vie des migrants belle et aimable.
Pour tous ceux qui au niveau du quartier, de la ville, du village,
du lieu de travail tissent de liens d’amitié, de sympathie, d’entraide.
Bref cultivent le bon vivre ensemble. Et même si la mondialisation,
gros mot qui fait peur, est souvent redoutable, nous te remercions
pour les bienfaits qui peut créer au niveau économique, culturel et autres.

Mais surtout nous te rendons grâce, en cette veille de Noël, pour Jésus, ton Fils,
notre Seigneur, notre ʽImmanou-El qui donne sens à nos vies
et à la vie du monde dans le respect de tous et de chacun.
Pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.

Il a été « Dieu avec nous » jusqu’au bout,
jusqu’à ce qui nous touche au plus profond : la souffrance et la mort.
IL l’a acceptée, ton Fils, notre Seigneur Jésus, il l’a assumée cette mort
jusqu’à l’extrême de mourir sur la croix. Qui dit mieux ?

Toi, Dieu notre Père tu as dit mieux et plus. Par ton Esprit tu en as fait Le Vivant.
Tu en as fait du crucifié le ressuscité. Tu lui as donné un nom au-dessus de tous les noms.
C’est pour cela que nous implorons la puissance de ton Esprit
pour qu’il fasse de ce pain et de ce vin les signes visibles
de son Corpos et de son Sang, le corps et le sang du Christ.

Oui, nous faisons le mémorial de ta vie, de ta mort et de ta résurrection
Seigneur Jésus et dans la joie de l’espérance, nous attendons que tu viennes.

Vu les tâches que tu nous as confiées, Dieu notre Père,
vu les responsabilités que tu nous as données
et forts des signes de la présence de l’Emmanuel parmi nous,
nous te demandons que ton Esprit fasse de tous ceux
qui partagent le Repas du Seigneur un seul corps et un seul esprit,
le Corps du Christ, ton Eglise. Une Eglise ouverte sur le monde et sur les plus petits.
Aussi attentive qu’active pour dénoncer les dérives et les erreurs de la mondialisation
et pour cultiver et promouvoir tout ce qui rend possible et facilite la vie des migrants ;
le vivre ensemble, l’harmonie de la maison commune et les échanges,
relations et communications entre les hommes et les femmes du monde entier.

Pour les morts et les vivants nous te prions.

Jésus Asurmendi

Envoi

Voilà, notre marche vers Noël nous a rendu attentives (attentifs) aux signes des temps.
Les événements que nous vivons, tant sur le plan personnel que mondial,
suscitent des craintes mais soulèvent aussi des espoirs.
De quelle annonce sont-ils porteurs ?

Il en est ainsi de la mondialisation.
Un seul exemple : que ferions-nous sans les nouveaux moyens de communication
qui font du monde un village où tout se sait immédiatement.
Ils permettent des mobilisations collectives comme en ce moment pour Alep.
Ils facilitent les relations interpersonnelles.
Ils nous font aussi mieux comprendre notre destin commun sur notre unique planète.

Comme le dit le texte d’Isaïe : « ne laissons pas la terre à l’abandon ».
Il nous faut protéger cette terre sur laquelle nous avons à construire un monde
plus juste, plus fraternel, avec les réfugiés, les migrants, les plus pauvres…

Noël approche. Une bonne nouvelle va venir.
Ne restons pas béats comme le ravi de la crèche.
Engageons-nous pour faire advenir la promesse d’un monde nouveau.
Nos bulletins dans ces urnes marquent notre volonté d’agir.
Par ce geste citoyen « mettre un bulletin dans une urne »
nous affirmons que nous voulons « Vivre l’Evangile dans la Ville ».

Que Noël vienne dans nos cœurs, dans notre ville, dans notre monde.
Bonne semaine pour nous y préparer.

Michel Bourdeau

 

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