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Le temps est limité

« Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »

Dimanche 21 janvier 2018

PREMIÈRE LECTURE (Jon 3, 1-5.10)
« Les gens de Ninive se détournèrent
de leur conduite mauvaise »
PSAUME (24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9)
Seigneur, enseigne-moi tes chemins.
DEUXIÈME LECTURE (1 Co 7, 29-31)
« Il passe, ce monde tel que nous le voyons »
ÉVANGILE (Mc 1, 14-20)
« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile »

Accueil

Bonjour à tous et à toutes, fidèles du Centre pastoral, gens de passage et avec un salut tout particulier à celles et ceux qui sont venus exceptionnellement ce dimanche pour participer à la rencontre « Que sont nos amis devenus? ».

« Frères et sœurs, je dois vous le dire, le temps est limité » nous prévient Paul ce matin. Cette forte remarque sur la brièveté de nos limites temporelles nous a paru renvoyer à l’urgence. Mais quelle urgence ? Celle proclamée par un Jonas menaçant « Dans quarante jours Ninive sera détruite si… » ? Celle de Paul, rappelée à l’instant ? Celle illustrée par la réponse des disciples qui laissent tout, famille et métier, à l’appel du Christ ? Trop souvent dans nos vies trépidantes, l’urgence se résume à la précipitation, à l’impatience en réponse à la pression exercée, à l’exigence immédiate requise, spécialement dans le monde du travail. Et cette urgence tyrannique nous contraint parfois de faire mal ou de travers.

Alors à quelles urgences devons-nous être attentifs, autour de quelles priorités, parfois jusqu’à l’engagement ? Celle de sauver la planète, là où nous sommes si c’est encore possible, Celle, rappelée par le pape François, d’encourager un dialogue entre Israéliens et Palestiniens, Celle de nous convertir, c’est-à- dire de modifier le regard ou les gestes que nous posons comme chrétiens et comme humains. Dans tous les cas, le temps nous presse et nous invite à ce bousculement aux rythmes différents selon chacun. Alors, oui, il faut partir mais soutenus par deux espérances : C’est le souffle de l’Esprit nous porte et Dieu sait déjà où nous allons.

Alain Cabantous

Commentaire

On se croirait dans une agence de voyages spécialiste dans « Dernière minute ». Jonas, envoyé à Ninive, change de destination à la « dernière minute ». Au lieu d’aller au Nord/Nord-Est il va à l’ouest. Lui, le prophète juif pur sucre, est envoyé prêcher la conversion chez les ninivites, l’expression concentrée de l’ennemi, du païen, du mécréant.

André, Simon, Jean et Jacques. Laissent tout, père compris et outils de travail sans avoir la délicatesse de vendre le poisson de la nuit. Pour aller où ? On n’en sait rien. Pour partir quand ? Là, tout de suite, maintenant. Avec qui ? Un illustre inconnu.

Urgence du lieu, urgence du temps. Ces textes nous posent une question à nous : quelles sont nos urgences ? Quels sont nos lieux, nos certitudes, nos habitudes, nos convictions à quitter, à abandonner ? Quels sont nos temps, nos rythmes, nos calendriers à modifier ?L’urgence écologique nous taraude ? Les problèmes de migrants traversent notre vie ? Notre attention se porte vers quelqu’un isolé, malade, souffrant ? Sans confondre urgence avec précipitation, sans croire que « urgence » rime avec impatience, les textes du jour nous poussent à nous poser la question: quelles sont nos urgences ?

Jesús Asurmendi

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père, nous voici à nouveau pour te rendre grâce. Oui on ne s’en fatigue pas car il y va de notre vie. Si nous vivons c’est parce que  nous te louons et nous te remercions. Aujourd’hui nous avons, entre autres, deux raisons d’être contents et donc de te remercier : le parlement européen a interdit définitivement la pêche à l’électricité, ce qui est une excellente nouvelle. La fin d’une activité aussi destructrice que stupide. La deuxième bonne nouvelle pour laquelle nous te remercions c’est la décision de renoncer définitivement à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant mais cette décision respecte un peu mieux la vie de tous et de la terre. Pour tout cela Dieu notre Père nous te remercions.
Nous te remercions surtout pour ton Fils, Jésus, notre Seigneur. Lequel, sorti de nulle part, d’un village insignifiant d’une région improbable interpelle les gens, réveille les auditeurs, met les points sur les i et met à nouveau le monde en mouvement. Pour ses paroles et ses gestes, pour ces invectives et ses paroles de réconfort, Dieu notre Père nous te remercions et nous te chantons.

Les urgences. Il n’était pas pressé d’arriver au Golgotha. Il n’a pas pris un billet lowcost ou dernière minute pour parcourir son chemin et venir à bout de son itinéraire. Mais il y est allé résolument, sans se presser mais sans s’arrêter. Sachant pertinemment que le temps était limité et quelles étaient les priorités. Et si son voyage s’est mal fini, comme celui de Jonas, ce ne fut pas le terme mais le passage vers la vie nouvelle. Ce qui fut possible par ton Esprit. Que ce même Esprit fasse de ce pain et de ce vin les signes de sa réelle présence, les signes visibles du corps et du sang de notre Seigneur Jésus.

Suivant ses conseils, obéissant à son injonction nous faisons son mémorial. Mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Et nous attendons son retour dans la joie de l’espérance. L’interpellation de Jonas et le cri de Jésus, résonnent aujourd’hui avec autant de force que jadis, si ce n’est pas avec davantage de fermeté. Pour pouvoir y répondre il nous a proposé son repas. Et nous savons, Dieu notre Père, qu’il ne s’agit pas, pour le coup, d’un fast-food d’usine, ignoble et indigeste mais d’un vrai repas, authentique, fait maison, lui-même, son corps : sa chair et son sang.
C’est pourquoi nous te demandons que ton Esprit fasse de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, un seul corps et un seul esprit, ton Eglise. Une Eglise toujours prête à se convertir, c.à.d. à se tourner et à se retourner de ses inerties, de ses langueurs et de ses lenteurs, de ses paralysies et de ses surdités. Ouverte à ta présence et à ta Parole, aussi réelles qu’inattendues et surprenantes, déconcertantes.
Nous te prions pour ceux qui souffrent, et ils ne sont pas peu nombreux.
Nous te prions pour les vivants et pour les morts.

Jesús Asurmendi

Envoi

Repartir ce matin au souffle de l’Esprit, hâter le pas pour rejoindre ce monde et ne pas nous hâter de le juger. Au contraire s’il y a urgence c’est bien celle de comprendre, d’agir sans savoir pourtant si nous parviendrons à quelque chose. En mettant notre confiance dans le Seigneur puisque Lui seul sait vraiment où nous allons.

Alain Cabantous
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