Le Vatican au secours de Taiwan ?

Samedi 24 novembre, les Taiwanais voteront pour renouveler leurs maires et répondre à une quinzaine de votations sur le nucléaire, la pollution de l’air, le mariage homosexuel, le nom que Taiwan devrait adopter aux Jeux Olympiques (pour l’heure c’est « Chinese Taipei »), etc.

La Chine n’apprécie pas l’actuel parti au pouvoir à Taiwan. Pour faire pression, depuis l’élection de la présidente Tsai Ing-wen en 2016, la Chine a déjà fait perdre cinq alliés diplomatiques à Taiwan. Seuls 18 pays reconnaissent encore Taiwan à l’ONU, sous son nom officiel de République de Chine. Parmi ces alliés, en Europe, il ne reste plus que le Vatican. Les autres pays ont des liens officieux ; par exemple, l’ambassade de France s’appelle « Bureau français de Taipei ».

Pour la défense militaire du territoire, Taiwan compte sur l’appui des Etats-Unis qui vient récemment de livrer deux frégates. Malgré une disproportion évidente de moyens, les spécialistes nous assurent que la Chine ne sortirait pas forcément vainqueur d’un conflit armé. Mais Taiwan, où il fait si bon vivre, serait sans doute transformé en champ de ruines.

« Le Vatican, combien de divisions ? », demandait Staline avec ironie. Pourtant à Taiwan, on s’inquiète : et si maintenant c’était au tour du Vatican de nous lâcher ? Car pour la défense symbolique de la démocratie taiwanaise, la voix du pape et de l’Eglise n’est pas négligeable. Mais le Vatican doit aussi tenir compte du sort de millions de catholiques chinois.

Paul Jobin (à Taipei)

Billet du dimanche 18 novembre 2018

 

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