La célébration du Vendredi saint

« Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est soucié de son destin ? »

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Vendredi 18 avril 2014
Vendredi Saint

 

« Le visage est ce trésor unique que chacun offre au monde » (François Cheng).

« Dès lors qu’autrui me regarde, j’en suis responsable » (Lévinas)

 

Lectures
► livre d’Isaîe Is 52,13-53.12
►   lettre aux Hébreux He 4,14-16 ; 5, 7-9
►  Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean Jn 18,1-19, 42

« Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.
Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est soucié de son destin ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple.
On l’a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis ; et pourtant il n’a jamais commis l’injustice, ni proféré le mensonge. »

 Prière universelle

Verront-ils la lumière, le visage que je défigure de mes préjugés, le malentendu que j’ignore ?
Verront-t-ils la lumière, l’amour qui ne sait plus brûler, le coeur qui ne sait plus chanter, le corps qui ne sait plus danser ?
Verra-t-elle la lumière la nuit qui ne sait plus espérer, la solitude qui ne sait plus crier, la parole, l’écoute murées.
La fidélité et la fraternité qui ne savent plus inventer, verront-elles la lumière ?
Seigneur nous nous confions à toi.
P1020425(1)  La Syrie verra-t-elle la lumière ?
Verront-ils la lumière tous ces peuples en mal de justice et de paix ?
Verra-t-elle la lumière la terre qui ne sait que crever, l’eau que nous avons souillée ?
Verront-elles la lumière ces communautés en mal de renouveau ?
Seigneur nous t’appelons.

Verront-elles la lumière ces mains soit-disant inutiles, ces espérances brisées, ces réconciliations impossibles ?
Verront-ils la lumière ces enfants affamés, ces femmes violentées, ces vieillards abandonnés, ces hommes méprisés ?
Seigneur, nous n’avons d’autre offrande que l’accueil de ton amour.
A. Nègre

 

1 Comment

  • Toujours cet esprit si créatif qui nous surprend et nous accompagne si bien et si simplement dans notre cheminement !
    A st Merry, c’est tout notre héritage spirituel revisité avec le regard de la foi d’aujourd’hui, dans sa profondeur et son authenticité !
    J’ai toujours fui ce vendredi saint où l’on cultive le rite de la souffrance et du dolorisme, et où l’on s’y complait… (et j’avais remplacé l’icône de la croix insupportable par celle du poisson, trop oubliée, celle des premiers chrétiens…)
    Le célébrant nous rappelle les dernières paroles réconfortantes de Jésus (qu’ il serait bon de reprendre lors des célébrations de défunts), nous nous levons et prenons chacun un élément qui ornait la table où le repas avait été dressé :
    Il y a tous ces petits morceaux de tissus colorés, signes de nos diversités, des lumignons, « porteurs d’un possible » et ces esquisses de terre modelées par ceux qui étaient venus, dans la méditation du passage, proposer … un visage à retrouver.
    « Sortons d’ici ! »
    Exhortation au déplacement ! A la conversion du regard !
    Et munis chacun de notre « bagage », nous allons, dans le choeur, où la Croix, isolée, gisante et nue n’attend qu’une simple chose … qu’on l’entoure tous et la revête de nos présents, de notre humanité.
    Et, chose folle, doucement, dans une grande tendresse, elle se transforme,
    devient cette éclatante icône, oserai-je le croire, d’un « pas encore et déjà là » de ma propre transfiguration ?

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