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L’écologie intégrale en débat

Le 12 avril 2018, un article du Monde paraissait sous le Titre : « La nouvelle écologie politique de droite ». Analyse : L’écologie intégrale s’impose comme l’idéologie des nouveaux catholiques décroissants, observe Nicolas Truong, responsable des idées-débats du « Monde ». Devant cette prise de position qui en a choqué plus d'un, Marcel Rémon, directeur du CERAS, s'est exprimé dans une réaction très juste, qui peut susciter aussi d'autres prises de parole.

Trois paragraphes résument la pensée de Nicolas Truong :
« … Longtemps restée à gauche, l’écologie est une idée en train de passer à droite. Et elle s’implante au cœur de sa frange la plus radicale. Avec un concept phare, « l’écologie intégrale ». Utilisé par le pape François dans son encyclique Laudato si’ (« Loué sois-tu ») sur la « sauvegarde de la maison commune »(2015), il signifie qu’« il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux ».

« Si l’écologie intégrale se veut globale, puisque « tout est lié » (crise sociale et environnementale), elle invite à préserver l’intégrité de la Création : « L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté », comme l’a dit le pape Benoît XVI, cité par le pape François. La nature est un don de Dieu, il faut la préserver, de la pollution comme des techniques de reproduction. »

« C’est pourquoi, dans le sillage de La Manif pour tous et du mouvement des Veilleurs, une jeune garde catholique et néotraditionaliste s’est emparée du concept. Réunie au sein de la revue Limite, mais aussi au sein d’associations comme Alliance Vita, la mouvance gagne en influence dans les cénacles catholiques, dans les cercles politiques et médiatiques… »

Et il conclut : « C’est dire s’il devient important de discerner le naturalisme régressif de l’écologie progressiste, au moment où se propage une révolution conservatrice dont l’écologie intégrale est devenue l’une des matrices. »

Devant ces affirmations, Marcel Rémon, directeur du CERAS, a adressé une réaction très juste sous le titre suivant :
Non, l’écologie intégrale n’est pas un concept néo-traditionaliste
En voici un extrait :
«  Si l’écologie que propose le pape François est « intégrale », c’est parce qu’elle invite à se mobiliser pour défendre à la fois l’habitabilité de notre planète, notre maison commune, et les laissés pour compte de nos modèles socio-économiques, des modèles qu’il critique si vigoureusement qu’il a été présenté par le journal Libération du 16 juin 2015, peu suspect d’ecclésiolâtrie, comme « le chef d’État le plus à gauche sur la planète » ! « Tout est lié » : il faut entendre à la fois « la clameur des pauvres et celle de la terre » (LS 49), car « il n’y pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale » (LS 139) Est-il « identitariste » ou néo-traditionaliste, ce pape qui plaide pour l’accueil des migrants, la dignité des travailleurs, la limitation de la spéculation, la priorité du bien commun sur la propriété privée ? Le texte semble ignorer que les tenants d’une écologie intégrale critiquent le capitalisme dérégulé, la casse sociale qu’il entraîne, les impasses de la croissance à tout prix. »

Et nous, comment réagissons-nous ?

Jacques Debouverie

Ci après les deux articles

Nicolas Truong La nouvelle écologie politique de droite

Marcel Rémon L’écologie intégrale n’est pas de droite.pdf

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