L’écologie : un enjeu spirituel et politique – 11 juin 2018

Ce lundi 11 juin 2018, Saint-Merry accueille quatre intervenants pour échanger sur l'enjeu spirituel et politique de l'écologie. C'est Elena Lasida qui anime cette soirée. Elle annonce les 3 questions – qui lui avaient été inspirées par Christian Aurenche - auxquelles ils devront successivement répondre : D’où je viens ? Où je vais ? Que pouvons-nous faire ensemble ?

1 – D’où je viens ?

Jean-Victor Elie, coauteur du livre « Plaidoyer pour un nouvel engagement Chrétien », signale deux événements importants :

  • La sortie de Laudato si – une question pour sa génération
  • Les manifestations de catholiques identitaires au printemps 2013

La présence des chrétiens se joue dans la rue, à la bourse, pas dans les églises. Il convient d’inviter nos frères Chrétiens à s’engager politiquement : pourquoi l’Eglise parle-t-elle si peu d’écologie ?

Geneviève Guémard, représente le CCFD Terre Solidaire comme responsable de la commission éthique et partage – éthique et investissement : utilisation de l’argent pour faire advenir un monde plus juste. Le CCFD exclut de ses fonds de partage en actions les entreprises qui détiennent des réserves de pétrole et de gaz : une mesure qui a connu un vrai retentissement dans les milieux bancaires.

Hervé Kempf, journaliste-essayiste, présente Reporterre, le quotidien de l’actualité écologique. « Tout est prêt pour que tout empire » : comment les riches détruisent la planète.

Olivier le Marois, représente les inCOPruptibles : « c’est un enjeu de société, il est encore temps, Il faut se focaliser sur les responsables et dénoncer tout projet climaticide. Ainsi : EUROPACITY,  grand projet d’aménagement commercial au Nord de Paris, dit « écoresponsable »  – en fait source de trafic et d’émission de CO2. »

2 – Où je vais ?

Avec la consigne de citer une phrase de Laudato si, à l’appui du message de chacun.

Jean-Victor Elie fait le choix du verset 216 : « La spiritualité n’est déconnectée ni de notre corps, ni de la nature, ni des réalités de ce monde. Nous devons devenir des terriens et incarner notre spiritualité. »

Geneviève Guémard : choix du verset 26 : « il devient urgent de remplacer l’utilisation de combustibles fossiles par des sources d’énergie renouvelable. Le CCFD a choisi de sortir de ses participations des sociétés qui dépensent le plus d’énergie. L’écologie est aussi une expérience nouvelle de solidarité, notamment avec les générations qui viennent. »

Hervé Kempf : choix de verset 51 ou 53 : « Entendons les gémissements de sœur Terre qui se joignent aux gémissements des pauvres abandonnés de la terre »

Olivier le Marois : comment être efficace ? Il faut s’attaquer aux barbares, aux pilleurs. Convertir les puissants qui se disent écolo (ainsi la famille Mulliez). Faire du profit sur du CO2 est aussi immoral que sur la drogue ou la prostitution !

 

3 – Que pouvons-nous faire ensemble ? Quel engagement concret ?

Jean-Victor Elie : essayer d’être des apôtres de la conversion de l’Eglise.
Cultiver l’espérance : alors que certains jeunes s’interrogent sur l’opportunité d’enfanter dans le contexte actuel, faisons le pari de l’espérance.

Geneviève Guémard : les Chrétiens sont souvent « schizophrènes » : ils ont des grandes idées d’une part et de l’argent d’autre part. Comment plaçons-nous notre argent ? Il faut une pression des actionnaires.

Hervé Kempf : d’abord s’informer. La culture catholique devient minoritaire. Il faut lutter, sortir de la tiédeur qui imprègne l’Eglise.

Olivier le Marois : faire des choix radicaux et une offre d’engagement à la mesure de chacun. Ainsi : se rendre à l’AG de la famille Mulliez et les convaincre sans les agresser. Et même, construire et proposer un projet alternatif. Le mal se loge dans quelques milliers de projets qui touchent des milliards de gens.

Jean-Victor et Hervé ont tous deux parlé d’espérance :
Une espérance qui ne nie pas les impasses, mais qui ouvre des passages

Geneviève : « A chacun de chercher où il y a des possibles, mon domaine à moi c’est la compétence financière » et Olivier de répondre « Sortons de la sidération et agissons là où on est bon, avec les moyens qu’on a, intéressons-nous aux personnes qui dirigent ». Les Rockfeller ont décarbonisé leur portefeuille !

Le temps du débat
Grande diversité de questions et d’interventions qu’il est difficile de synthétiser.

  • Guy Aurenche, après avoir évoqué la multiplication des pains, dénonce le risque de réduire nos actions à une simple relation personnelle, alors qu’il convient de s’attaquer au système.
  • Evocation du film « Demain » : comment créer du commun à travers des expériences isolées
  • Geneviève Guémard : on a le rêve d’un grand leadership mais le fondamental c’est le développement d’une conscience citoyenne pour changer le système.
  • Selon Jean-Victor la loi alimentation (de la semaine précédente) n’a pas été très suivie.
  • Autres questions et quelques témoignages à propos de la violence et la radicalité : non-violence et écologie.
  • Oui, la non-violence peut-être radicale : nécessité d’interpeler la violence croissante de l’Etat qui maintient un système de plus en plus inégalitaire.
  • A la question : « Comment procéder avec la banque quand on est un tout petit épargnant ? » Geneviève répond : « Posez des questions au banquier, ce sera pour lui l’occasion de se former »
  • Et la politique ? Olivier répond : l’écologie politique ce n’est pas morte, mais la solution ne va pas venir de la politique (grande difficulté de Nicolas Hulot). Il faut privilégier l’action directe non-violente (par exemple les poissons roses, les semences paysannes,…)
  • Et les fonds de l’Eglise ? Au niveau des congrégations, l’Eglise a de l’argent, sachons le mobiliser.

Arrêtons de diaboliser l’argent, il a le pouvoir qu’on lui donne, alors prenons ce pouvoir.

Le débat s’achève sur le pari de l’espérance, le label « Eglise Verte », et la promotion de REPORTERRE, le quotidien de l’écologie.

Odile Guillaud

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