Les ambiguïtés de la finance « verte »

Après des siècles d’exploitation effrénée de toutes les ressources naturelles et sans aucune considération pour le volume impressionnant de déchets généré, les autorités et surtout les citoyens ont enfin pris en considération la nécessité de préserver la planète. Merci au Pape François d’avoir insisté là dessus dans son encyclique Laudato si’. Même les marchés financiers d’habitude peu enclins à raisonner à long terme s’y sont mis ; fonds ISR (Investissement socialement responsable) ou « Green Bonds » se mettent à pulluler et n’importe quel banquier ou assureur ne tardera pas à vous en proposer des centaines. Les assureurs à force de payer pour les multiples catastrophes naturelles engendrées par le changement climatique ont fini par chiffrer ces coûts supplémentaires qui étaient jusque là ignorés. C’est donc plus une hausse des coûts qu’une réelle aspiration écologique qui explique le phénomène mais comme c’est pour la bonne cause personne ne s’en plaindra.

Aussi – conseil d’ami – restez prudents devant de telles propositions de votre banquier car on obtient facilement ce label : un pétrolier ou une entreprise chimique peut parfaitement émettre un « green bond », une vague intention suffit sans même spécifier un projet. De plus les fonds ISR ne sont gérés qu’à l’éclairage de ces critères « verts » et la rentabilité des projets ou la solidité de l’entreprise qui les émet, ne sont plus du tout regardés. Vingt ans d’expérience sur les marchés financiers m’ont montré que quand l’accessoire devient le but, les déconvenues sont nombreuses et douloureuses.

Y aura-t-il un jour une vraie finance verte ? Peut-être ! mais tant que le capitalisme est ce qu’il est…

Xavier F.

billet du dimanche 11 novembre 2018

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