Les évêques de France : « Nous sommes tous concernés »

Alors que la présence de personnes migrantes crée de plus en plus de tensions à la frontière italienne, à Calais ou encore à Paris, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France lance une interpellation sur cette question qui nous concerne tous. Le texte des évêques et le commentaire de Céline Dumont

Paris, mercredi 17 juin 2015.  Alors que la présence de personnes migrantes crée de plus en plus de tensions à la frontière italienne, à Calais ou encore à Paris et à l’approche de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin prochain, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France lance une interpellation sur cette question qui nous concerne tous. Dans le même temps, Mgr Laurent Dognin, Mgr Jacques Blaquart et Mgr Renauld de Dinechin s’adressent aux catholiques en France dans le message : « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Dt 10, 19).

Appel du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Avec une intensité sans cesse accrue nous est adressée la douloureuse question des migrants et réfugiés d’Afrique et du Proche-Orient.

Pour de multiples raisons, souvent très dramatiques – guerres, misère, dérèglement du climat – beaucoup sont contraints de quitter leur pays où ils ne peuvent plus vivre.

Déjà de nombreux catholiques s’impliquent auprès de leurs frères étrangers par l’accueil, le soutien et le souci de leur donner des conditions de vie décentes.

Nous saluons ces engagements et invitons l’ensemble des catholiques en France à changer leur regard, à se faire proches, à dépasser leurs préjugés et leurs peurs et à oser la rencontre.

Il ne nous est pas possible de nous replier sur nous-mêmes et d’ignorer la misère de tant d’hommes, de femmes et d’enfants du monde entier qui cherchent seulement à vivre dignement.

Comme l’a fait le Pape François, nous déclarons notre “honte” devant ce qui se passe en Méditerranée comme à Calais.

Il faut prendre conscience que cette situation va malheureusement continuer à s’aggraver et que c’est toute la communauté nationale, l’ensemble de la société qui est concerné.

Nous exhortons nos gouvernants à intensifier une coopération internationale à la hauteur des enjeux. L’Europe doit tout particulièrement assumer ses responsabilités et appeler les pays qui la composent à apporter une réelle réponse.

La dignité de personnes humaines est en jeu.

Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF

Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF

Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF

Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris

Mgr Jean-Claude BOULANGER, Évêque de Bayeux et Lisieux

Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez

Mgr Hubert HERBRETEAU, Évêque d’Agen

Mgr Jean-Paul JAMES, Évêque de Nantes

Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise

Mgr Benoit RIVIÈRE, Évêque d’Autun, Chalon, Mâcon

 

Le commentaire de Céline Dumont

Une belle prise de position,

développée en plusieurs niveaux de l’accueil des migrants : les préjugés, les fausses évidences, la clarification par des chiffres de la part que prend notre pays à cet accueil, la réussite de migrations antérieures qui constituent notre société du 21è siècle.

C’est une belle insistance sur la personne humaine, contre le « phénomène migratoire », nos évêques sont informés, généreux et proches de nous.

Ils s’adressent à nous, chrétiens, rassemblés dans les célébrations de nos paroisses pour ce dimanche 21 et ils nous renvoient à notre responsabilité de citoyens : devoir de s »informer, de ne pas oublier le lendemain les horreurs montrées la veille au journal, interpellation  d’élus (et nos députés examinent un projet de loi et vont être chargés d’un second en juillet), souci du vivre ensemble et de la construction d’un monde solidaire, et même allusion aux partenariats avec les plus fragiles pour mieux partager les richesses communes.

Ils ont raison : à nous de réagir et d’agir en chrétiens-citoyens, 

à nous de rencontrer les migrants à  la rue, 

à nous de proposer de les héberger, de les nourrir, 

à nous de mettre à leur disposition des compétences ou des moyens d’orientation de leur projet de vie

de leurs besoins, de  leurs désirs.                                                                

Céline Dumont

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