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Les gants verts

Sur internet, tapez « cardinal Burke gants verts » puis cliquez sur « images ». Vous verrez apparaître un évêque coiffé d’une mitre géante, tout en vert y compris les gants – avec l’anneau épiscopal par-dessus – assis sur un trône drapé de brocard vert. Ça vous étonnera. Faites défiler les photos et vous le verrez souriant sous un chapeau de cardinal avec des glands suspendus, puis entrant dans une église, prolongé d’une véritable traîne comme une mariée mais en rouge (la cappa magna), puis entouré de nonnes et de chanoines qui, les mains jointes, se la pètent en bleu pâle… Là vous rigolez ! Un historien vous dira que ce n’est jamais que le fac-similé d’un prince de l’Église tel qu’on peut en voir depuis la Renaissance.

Sauf que sous les gants verts se cache un redoutable ennemi du pape François, l’accusant de confusion et même d’hérésie. Encore récemment à propos du synode sur l’Amazonie. C’est un copain de Vigano, l’ex-nonce à Washington qui, en août 2018 dans une lettre publique, avait réclamé la démission du pape. Et ces deux-là sont soutenus par un lobby de laïcs catholiques américains, contestant les paroles du pape sur l’argent, les migrants, les rites, l’évolution des mœurs et des sociétés. Surtout ils sont très puissants et richissimes. À ce sujet, lisez Comment l’Amérique veut changer le pape de Nicolas Senèze. Lucide et narquois, François a répondu « C’est un honneur pour moi d’être attaqué par les Américains ». Alors à présent, ils financent des enquêtes sur certains cardinaux pour contraindre le prochain conclave… Affaire – très sérieuse –  à suivre.

Pierre S.

Billet du dimanche 6 octobre 2019

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