Les intentions de Dieu ?

 

 Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.

Dimanche, 4 septembre 2016.
1ère lecture : « Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sg 9, 13-18)
Psaume : Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc
2ème lecture : « Accueille-le, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé » (Phm 9b-10.12-17)
Evangile : « Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)

 

INTRODUCTION :

Quelles sont donc les intentions de Dieu ?
Et quel lien particulier nous unit à lui ?

C’est le thème de l’extrait du livre de sagesse lu aujourd’hui.

Qu’est ce qu’être le disciple de Jésus ?
Tel est le fil conducteur de l’évangile selon saint Luc de ce jour,
et cette question vous serez invités à venir y répondre
vous aussi tout à l’heure, si vous le souhaitez
et si ce sujet vous inspire.

La lecture de cet évangile de saint Luc de ce Dimanche,
ne laisse pas indifférent,
tant les paroles de Jésus y sont vives et même extrêmes.

Nous y sommes confrontés aujourd’hui
à une certaine radicalité des propos de Jésus.
Dans cet extrait, les disciples sont invités
à une rupture totale avec leur famille,
à un dépouillement absolu,
qui va jusqu’à un renoncement à leur propre vie,
et le tout, sans retour possible,
s’ils veulent être disciples de Jésus !

Qu’en penser ? Et comment vivre à travers notre foi,
cet appel vers Dieu qui nous transporte au-delà
de nos limites habituelles?
Quelle place dans notre vie pour cette haute exigence
du détachement et du dépouillement,
demandée par Jésus à ses disciples,
et qui évoque par ailleurs, de toute évidence,
l’appel à la sainteté ?

Et, pouvons-nous y trouver nous aussi une certaine liberté intérieure,
quand on sait qu’aussi bien individuellement, que collectivement,
il semble bien que nous ne puissions grandir, véritablement,
qu’à travers un certain nombre de renoncements,
de transformations et de renaissances.

Sylvie FAYE

 

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Mireille Berbonde

 

Commentaire

Cet extrait du Livre de la Sagesse, que nous venons d’entendre
aborde une question qui est au cœur de notre foi :
que signifie pour chacun d’entre nous : être “disciple du Christ » ?

Cette même question est reprise dans le passage de l’évangile de Luc
– que nous allons lire tout à l’heure –, mais sous un angle différent.
Le livre de la Sagesse parle de l’appel à être disciple
tandis que l’évangile de Luc, parle des conditions pour être disciple.

Quand Dieu nous appelle – à être son disciple –,
bien souvent nous avons du mal à l’entendre,
non pas tant qu’on fasse la sourde oreille,
mais ce qu’il nous dit n’est pas ce que nous attendons
car nous avons tendance à ramener Dieu à notre niveau,
à attendre de lui ce que nous voulons et non ce qu’il veut,
à confondre notre volonté avec la sienne.

Aussi, notre réaction première est une réaction de retrait :
“Seigneur, je n’en suis pas capable ! Je ne suis pas digne !” :

c’est Jérémie qui se trouve encore trop jeune
pour être le prophète que Dieu lui demande d’être !

C’est Marie qui s’étonne que Dieu l’ait choisie
pour donner naissance à Jésus alors qu’elle n’a pas encore d’époux !

Certes, les intentions de Dieu nous échappent,
mais, précise le livre de la Sagesse, Dieu nous a envoyé son Esprit
pour que nous soyons en mesure de décrypter,
à travers les actions diverses par lesquelles Dieu se manifeste dans notre vie,
ce qu’il veut nous dire, le dessein qu’il nous destine.

Aussi, n’attendons pas ! Mettons-nous à l’affût, à l’écoute de Dieu,
pour saisir dans notre quotidien ses intentions,
s’efforcer de les interpréter pour savoir ce qu’il attend de nous,
comment il voit notre rôle de disciple
pour participer activement à son œuvre de salut !

*          *
*

Une autre raison pour laquelle nous avons du mal à entendre l’appel de Dieu à le suivre,
c’est que nous sentons confusément qu’il interroge le fondement même de notre existence
et que, si nous risquons une réponse positive,
elle aboutira à un changement total de notre vie, un engagement radical.

Et c’est ce que nous dit Jésus dans l’évangile de ce jour :
pour être son disciple, il faut le préférer à sa famille
et même, précise-t-il, à sa propre vie.
Violente cette parole ! révoltante même !
D’ailleurs, elle a été l’objet de vives discussions parmi les membres du groupe
qui ont préparé cette célébration car nous avions du mal à saisir
où voulait en venir Jésus avec une interpellation aussi extrême.

Il est vrai que de grandes figures de chrétiens
ont suivi cette prescription à la lettre, quittant tout pour suivre le Christ.
Je pense à Mère Theresa qui est canonisée aujourd’hui.
Si ces figures peuvent nous servir utilement de guide, elles ne sauraient, pour autant,
être des modèles à reproduire nécessairement car les modalités d’engagement de chacun
ne sont pas uniformes, elles résultent de ce que Dieu a proposé, dans son appel,
à elle, à lui, personnellement.

Je crois qu’il faut aborder ce verset avec humilité en reconnaissant
que la pensée du Christ ne nous est pas toujours très claire – nous venons de l’évoquer.
À nous d’en découvrir le sens à la lumière du message qu‘il nous a livré dans l’Evangile !

D’abord, ce type de formule est loin d’être isolé dans l’Evangile :
Jésus aime à en user pour nous bousculer, pour réveiller notre foi.

Ensuite, ce que le Christ attend de nous, c’est de faire le choix entre une existence
dont l’être humain est le seul horizon, la seule justification,
et une existence tournée vers Dieu avec, pour horizon, le salut éternel.
Ce choix est un défi à notre liberté car il engage notre existence.

Si nous acceptons d’opter pour la vie dans le Christ,
alors il nous faut nous détacher de tout ce qui peut nous en détourner,
et adhérer à une échelle de valeurs
où l’amour de l’autre et l’humilité sont placés au plus haut.
Il s’agit là d’une véritable rupture avec les valeurs
communément admises dans notre société,
en quelque sorte une mort pour renaître à la vraie vie,
celle que nous offre le Christ.

Car, être disciple du Christ – et toute la vie du Christ en porte le témoignage –,
ce n’est pas s’enfermer dans un vis à vis exclusif avec le Christ,
c’est s’ouvrir à l’autre, sans faire de distinction
– qu’il soit parent, ami, ennemi,
bref celle ou celui que le hasard de la vie met en face de nous –
pour l’introduire dans une relation d’amour, c’est-à- dire de don gratuit,
respectueux de sa personne et, par conséquent, de sa différence.

Une relation d’où peut surgir, une fois pour toutes, la paix et la fraternité.
Une relation que nous pouvons instaurer parce que le Christ est en nous
et que nous lui accordons notre pleine confiance.

 

Bruno de Benoist

Etre disciple

Croyant en Christ,
je ne peux que choisir le chemin de Vie qu’Il propose,
un choix radical
pour rejoindre notre échange en équipe de préparation.

Parmi bien des façons d’être disciple,
je choisis le rapport au pouvoir,
mon rapport, notre rapport au pouvoir…

nous ne cessons en effet de psalmodier
à toi Dieu seul, la puissance et la gloire ou d’autres propos semblables.

Alors ? Etre disciple, c’est pour moi,
prendre distance avec une forme de pouvoir qui est
« possession » de l’autre pour manifester ma préséance ;
c’est par contre, privilégier l’écouter des intuitions et des convictions
des uns et des autres,
y compris celles avec lesquelles je suis en désaccord,
non d’abord en débattre,
mais les intégrer parce qu’elles sont importantes pour co-construire
notre communauté, notre société,
en fait participer à la construction pas à pas du royaume.

André Letowski

Etre disciple, c’est adhérer pleinement à cette invocation du psalmiste :
“Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !” (Ps 4,7)

Bruno de Benoist

Pour moi, être disciple, c’est écouter Jésus,
Mais  pour moi, être disciple ça ne peut pas être cet enrôlement aveugle,
qui meprise toutes les valeurs humaines de proximité,  d’amitié,  de famille,
enrôlement prôné par tous les intégrismes et extrémismes,
enrôlement auquel font penser par leur dureté ces paroles de Jesus.
 
Etre disciple pour moi , en cherchant à  entendre ces paroles si abruptes ,
c’est prendre conscience que personne ne m’appartient et que je n’appartiens à personne.

Et donc être disciple pour moi, c’est être appelé à lâcher prise.
Je ne suis le « bien », la propriété, de personne
et personne n’est mon bien, personne ne m’appartient.

Je suis appelé à être quelqu’un  qui marche en compagnie des autres sans les posséder.
Paroles de libération, paroles de liberté. Me désapproprier.
Oser être moi-même en choisissant que Christ soit mon compagnon de route.

Jean-Luc Lecat

Jésus, tu mets la barre très haut,
qui pourra prétendre devenir ton disciple?
Tu demandes de tout quitter et même de donner la vie…

Par ailleurs, tu me demandes aussi  d’être la lumière du monde…

Tu te rends copte de ce que tu demandes?

C’est énorme, je me sens écrasé !

Alors, tout ce que je peux offrir,
c’est peut-être répandre autour de moi quelques étincelles de paix
et soutenir tout ce qui va dans le sens, si non de l’amour,
au moins de la tolérance et du dialogue.

Gerardo Ramos

 

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