Les pleurs et le cri : « Que cessent toutes les guerres ! »

« Je pense à toutes ces personnes qui pleurent : des personnes isolées, des personnes en quarantaine, des personnes âgées seules, des personnes hospitalisées et des personnes en thérapie… ». Lors de la messe de ce dimanche 29 mars, le pape François a adressé ses pensées à tous ceux qui pleurent à cause de la pandémie. Et puis, à l’Angelus, a lancé un appel pour un cessez-feu global et immédiat. Ici la vidéo de la messe et le texte de son homélie.

L’homélie du Pape

« Que ce jour soit pour nous tous comme le dimanche des pleurs. »

« Je pense à toutes ces personnes qui pleurent : des personnes isolées, des personnes en quarantaine, des personnes âgées seules, des personnes hospitalisées et des personnes en thérapie, des parents qui voient que parce qu’ils n’ont pas de salaire, ils ne pourront pas nourrir leurs enfants. Beaucoup de gens pleurent. Nous aussi, de tout notre cœur, nous les accompagnons. Et cela ne nous fera pas de mal de pleurer un peu avec les pleurs du Seigneur pour tout son peuple. »

« Jésus avait des amis. Il aimait tout le monde, mais il avait des amis avec lesquels il avait une relation spéciale, comme on le fait avec les amis, plus d’amour, plus de confiance… Et bien, bien des fois il est resté chez ces frères : Lazare, Marthe, Marie… Et Jésus a ressenti de la douleur pour la maladie et la mort de son ami. Il est arrivé au tombeau et, profondément ému et très bouleversé, il a demandé : “Où l’avez-vous mis ?” Et Jésus a éclaté en sanglots. Jésus, Dieu mais homme, a pleuré. Une autre fois dans l’Évangile, il est dit que Jésus a pleuré : quand il a pleuré sur Jérusalem. Et comme Jésus a pleuré tendrement ! Il pleure du cœur, il pleure d’amour, il pleure avec ses propres pleurs. Les pleurs de Jésus. Peut-être a-t-il pleuré à d’autres moments de sa vie — nous ne le savons pas —, certainement au Jardin des Oliviers. Mais Jésus crie par amour, toujours.

Le Guerchin, Résurrection de Lazare, dessin, 1619, Metropolitan Museum, New York

Il était profondément ému et très bouleversé, il a pleuré. Combien de fois avons-nous entendu cette émotion de Jésus dans l’Évangile, avec cette phrase qui est répétée : “Voyant, il en eut compassion”. Jésus ne peut pas voir les gens et ne pas ressentir de compassion. Ses yeux sont avec son cœur ; Jésus voit avec ses yeux, mais il voit avec son cœur et est capable de pleurer.

Aujourd’hui, devant un monde qui souffre tant, devant tant de personnes qui subissent les conséquences de cette pandémie, je me demande : suis-je capable de pleurer, comme Jésus l’aurait sûrement fait et comme Jésus le fait maintenant ? Mon cœur ressemble-t-il à celui de Jésus ? Et si c’est trop dur, si je suis capable de parler, de faire le bien, d’aider, mais mon cœur n’entre pas, je ne suis pas capable de pleurer, de demander cette grâce au Seigneur : Seigneur, que je pleure avec toi, que je pleure avec ton peuple qui souffre en ce moment. Beaucoup pleurent aujourd’hui. Et nous, de cet autel, de ce sacrifice de Jésus, de Jésus qui n’a pas eu honte de pleurer, nous demandons la grâce de pleurer. Que ce jour soit pour nous tous comme le dimanche des pleurs. »

La messe en vidéo

Messe présidée par le pape François au Vatican le 29 mars 2020

À l’Angelus

François a appelé au « cessez-le-feu global et immédiat aux quatre coins du monde » et invité tout le monde « à y donner suite en arrêtant toute forme d’hostilité belliqueuse, favorisant la création de corridors humanitaires, l’ouverture à la diplomatie, l’attention à qui se trouve en situation de plus grande vulnérabilité ». « Que l’engagement conjoint contre la pandémie », a-t-il ajouté, « puisse amener tout le monde à reconnaître notre besoin de renforcer les liens fraternels comme membres de l’unique famille humaine ».

Puis il a eu une pensée « toute spéciale » pour les personnes qui sont contraintes de vivre en groupe : dans les maisons de repos, dans les casernes en particulier. Et il a souligné la situation que vivent les détenus : « J’ai lu une note officielle de la Commission des Droits de l’Homme qui parle du problème des prisons surpeuplées qui pourraient devenir une tragédie. Je demande aux autorités d’être sensibles à ce grave problème et de prendre les mesures nécessaires pour éviter des tragédies futures ».

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