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Les taux négatifs sont-ils chrétiens ?

Dans le catholicisme, le prêt à intérêt a été interdit durant des siècles notamment par le pape Urbain III qui en 1187 condamne toute forme d’intérêt en s’appuyant sur l’évangile (Luc 6, 35) : « Prête sans rien attendre en retour ». Que penser alors de la situation bizarre et historique que nous vivons? Depuis un an tous, les pays européens à l’exception de l’Italie et de la Grèce, remboursent moins que la somme empruntée pour toute durée de moins de sept ans et ceci sans intérêt. Pour l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse cela peut même aller jusqu’à 30 ans. Rassurez-vous, pour nos amis italiens et grecs, ce n’est pas négatif mais très proche de zéro.

Au-delà de la boutade dans mon titre, est-ce une bonne chose ? Pour les états et à court terme oui, leur budget s’en trouve temporairement allégé. Mais cela encourage surtout les  abus : ceux des états qui laissent persister leurs déficits, voire les augmentent masqués par la baisse des taux. Cela ruine les caisses de retraites, d’épargne et les assurances. Et cela encourage surtout les bulles spéculatives sur tous les actifs : immobilier, actions, obligations, art… C’est intenable. Une nouvelle crise éclatera dans les cinq ans, et la finance, jamais innocente, sera accusée mais c’est oublier que ce sont les états qui s’endettent le plus. Nous allons léguer à nos enfants la plus incroyable masse de dettes jamais accumulée et l’État français en déficit continu depuis 1981 n’est pas plus vertueux que les autres. Est-ce juste pour les générations futures ?

Xavier F.

Billet du dimanche 13 octobre 2019

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