Les voeux de l’Institut des migrations !

Une image porteuse de paix, c'est ce que le Réseau Chrétiens Immigrés nous offre. « Des Vœux à partager, loin, très loin, jusqu’au bout de la terre, jusqu’à la fin de toute frontière ! Frontières : un mot, une image, quelques pensées dans d’autres mots, de la liberté dans l’enfermement, de l’ouverture dans la finitude, de la fragilité dans l’espérance »

Cette année, pour notre carte de vœux, nous avons choisi une œuvre porteuse d’apaisement sans pour autant évacuer la fragilité de la pause à laquelle elle invite le spectateur. C’est une œuvre qui convie à une réflexion critique sur la frontière, cette ligne de démarcation stricte et arbitraire qui sépare alors qu’elle se dresse dans un espace de mélange et de circulation — la zone frontalière.

Il s’agit d’une photographie issue de la performance de l’artiste turc Murat Gök, intitulée Border. Réalisée non sans danger à la frontière turco-syrienne, près de Mardin, elle consistait à démonter une section du grillage qui marque la frontière pour faire place à un hamac offert à la détente d’un jeune homme.

Cette performance offre une réponse légère à la sévérité de la frontière. Le contraste entre la clôture rigide et l’installation impromptue du hamac suggère le décalage entre les politiques et les conflits décidés au plus haut niveau et la vie sur le terrain. Mais la figure du jeune homme, qui se balance d’un côté à l’autre de la frontière, remet en cause le concept de désunion. Par son caractère ludique, cette performance est une invitation à se demander qui a le droit de jouer avec les frontières et qui souffre lorsqu’elles sont mal administrées.

Le balancement du personnage rappelle aussi la nature changeante des définitions, particulièrement pertinente pour la frontière sud de la Turquie. Même lorsqu’elle subsiste, la frontière et ses enjeux évoluent au même rythme que les contextes environnants. En 2010, lorsque la photographie a été prise, il existait un certain danger. Depuis, la guerre civile syrienne, l’invasion de l’État islamique et l’entreprise d’annexion de la zone frontalière sud par le gouvernement turc ont transformé la nature de ce tronçon de quelques centaines de kilomètres de frontière, traversé par plus d’un million de réfugiés.

Cette figure, qui se balance au-dessus du conflit, encourage une réflexion constante sur la mise en place et le maintien de telles frontières, dont la portée n’a fait que s’accroître depuis la création de l’œuvre.

Référence de l’œuvre

Murat Gök, Border (Hammock), photographie de la performance éponyme, 2010 © Murat Gök

 

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