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Lettre à Dieu pour l’Avent 2020

Seigneur, me voici en route pour T’accueillir à Noël, Toi, petit enfant venu sur notre terre il y a 2 000 ans. Tu sais, Seigneur, ici, j’ai comme l’impression que notre boussole a perdu ses aiguilles. On ne sait plus vraiment où se situe le Nord. On ne sait plus distinguer la droite de la gauche. Ni même s’il existe encore une droite et une gauche républicaines. Ici, c’est le chaos. Notre boussole est totalement déboussolée.
Y a-t-il encore des républicains ? Tu sais de vrais républicains, des simples républicains… ceux qui façonnent une république, quoi.
Y a-t-il encore quelques croyants ? Oui je le pense, mais trop peu, en tout cas ; et leur frêle voix est si vite étouffée…
Y a-t-il des fanatiques ? Oui… j’espère assez peu nombreux, mais ils font tellement « du vilain bruit » et tellement trop relayé sur toute notre planète, qu’on a vraiment peur, Tu sais, et que nous sommes si souvent tristes, voire parfois, désespérés…
Seigneur, j’ai mal à notre terre
                  j’ai mal à notre planète
                  j’ai mal à notre pays
                  j’ai mal à notre France, pays des « droits de l’homme », à ce que mes oreilles entendaient depuis ma tendre jeunesse.
Même les prunus déboussolés ont fleuri fin novembre pendant que des hommes se tapent dessus, chez nous , à notre porte, et plus loin aussi…
Seigneur, j’ai mal à mes concitoyens
                  j’ai mal à ma famille pour laquelle je ne suis toujours qu’une ovni
                  j’ai mal à mon fils qui a tout perdu
                  j’ai mal à tous mes amis partis bien trop tôt.

Seigneur, je n’ai pas l’impression de monter en Avent vers ta naissance, mais plus de monter en Carême, vers ton Golgotha.

photo Catherine Buisson

Et pourtant, Seigneur, au plus profond de ma fragilité et de ma vulnérabilité, je ne me lasse pas de Te louer :
Pour le dernier baiser échangé de la main derrière un plexiglas avec mon papa huit jours avant son départ vers Toi
Pour la poésie de François Morel cet horrible matin du 27 novembre, qui m’a aidée à me lever
Pour toute la confiance amicale de mes patients musulmans, cathos, autres croyants et athées
Pour tous les clins d’œil que tu m’adresses par mes amis, par des passants inconnus et par les nuages et les oiseaux
Pour ce WhatsApp du « mercredi » de Saint-Merry qui, depuis huit mois, me relie si souvent à Tes sources
Pour les trois petits jours si bons vécus à la mer cet été qu’ils m’ont paru en durer quinze
Pour la survie de notre relation mère-fils malgré l’épouvante à traverser
Pour mon œil de photographe qui découvre chaque jour une de tes étonnantes beautés
Pour mon étonnement de vivre en bonne santé malgré les périodes de solitude, de désarroi et parfois de détresse
Pour la force que Tu m’inspires de pouvoir écouter et écouter encore et encore les souffrances des tiens
Pour le souffle que Tu me donnes de croire plus souvent en moi et de T’y aimer
Pour la grâce que Tu me renouvelles de croire en Toi, Dieu Créateur venu sur terre pour dire à Tes Enfants de s’aimer de Ton Amour en Vérité.

Que 2021 nous tâchions de mieux T’écouter pour vivre universellement de Ta Parole , en chœur avec ton serviteur François.

Catherine Buisson

CatégoriesPrière
  1. Casaubon Jacqueline says:

    Catherine, un très grand merci pour ta lettre à Dieu, émouvante et vraie, c’est pour cela qu’elle me touche. Tu as bien fait de nous la partager en l’envoyant sur le site, cela nous permet de nous joindre à toi dans ce message fort et simple comme on peut en trouver dans la Bible. Je vais garder ta prière, sans doute l’enregistrer et je te la ferai écouter, nous allons en reparler. Je te reste proche. Encore merci. Jacqueline

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