Lettre ouverte d’un curé au Pape François

Le dimanche 18 Mars, Jacqueline Casaubon animant « Parler la bouche pleine » avait invité Daniel Duigou à présenter son dernier livre «  Lettre ouverte d’un curé au Pape François ».
 Ce livre est la suite d’une étonnante rencontre où, en compagnie de Monseigneur Gaillot, le Pape l’a reçu de façon informelle, sous le signe d’une grande liberté. Dans ce livre, Daniel, s’appuyant sur sa triple expérience de journaliste, de psy et de prêtre, adresse des propositions au Pape François pour que l’Eglise s’ouvre définitivement à la modernité.

Elle est pleine à craquer, cette réunion « Parler la bouche pleine » du 18 mars. En effet, le livre de Daniel Duigou nous concerne tous. Cette réunion est essentielle pour notre communauté.

A Daniel la parole :

Pourquoi ce livre ? Parce qu’il y a urgence (cf Ch. Theobald) à réinventer l’Eglise qui doit s’ouvrir à la modernité. Il y a 5 ans, l’Eglise a élu un homme extraordinairement libre qui rencontre des résistances à tous les étages. Certains catholiques refusent les prises de position du pape, par exemple à propos de l’immigration.

Et Daniel d’évoquer encore cette inoubliable rencontre à Rome avec le pape François dont la première question fut : « Qu’est ce qui se passe à St Merry ? » Il s’agit de répondre à sa curiosité. Oui, Daniel prend appui sur l’expérience de St Merry pour rendre compte d’une pratique. C’est loin d’être idéal, mais c’est une chance d’expérimenter quelque chose de nouveau : il y a un homme, Jésus, qui frappe à la porte de l’Eglise, non pas pour y rentrer, mais pour en sortir !

La pointe de mon argumentation, continue Daniel, c’est lorsque Jésus expire sur la croix et que le rideau du Temple séparant le sacré du non-sacré se déchire de haut en bas (Mathieu 27-51). Un espace nouveau où l’homme peut naître à lui-même. Le sacré, c’est l’homme, ce n’est pas le lieu où se tient le culte.

Se référant à l’accompagnement de futurs mariés ou de jeunes parents vers le baptême de leur enfant, Daniel constate que le catéchisme traditionnel ne tient plus. Il faut changer de code.  On ne demande plus aux gens d’aller vers le divin, mais d’entendre cette part de divin qu’ils portent en eux.

Deux axes se dégagent alors :

  • Autorisons-nous à penser par nous même
  • Donnons-nous le droit d’interpréter le texte (ainsi à St Merry : les partages 6×6, les différents ateliers, les préparations des célébrations, etc…)

C’est maintenant le temps du débat.

Les premières questions portent sur un des thèmes majeurs du livre : Sacré, non-sacré, plus de frontière ?

  • Daniel donne toute sa valeur à cette notion de sacré, mais il la déplace. « Le sacré c’est l’avenir de l’homme. Jésus a fait de l’homme le sacré de Dieu. Comment signifier ensemble que le sacré c’est l’avenir de l’homme et pas la religion » (JJ Bouquier intervient alors pour donner la signification en hébreu : le sacré c’est ce qui sépare)

Autres questions sur l’accueil que pourra recevoir ce livre qui s’adresse directement au pape ?

  • A travers le pape, c’est bien sûr au lecteur que Daniel s’adresse, aussi bien aux catholiques qu’à ceux qui regardent l’Eglise de l’extérieur.

Et quelles réactions de la part de Radio Notre Dame, KTO, La Vie, Le Pèlerin ?

  • Oui, il y a une certaine censure, mais « La Croix », par exemple a eu une réaction bienveillante, laissant le débat ouvert. Il est aussi fait allusion à un article récent dans Témoignage Chrétien.

Inévitable question sur l’art et en particulier l’art contemporain qui s’affiche à St Merry.

  • Ne faudrait-il pas travailler à la construction d’une «théologie de l’art » ?

Une information : à Saint Bernard de Montparnasse, les Chrétiens travaillent sur un nouveau langage en matière de théologie et ont écrit dans ce sens à la Conférence des Evêques de France.

N’est-ce pas paradoxal de remettre en cause l’institution et de s’adresser au pape en tant que « curé » ?

  • Non, car il faut être dans le réel de la communication avec les journalistes. Cette lettre s’adresse aussi à ceux qui ne sont pas dans l’Eglise. Pour parler de l’ordination des hommes mariés, du sacerdoce commun, de la coresponsabilité, de l’inventivité des ministères ? (l’accueil par exemple ne serait-il pas un ministère ?)

N’est-il pas préférable de parler de communauté plutôt que de paroisse ?

  • Daniel s’interroge sur ce mot de communauté qui peut devenir communautarisme…

La dernière question, et non la moindre porte sur le pouvoir. Curieusement il n’en a pas été question ni dans l’exposé, ni dans le débat. C’est une question centrale. Ce n’est pas si simple de vraiment partager le pouvoir.

Odile Guillaud

Parmi les questions qu’ouvre le livre de Daniel DUIGOU, il en est une qui revient souvent : « Que veut dire : il n’y a pas le sacré d’un côté le non sacré de l’autre ? » Jean-Jacques Bouquier revient sur cette séparation dans un article disponible en cliquant ici.

 

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