L’expérience inattendue de la « contrainte »

Cela commence par un jeu. Un jeu littéraire initié dans les années 60 par Raymond Queneau qui s’impose des « contraintes » pour se libérer de la « tyrannie de l’inspiration », de la boucle concentrique des idées. Libérer l’écriture et ouvrir les portes de la créativité, c’est le but de l’Oulipo, Ouvroir de Littérature Potentielle, club littéraire toujours bien vivant aujourd’hui (cf. expo ludique à la Bibliothèque de l’Arsenal).

 

Choisir de vivre des contraintes dans l’esprit de jeu pour stimuler son esprit.
Et se choisir des règles de vie communautaires, politiques ou morales, s’engager dans un cadre associatif, politique ou religieux, qu’est-ce que cela ouvre ? Les contraintes permettent de dépasser ses propres limites, de sortir de son monde, celui que l’on connaît trop. Elles ouvrent des chemins nouveaux. Elles donnent de l’idée pour improviser autrement. « Au fond, je me donne des règles pour être totalement libre » constatait Georges Perec.

 

Subir des contraintes inattendues (incidents, obstacles), contre lesquelles on bute au fil de notre vie et qui semblent nous ligoter et nous empêcher, d’abord. Plus tard, après l’épreuve, on relit ces moments là et ceux d’après. On reconnaît, là aussi, l’extraordinaire ressource de la créativité humaine stimulée par la contrainte, qui permet à l’être humain de se déployer autrement, de faire l’expérience malgré lui de la liberté, de sa liberté… et d’entrer dans l’accomplissement de son œuvre personnelle.

 

Juste pour changer de regard, dérouter le fil parfois pré-tracé de nos pensées, sortir des sentiers battus, essayez-vous à ce petit exercice oulipien…

 

Axelle Verdier

dimanche 7 décembre 2014

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