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Libération

Je m’interroge sur une expression qui me choque : la « libération » de la parole raciste. Ou encore dans un journal chrétien : « la parole xénophobe se libère ». Un hebdomadaire l’analyse : « une parole décomplexée semble devenue la grammaire commune, pour accuser les uns, salir les autres…».

Certes, le racisme, normalement réprimé par la loi, n’a pas le droit de s’exprimer. Mais l’emploi des mots n’est pas anodin : prétendre que la parole raciste « se libère », n’est-ce pas laisser entendre indirectement que l’antiracisme fatigue ? Et pourtant !

Qu’en pensent tous ceux qui restent cantonnés, aujourd’hui comme hier, dans des quartiers à part, dans des écoles à part, ou voient leurs CV traités autrement par les employeurs, même en cas de diplômes équivalents ? La lutte antiraciste s’impose toujours : peut-être en commençant par libérer en nous les forces de la bienveillance ? D’abord en refusant tout discours simplificateur, tout jugement hâtif et en n’hésitant pas à entrer dans la complexité des situations et des gens.

La libération que j’aime, c’est celle qui nous délivre de l’emprise des idées toutes faites. C’est celle qui nous aide à construire ensemble le Royaume, en fonction de nos forces et de nos lumières du moment que nous avons à accepter telles qu’elles sont. L’Evangile de saint Jean dit admirablement en 8, 31-32 : « Si vous êtes habités par mes paroles, alors vous serez mes vrais disciples. Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

Alain Merlet

Billet du dimanche 18 juin 2017

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